Il était une fois la Lune

📖 La Lune est toujours derrière les étoiles ✍️ Lxcie_ecriture 📝 2925 mots

Lune

Après mes trois heures de cours de la matinée, je me glisse, avec la plus grande discrétion vers le casier de Raphaël. Je jette un coup d’œil à gauche et à droite ; lorsque je suis certaine que personne ne me voit, je glisse un minuscule bout de papier, sur lequel j’ai inscrit :

Rendez vous salle de théâtre, cette aprèm. Interdiction de refuser. J’ai quelque chose à te montrer

Signer: L.


Une fois le papier dans son casier mon cœur s’emballe. J’espère tellement que ma surprise va lui plaire. Depuis hier soir, je suis exciter comme une petite puce. J’avais tellement envie de revoir Raphaël, de le serrer dans mes bras et de l’embraser. La soirée d’hier était magique et j’ai espoir que tout les autres jours de ma vie soit aussi magique à ses côté. Peut-être que je m’emporter, et c’était vraiment très probable, mais pour une fois j’en avais envie. Pour une fois je m’en donne l’autorisation, de rêver plus grand que moi.
Alors que je me dirige vers ma classe, j’entend, sur mon passage, deux filles que je ne connais pas discuter :

-Je comprend pas pourquoi cette petite grosse est pas encore morte. Fin si je vivais sa vie, ça ferai longtemps que je me serait tirer une balle sérieux.

- J’avoue, mais quand tu vois avec qui elle traine…Fin je veux dire c’est des gentils garçons, mais inaccessible aussi.

-Ben elle doit leur faire de bon trucs cochon pour qu’ils trainent ensemble justement.

-Moi je penses que c’est qu’une question de temp, avant qu’ils se lassent et la laisse seule. Surtout Raphaël, il a autre chose à faire que de rester avec elle. Il a plus d’ambitions.

Mon cœur se serre un peu. Une partie de moi se demande, bien, pourquoi est-ce que Raphaël m'a embrassé. Est-ce qu'il aimait chez moi.  Si tout ça était vraiment réel et sincère.
Cependant une part plus grande était euphorique et en a que faire de ce détail. Quelqu'un m'aime enfin sur cette planète. Quelqu'un m'accroche enfin à cette vie. Mais est ce bon d'aimer quelqu'un parce qu'il nous aime en retour ? Surtout lorsque nous même, nous sommes incapable de nous aimer ? Il y a d'autre raison qui me font aimer Raphaël, comme sa tendresse, ses paroles, la façon dont ses yeux brillent. Toute ses réaction agréable qu'il fait naître en moi et dans mon cœur. Je continue ma route vers ma salle de classe, les pensées perdu dans l'univers de mon esprit. Quand soudain, mon corp heurte quelque chose, ou plutôt quelqu'un, suivit du bruit de mes cahiers s'écrasants sur le sol. Je lève la tête et tombe nez à nez avec Gabin. Celui-ci me sourit d’un sourire un peu force, pas comme à son habitude. Il se penche avec moi pour m’aider à récupérer mes affaires, alors que je répéte:

-Je suis désolée, j'ai pas regarder où j'allais. Et puis j'étais un peu presser…vraiment je suis trop désolé, pardon...

Je m'interromps soudain, mon regard dérive sur le téléphone de Gabin, tombé au sol. Il sonne et un prénom s'affiche en grosses lettres sur l'écran : Romy. Je croise le regard du blond en face de moi. Il a le même visage que Raphaël, à quelques détails près, comme ses cernes, sur lequel dorment ses yeux. Ce qui je pense devait être les nuits trop coutres qu'il passe à faire la fête et les tonne de cigarette qu'il fume. Son visage est pale et ses trait tiré, on dirait presqu’il est triste, ce qui n’est pas un comportement habituel de Gabin. Au moment où mes yeux croise les siens, sa mâchoire se serre et il récupère son téléphone à la vas-vite. Je fais comme si je n'ai rien vu et récupère le reste de mes affaires. Cela est beaucoup trop déconcertant et je ne suis pas bien placé pour poser des questions, étant donné que je le connais très mal. Je tais alors au fond de moi mes interrogations et le remercie:

-Merci de m'avoir aidé et encore désoler. Dis-je les yeux dans les siens essayant de sonder son âme.

