Préface

📖 ATLAS ✍️ Splinter 📝 882 mots


Il y a un problème avec Emmanuel Elga.

Enfin plusieurs.

Mais à ce stade, si vous avez lu RIVIERA et DESPERADO, vous devez commencer à vous en douter.

Le principal problème, c’est qu’il apprend.

Et malheureusement, il apprend vite.

Dans RIVIERA, j’avais un gamin de seize ans qui découvrait que le monde était beaucoup plus vaste, beaucoup plus violent et surtout beaucoup plus con que ce qu’on lui avait vendu. Dans DESPERADO, j’ai pris le même, quelques années plus tard, et je l’ai foutu seul au Mexique.

Parce que je suis un auteur responsable.

Il en est sorti vivant.

C’était déjà une erreur.

Alors j’ai créé ATLAS.

ATLAS, sur le papier, c’est formidable. Une organisation internationale suffisamment puissante pour intervenir là où les États ne peuvent pas, ne veulent pas, ou préfèrent expliquer ensuite qu’ils n’étaient absolument pas au courant. Des militaires, des agents de renseignement, des négociateurs, des pilotes, des analystes, des gens extrêmement compétents qui traversent la planète pour empêcher que des situations merdiques deviennent des catastrophes internationales.

En gros, ils sauvent le monde.

C’est toujours rassurant, les organisations qui commencent par vous expliquer qu’elles sauvent le monde.

Emmanuel y entre à vingt-quatre ans.

Et pour la première fois, son problème n’est plus vraiment de savoir s’il est capable de faire quelque chose.

Il l’est.

Son problème, c’est les autres.

Jusque-là, Manu pouvait improviser, prendre une décision complètement débile, sauter par une fenêtre, voler une voiture, changer son plan trois fois et se dire que si ça tournait mal, après tout, c’était principalement son cul qui allait payer la facture.

Chez ATLAS, ça ne marche plus comme ça.

Il y a quelqu’un derrière lui.

Puis deux.

Puis cinq.

Et un jour, ces gens attendent qu’il leur dise quoi faire.

C’est probablement là que commence réellement l’Emmanuel Elga que vous connaissez.

Pas avec une arme.

Pas avec un costume de négociateur.

Pas avec un hélicoptère, une opération clandestine ou une jolie voiture noire, même si, soyons sérieux, je vais évidemment lui donner tout ça.

Il commence le jour où il comprend qu’un ordre n’est pas une phrase.

C’est éventuellement la vie de quelqu’un.

Et ça change tout.

ATLAS va lui apprendre le travail d’équipe, le commandement, la préparation, le renseignement, la négociation, l’infiltration, la patience, la transmission. Le colonel Jonathan Rodman va notamment lui apprendre une chose assez terrible : lorsqu’on dirige des hommes, on peut être mort de trouille, complètement paumé et avoir très envie d’appeler sa mère.

Mais il vaut mieux éviter de le mettre dans le briefing.

Parce que la peur circule très bien.

La certitude aussi.

Alors Manu va apprendre à vendre de la certitude alors qu’il doute.

Il va devenir très bon à ça.

Peut-être trop.

Mais ATLAS raconte également autre chose.

Depuis qu’il est gamin, Emmanuel possède une sale habitude.

Quand on lui donne deux solutions, il en cherche une troisième.

Pas parce qu’il est philosophe.

Parce qu’il est chiant.

On lui dit : A ou B.

Il demande pourquoi il faudrait choisir entre A et B.

Pendant longtemps, cette manière de penser va lui sauver la peau et parfois celle des autres.

Puis un jour, elle ne le fera pas.

Emmanuel aura quelques secondes.

Cette fois, il ne trouvera pas de troisième solution.

Il choisira.

Et il vivra suffisamment longtemps pour devoir vivre avec son choix.

C’est probablement la chose la plus importante de ce roman.

Parce qu’ATLAS n’est pas l’histoire de la transformation d’Emmanuel en machine de guerre.

Ce serait beaucoup plus simple.

C’est l’histoire d’un homme auquel on donne progressivement les moyens d’agir sur le monde, puis qui découvre le poids exact de cette possibilité.

