Ce que j’aurais voulu t’écrire *
Août 1997. Loreleï, 20 ans.
Vivian,
Je ne sais pas où va me mener cette lettre. Avant tout, je suis désolée. Je ne m’excuse pas, je suis juste désolée. Pour toi, pour moi, pour nous, pour tout ce qu’on a vécu, pour nos rêves.
Tu as tellement douté que ça nous a tués. Alors je voudrais insister sur une chose. Je t’ai aimé. Follement, absolument. Tu étais ma nécessité.
Je n’ai pas les mots pour te dire mon amour, je ne fais que pleurer. Mais même si je souffre, je sais que j’ai pris la bonne décision. J’ai décidé de partir. J’ai hésité avec la Bretagne et l’Allemagne, ce sera Paris. Je pense que cette distance est vitale pour nous. On a été trop de choses l’un pour l’autre. Je ne fais pas ça pour te punir. Mais oui, je fuis, j’ai trop mal. Tout ce qui nous rappelle nous me fait crever.
Je sais que tu souffres. À cause de moi. Et j’en suis si désolée, si tu savais.
Je t’écris aussi pour te dire que j’ai laissé un carton d’affaires à toi chez ma mère. Tu peux passer le prendre quand tu veux, je suis déjà partie. J’ai mis la bague dedans. Si tu préfères me la laisser, je comprendrais et je la garderai en souvenir de nous, précieusement. Parce que tu as compté, n’en doute jamais.
Je ne sais pas pourquoi je t’écris ça. Je voudrais te consoler et en même temps j’ai peur que ça te donne de faux espoirs. Mais j’ai peur pour toi. La violence que j’ai vue de toi me fait peur.
Tu peux garder mon médaillon.
Je ne sais pas si j’enverrai cette lettre.
Prends soin de toi.
Ich weiß nicht, was soll es bedeuten, daß ich so traurig bin...
Loreleï
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