Préface

📖 DESPERADO ✍️ Splinter 📝 414 mots


Il y a un problème avec Emmanuel Elga.

Enfin, plusieurs.

Mais celui qui nous intéresse ici, c’est qu’à force de le croiser dans 52 SINS, on finit légitimement par se demander pourquoi ce type sait toujours faire quelque chose.

Conduire ? Oui.

Se battre ? Évidemment.

Réparer un truc qui aurait normalement besoin de trois mécaniciens et d’un manuel de quatre cents pages ? Probablement.

Piloter ? Tant qu’on y est.

Improviser un plan parfaitement discutable avec ce qu’il trouve autour de lui ? Ça, malheureusement, c’est presque une spécialité.

À un moment, il fallait bien que je m’explique.

RIVIERA racontait le gamin.

Nice, 1995. Seize ans. Une bande de potes, des premières emmerdes beaucoup trop grandes pour eux et cette mauvaise habitude qu’avait déjà Manu de regarder un problème en se demandant non pas s’il devait s’en mêler, mais comment il allait s’en mêler.

DESPERADO commence quelques années plus tard.

Et cette fois, le terrain de jeu a légèrement changé.

Le Mexique.

Des milliers de kilomètres de chez lui, des gens qu’il ne connaît pas, des règles qu’il ne comprend pas encore, des routes qui semblent ne jamais finir et quelques individus qu’une personne raisonnable éviterait soigneusement de contrarier.

Emmanuel, lui, n’a jamais été particulièrement doué pour cette dernière partie.

Ce roman est son premier véritable rite de passage.

Pas celui où un héros découvre soudainement qu’il est exceptionnel parce que le scénario avait besoin de gagner du temps.

Celui où un jeune homme apprend.

Il observe.

Il se trompe.

Il prend des coups.

Il rencontre des gens qui savent infiniment plus de choses que lui.

Il apprend d’eux.

Et parfois, il apprend simplement parce que l’alternative consiste à ne pas survivre assez longtemps pour recommencer.

C’est important.

Parce que le Manu que vous connaissez peut-être déjà, celui de CAPARICA, TOKYO SINS, THE LAST WOLVES ou d’autres morceaux de 52 SINS, ne s’est pas réveillé un mardi matin avec quarante-sept compétences débloquées et l’intégralité de l’arbre de talents.

Ça aurait été vachement plus pratique à écrire.

Mais beaucoup moins intéressant.

DESPERADO raconte donc une partie de la fabrication d’Emmanuel Elga.

La poussière.

La mécanique.

Les armes.

Les machines.

Les routes.

Les rencontres.

L’improvisation.

La peur aussi.

Et surtout cette capacité qui deviendra probablement la plus importante de toutes : s’adapter.

Si RIVIERA racontait comment Emmanuel commençait à regarder le monde autrement, DESPERADO raconte ce qui arrive lorsque le monde commence à lui répondre.

Pas toujours poliment.

Vous pouvez parfaitement commencer ici sans avoir lu RIVIERA.

Vous comprendrez.

Enfin…

Normalement.

Et si, au bout de quelques chapitres, vous vous demandez encore :

« Mais pourquoi ce con ne fait jamais demi-tour ? »

Là, en revanche, je ne peux plus rien pour vous.

Moi aussi, j’écris avec ce problème depuis un moment.

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