-T'inquiète ça arrive, il affiche un de ses grand sourire trop sympa et toute trace de tristesse a quitté son visage. C'est pas grave. 

Je suis entrain partir, mais la voix de Gabin m’arrête :

-Lune au faite, je fais une soirée sur la plage le week-end prochain, tu sais pour les vacances, c’est aussi pour fêter mon anniversaire. Raphaël aime pas trop ce genre de soirée, mais si tu viens il fêtera peut-être pour une fois son anniversaire convenablement. Dit-il en riant. Donc vient avec lui.

J'hoche la tête doucement, essayant de retenir les questions dans ma tête. Après la dernière fête que j’ai assiste en sa compagnie, je n’ai pas vraiment envie d’en refaire l’expérience. Mais si Raphaël vient tu sera en sécurité, je pense.
Gabin rajoute:

-Je tiens à préciser qu'il y aura beaucoup de monde du lycée, je sais que ça t’intimide, mais avec Raphaël tu risque rien. 

Sur ces mots il s'éloigne sans rien dire ou ajouter de plus, me laissant seule avec toute un tas de questions sans réponses.

                                                                   ☼☼☼☼☼☼☼

Pendant tout le cour suivant, mes pensées divaguent de Raphaël, au nom de Romy sur le téléphone de Gabin. Cette Romy était-elle l'ex de Raphaël ? Et si c’est elle pourquoi, diable, Gabin parle avec elle ? Et qu'est-ce que cela implique ? On ne reste pas ami avec l'ex, toxique, qui à pousser notre frère au suicide, non ? Sauf si on est proche de cette ex en question.
 Je fais du mieux que je peux pour chasser mes questionnements de ma tête, avant de me rendre dans le réfectoire. Après tout il y a des dizaines de Romy dans le lycée, non ? Bien sûr que si. Et cette Romy, là, est une de ces nombreuses Romy, pas toxique, ni psychopathe, et n'a aucun rapport, de près ou de loin avec l'ex de Raphaël. Je me persuade de mes paroles, pour oublier les films sordides qui commence à se créer dans mon cerveau, tout en prenant un plateau pour manger…
 Aïe, encore. Mon regard cherche la personne que je me suis encore pris en pleine face, et trouve une mâchoire serrer et des yeux bleus aussi glaciale que l'océan Arctique, qui me regarde. Il ne me fusil pas du regard comme j’aurais penser. Ils ont l’air triste, désolé, perdu. Le comportement inhabituel de Lorient, me frappe en pleine face, et je reste perplexe. Il articule, ce qui semble vouloir dire : « Je suis désolé ». Je ne comprend pas ce qu’il se passe, car quelques secondes après, il se met à m’insulter:

-Ho, petite pute, tu peux faire attention non ?!

Mes yeux se baissent immédiatement sur mes converse all star, que j'avais chaussé ce matin.

-Dé-désolé, Lorient, je t'avais pas vu. Dis-je en bégayant.

-Hé, la grosse, tu veux pas me faire une pipe au lieu de t’excuser? demande une voix enjoué.

Ce n'est pas Lorient qui a parlé cette fois, mais son plus fidèle camarde, Lucas. Lui n’a pas l’air particulièrement changé. Ses yeux lubrique lorsqu’il m’observe son toujours les mêmes. C’est lui qui a essayer de me toucher ce soir là, je me rappel vaguement de sa tignasse rouge, lorsque mes yeux se referment le soir. J’ai envie de vomir, mais je laisse mes yeux toujours fixés sur mes chaussures, la respiration figé. C’est alors qu'une troisième personne se joint à la bande, sa voix est lasse, fatiguée. Claire n’a pas l’air dans son assiette, et parait sans conviction lorsqu’elle crache:

-Attention Lucas, elle risquerait de te filer l’herpès ! Tu ne devrai pas t’approcher d’elle. 