Entre les deux, évidemment, il va voyager.

Beaucoup.

Il va négocier avec des gens raisonnables, négocier avec des gens beaucoup moins raisonnables, se faire tirer dessus par des gens qui manifestement n’avaient aucune envie de négocier, commander des équipes, tomber amoureux, devenir père et commencer à comprendre que rentrer vivant est désormais une obligation légèrement plus sérieuse qu’avant.

Il rencontrera aussi certaines personnes sans savoir encore l’importance qu’elles auront.

À Philadelphie, par exemple, il croisera une petite fille de six ans chez Foster Industries et lui offrira une Lamborghini télécommandée.

Parce qu’à ce moment-là, Nicky Foster n’est personne pour lui.

Juste une gamine.

Treize ans plus tard, il reviendra.

Il y aura aussi Alexander Walker.

Diana.

Budapest.

New York.

La Lituanie.

Klaudija.

Mélissa.

Soren.

Et derrière tout ça, quelque chose qu’Emmanuel ne voit pas encore.

Parce qu’il existe un autre problème avec Manu.

Il déteste qu’on lui cache quelque chose.

ATLAS prétend sauver le monde.

Très bien.

Mais progressivement, Emmanuel va découvrir qu’ATLAS n’est peut-être pas exactement au sommet de la chaîne alimentaire.

Quelqu’un semble savoir certaines choses avant eux.

Certaines portes restent fermées.

Certains dossiers disparaissent.

Certaines personnes ne doivent surtout pas être touchées.

Et, plus emmerdant encore, Emmanuel finira par comprendre que pendant qu’il observe certaines personnes…

quelqu’un l’observe, lui.

Depuis longtemps.

Il ne connaît pas encore son nom.

Vous, peut-être que oui.

Lui, non.

Et franchement, ça va le faire royalement chier, comme d'habitude.

ATLAS est donc le troisième épisode de la vie d’Emmanuel Elga.

Pas encore les artefacts.

Pas encore Mu.

Pas encore la Résonance.

Pas encore toutes les réponses.

Juste des hommes, des femmes, des frontières, des guerres, des intérêts, des mensonges et un jeune type qui essaye encore de comprendre où se trouve sa place là-dedans.

Dans RIVIERA, Emmanuel a appris que le monde n’était pas celui qu’on lui avait raconté.

Dans DESPERADO, il a appris qu’il pouvait survivre seul.

Dans ATLAS, il va apprendre quelque chose de beaucoup plus dangereux :

les autres peuvent décider de le suivre.

Et ça, finalement, lui fera beaucoup plus peur que toutes les balles qu’on pourra lui tirer dessus.

Il a déjà énormément de mal à se gérer lui-même, personne n'est dupe.

Bienvenue chez ATLAS.

Ils sauvent le monde.

Enfin…

C’est ce qu’on lui a dit.

💬 Commentaires 4

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Lana • 6 jours, 6 heures
Très bonne présentation de Manu. On ne savait pas trop où le situer depuis le début. On imaginait le responsable d'une mission d'espionnage, mercenaire, ou encore tueur et défendeur de la veuve et de l'orphelin, mais là on est fixés.
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Splinter Auteur • 6 jours modifié
Ouais je me suis dit comme ils lui ont appris les gitans a Nice , on prends tout. Donc j'ai hybridé ghost recon, bond, mission impossible, j'ai gardé Lorenzo lamas et MacGyver 🤣 quand même et là encore mon fils qui me dit depuis desperado, papa moi le Colonel tu peus pas faire n'importe quoi t'es obligé de faire un clin d'oeil avec lequel tu joues souvent pour délirer, donc j'ai fait le Colonel Rodman ( voir Rambo 🤣). Petit cocktail Elga quoi.
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Lana • 5 jours, 23 heures
Je n'ai pas toutes tes réfs mais je te fais confiance et surtout ton fils qui a l'air de s'y connaitre.
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Splinter Auteur • 5 jours, 23 heures
Depuis que j'ai mis sa tête dedans il est fan donc il m'aide et il a surtout bien capté le délire 52 sins dans la boîte à conneries de son père 🤣
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