Ses yeux fatiguée croise les miens. Ils sont triste, comme ceux de Lorient. C’est deux là cache quelques choses. Ils sont différents.
Je lève la tête au lieu de la laisser baisse comme à mon habitude. Je ne dit cependant, rien et m’apprête à faire demi-tour, l'humiliation m'entourant de ses grand bras vicieux. Lorsqu’une envie de rebellions pointe en moi. Je n’avais pas envie de me laisser faire de cette injustice. De plus le comportement étrange de Lorient et Claire, présente une très belle brèche.
 Je sens la colère m'envahir, je la laisse surgir. Les mois de frustration et d’humiliation refont surface, prêt à me faire exploser dans une colère noir.
 Je fixe Claire dans les yeux, puis Lorient, et enfin Lucas. Je le fait parce que je peux le faire. Parce que ce n'est qu'un simple geste. Parce que ça n'a jamais fait de mal à personne de le faire. Parce que ça demande juste un peu de courage et que ce courage je l’ai au fond de moi. Depuis le début il est là, c’est ça qui m’a permis de survivre. Derrière eux je vois Raphaël prêt à intervenir, il reste la debout attendant mon prochaine acte. Le voir là prêt à me soutenir, me donner assez de courage pour répondre la gorge légèrement serrer :

-Je viens de te dire que j'étais désoler Lorient, pas besoin de m’insulter ! Et Lucas je ne suis pas désespérée au point de te faire une pipe, loin de là. Et même si je l'étais je ne le ferais pas, on a assez vu d'horreur pendant la guerre, je pense. Et Claire t’es culoté de me dire que c’est moi qui est de l’herpès, vu le petit spectacle de fin d’année que tu nous a offert l’an dernier.

Avant de faire demi-tour je leur affiche mes doigts d’honneur, sous le nez, puis je part en direction la salle de théâtre. Je suis nulle pour répliquer et remettre les gens à leur place ; et j'ai vu assez de visage hilare à propos de moi pour la journée. Je n’ai pas besoin de voir la honte que je me suis fait avec mon petit speech, j'en suis très consciente. C’est très loin du "I have a dream" de Martin Luther King. Mais c'est tout de même une petite victoire pour moi. J'ai enfin pu leur tenir tête. J’ai enfin pu les regarder dans les yeux. Et j'en suis fière. Fière de ce que j'ai fait, ça me donne l'impression de gravir les montagnes. J’ai gagné cette bataille contre moi-même et c'est le plus important. La salle de théâtre s'ouvre à la volée mettant fin à mes pensées victorieuse.

-Hey, Lune tout vas bien ? demande Raphaël en s'approchant de moi.

J'hoche la tête alors qu'il prend ma tête dans ses mains, pour déposer un baiser sur mes lèvres. 

-Tu leurs a tenu tête. Tu les as regarder dans les yeux et t'as pas ciller !

Il a un énorme sourire sur les lèvres. Un sourire fier. Une lueur brille dans ses yeux et je jure que la même lueur brille dans les miens. Raphaël s'approche encore plus près et me soulève dans les aires, pour me faire tournoyer. Je retiens un petit cris de surprise, lorsque mes pieds ne touchent plus le sol. On dirait que je ne pèse rien, que je suis aussi légère qu'une plume, dans ses bras. Mes lèvres se posent sur celle de Raphaël dans un doux baiser. Et c'est comme si je pouvais respirer de nouveau. J'ai attendu ça tout la journée. C'est comme s’il était une prolongation de moi, de mon cœur, de ma tête, de mon corp. Et ça me fais tellement de bien de pouvoir l'embrasser. Le blond me pose sur le sol à contre cœur, et s'éloigne de moi. Il prend une des chaises qui encombre la scène, ses yeux ne quitte pas les miens :

-Alors ma Lune, qu'est-ce que tu avais à me montrer de si important ? J'ai lus ton mot et tu as tout de suite titiller mon attention.

Je ris doucement, et prend place sur la chaise juste en face de lui. Je prend tout mon temps, pliant mes jambes, d'une manière que j'espérais élégante, pour faire durer le suspense. Je prend mon petit carnet à histoire et regarde Raphaël dans les yeux :

-J'ai eu l'idée hier soir, c'est une petit histoire comme ça. Mais je voulais te la raconter. Tu sais que mon rêve c’est de devenir autrice et je veux que tu sois mon premier lecteur.

Raphaël hoche la tête l'air sérieux et attentif. Il sait que c'est important pour moi qu'il m'écoute. Quittant ses iris bruns, j’éclairci ma voix et commence.

"Il était un fois...la Lune. Elle était seule, triste et perdu. Dans son ciel, il n'y avait aucune étoile, aucune lumière. Rien que le noir et le vide total. La Lune s'habituait à cette solitude. Mais un jour une lueur s'est allumée dans son ciel, puis une deuxième, puis une deuxième, une troisième et puis un milliards de lueurs sont apparues, ne formant plus qu'un amât de feu ardent. Cette énorme boule de feu, réchauffa le cœur triste, mort et froid de la Lune. 

-Je suis le Soleil, dit-il. Et je ne te quitterai plus Lune solitaire.

La Lune et le Soleil était tellement heureux ensemble, que lorsque d'autre planète arrivèrent et les séparèrent leur cœur se brisèrent. Le cœur de la Lune redevint triste et froid, si froid que même autour d'elle l'atmosphère se glaça. Le soleil quant à lui, il pleurait, il pleurait toute les larmes de son corp. Il pleura tellement que ses larmes atteignirent la Lune. L'air glacial qui entourait la Lune, fit durcir la lave des larmes du soleil. Créant une multitudes de petits soleil. La Lune les nommas les étoiles. Les seules qui réussissaient à réchauffait son corp comme le Soleil le faisait. La Lune reteint qu'une chose : même dans le plus noir des ciels, des étoiles brilleront toujours, il faut savoir les attendre."

C'est terminer. J'attend une réaction de Raphaël, mais il ne dit rien, il ne bouge pas. Il ressemble à une statue, totalement immobile. C'est quand je remballe mes affaires, désespéré, que Raphaël ouvre la bouche :

-J’adore ! C’est super bien ce que t’écrit. Avec ce genre d’histoire c’est sur que tu vivre ton rêve d’autrice.

Je suis tellement touchée par c'est paroles que mes fesses atterrirent pas terre, littéralement. Le blond me rejoint sur le sol et nous rions de tout notre cœur. Il m'attire sur ses cuisses, et je me retrouve assise sur lui, mes yeux dans les siens. Je dépose un chaste baiser sur ses lèvres et il plaque sa main dans mon dos, faisant naître en moi une multitudes de frissons.

-Gabin m'a parlé d'une fête pour le départ en vacances et votre anniversaire, tu veux bien m’accompagner ? Depuis la dernière soirée, je sais pas vraiment si c’est une bonne idée, mais avec toi il m’arrivera rien, n’est ce pas? dis-je à mi-voix.

Je sais que les fêtes c'est pas vraiment son truc, peu importe si c'est son frère qui l'organise ou pas. Il place le dos de sa main sur ma joue, l'effleurant doucement. Ce geste m'apaise immédiatement et il répond, d'une voix distraite :

-Bien sûre que je t'accompagne si c'est ce que tu veux. Je peux même t'emmener choisir une tenue. Et je te protègerai quoi qu’il arrive. Je ne veux plus qu’il t’arrive quoi ce soir.

Je le regarde l'air complètement émerveiller, les yeux remplis de petites étoiles et de petits cœurs : 

-Merci, dis-je en le serrant dans mes bras, merci mille fois Raphaël.

-Attention, par contre je viens te chercher par ta porte et je veux que tes parents le sachent. Plus d'excursion clandestine.

-Sauf si c'est pour venir regarder les étoiles avec toi.

Il roule des yeux, retenant un rire.

-Sauf si c'est pour regarder les étoiles avec moi.

Il m'embrasse avec tendresse, et moi je veux plus jamais quitter ses yeux doux.

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