les Claïdores
Ceci dit les dernières lignées des Hautefage quittèrent leurs terres pour d’autres, plus douces et plus tempérées. Ainsi Elaine de Hautefage seule héritière du trône d’Astéria engagea des mercenaires pour en venir à la vengeance des siens. Ainsi débute la chronique de Lodoss avec la perte de personnages étant très cher pour la princesse Elaine, Victoria sa sœur et Dona la cadette.
Je lève mon verre vers le Dieu Nécrika
Épouse de Dravean afin que vendetta se fasse.
Et mangeons ensemble les entremets les plus dignes
Pour que toujours Les Dieux s’en voient réjouis
Enfin et toujours posons ce psaume pour nos pairs
Puissent-ils trouver le grand repos dans l’Eranïa.
Le monde des morts, grand royaume de l’au-delà.
Extrait du Grand Livre des Abymes, page 89, de Sélihan & Mary-Kate Cinétique.
Face à Elaine de Hautefage se tenait une femme longiligne, dotée d’une beauté sans pareille. Dans son regard d’argent se reflétait la bourse d’or entrouverte qui allait faire d’elle une personne riche, mais loin d’elle la bourgeoisie, loin d’elle les soirées mondaines en réalités Prescilla préférait de loin l’odeur du sang et les coups d’épée qui s’entrechoquèrent violemment au gré de ses multiples transformations. Prescillia était la guerrière parfaite pour en venir à la Marzäe car son nom elle le connaissait, car sa force elle la connaissait, car encore elle aussi voulait crier vengeance pour que la duchesse de Elaine de Hautefage et ses sœurs puisse trouver repos et ainsi faire leur deuil et trouver le repos de leur âme.
— Alors, il s’en va dire qu’une terrible sorcière s’en est prise à votre fils et votre père, mais qu’en est-il de leur querelle ? Peut-être se serait-il affronté sur ses terres sans y prendre garde, questionna Priscilla ledit numéro sept.
La duchesse Elaine ouvrit les yeux en grand et se fâcha quant à la question de la mercenaire.
— Voulez-vous insinuer que par mégarde mes hommes se soient égarés dans la vallée de cette sorcière nécromancienne, cette maudite Marzäe !
Face au comportement vif de la duchesse, Prescillia n’eut rien dit, rien fait et se contenta d’en lire l’âme qui semblait à première vue en détresse, tandis que son esprit semblait torturé à l’idée que personne ne puisse accéder à sa requête.
— La vengeance dit-elle, la vengeance ne serait-ce-t-elle pas celle qui vous anime vous autres dames guerrières, ou peut-être bien que justice soit faite parmi les injustices que pullulent ce bas monde, ces dites terres obscures de Lodoss.
Toujours dans le domaine des Hautefage, Priscilla prit l’or et parti avec comme promesse d’élucider la disparition des mâles de Hautefage.
Quant à Elaine, Victoria et sa cadette Dona se regroupèrent pour dîner en toute tranquillité même si l’appétit les avait quittés depuis quelques semaines déjà.
— Faut leur faire confiance, les Claïdores sont craintes dans tous les royaumes de Lodoss si ce n’est plus encore, mangeons à notre faim, je vous prie mes sœurs au grand risque de mourir de faim.
— Victoria, demanda Dona mange la première, car de toute c’est toi qui en souffres le plus et prends ce morceau de poule, et régale-toi, quant à moi, je ferais de même et ainsi soit-il !
Après avoir mangée, les de Hautefage s’étaient endormis non sans mal, rêvant à un monde où leurs hommes leur seraient revenu par la grâce de la toute éminence les dieux Nécrika et Dravean, fièrement adulés par foule de monde et peut-être plus encore dans les plateaux de Lodoss.
Ce n’est qu’une fois que Priscilla sortit du domaine de Hautefage, qu’elle monta à cheval et se dirigea vers les terres de la Marzäe, histoire de voir ce qu’elle pourrait en tirer.
— Quoi que j’en doute fort qu’elle puisse me dire plus, m’enfin, et ne pensons pas à demain et plongeons ensemble fidèle monture Crim’s pour voir ce qu’il pourrait résulter.
Puis une fois au trot, ses longs cheveux blonds se balancèrent de gauche à droite, synchronisé avec la vitesse de Crim’s. L’astre lumineux s’était fort bien dissimulé entre deux gros nuages anthracite d’où parfois un rayon lumineux venait et en transpercer l’épaisseur, laissant à Prescilla une belle ligne d’horizon, mais point sans répit pour autant, cette quête allait débuter avec un rayon de lumière venant comme par un enchantement nimber de sa douce lueur et chaleur, Prescilla la n°7 des guerrières Claïdores.
Fut-ce ici même que l’on enterre nos morts ?
Ou fut-ce à cet endroit que l’on sème les morts ?
Ou bien fut-ce en ces lieux que l'on dévore nos morts ?
Ces pensées fugaces avaient traversé l’esprit de Prescilla alors qu’elle cavalait sur un sentier près de l’orée d’un bois a priori enchanté, et c’est en poursuivant sa route qu’elle vit de nombreuses armes étalées à même le sol, solidement plantés dans la terre comme si la symbolique voulait que les guerriers en soient triomphants. Mais pas de triomphe pour l’adversité dans les terres de la Marzäe. Non aucun homme normalement constitué ne pouvait vaincre une telle créature et encore moins des guerriers de la trempe des de Hautefage qui s’étaient pourtant livré un combat sans merci.
Pour autant Geoffroi et Réginald s’étaient fait amadouer par cette sorcière que je connaissais que trop bien, car étant autrefois l’une de nos Claïdores, mais qui s’était fait avoir par ses propres pouvoirs, la conduisant ainsi à tirer répartie de ses profondeurs abyssales, autrement dit, ses forces obscures l’avaient anéantie, enfin, et c’est ce que je croyais aux premiers abords, quand d’un coup, je me trouvai face à une créature dont le cri semblait mêlé entre un loup et un lion m’avait paré le chemin suivit d’une langue de vipère qui s’était insinué dans les hautes herbes ternies par un soleil de plomb en cette période estivale.
— Qui oserait s’aventurer dans les terres de notre maîtresse sans y être autorisé, prononça une créature dont le corps articulé ressemblait à une gigantesque scolopendre, mais dont la tête ressemblait à un cobra aux multiples rangées de dents toutes remplies d’une épaisse mousse en guise de bave.
— Je réitère la question ô brave aventurière qui ne semble perdue que pour ceux qui le croient. Point de mensonge avec nous autres créatures de Lodoss, mais si vous cherchiez notre maîtresse, ne vous affolez pas, elle viendra pour vous prendre votre tête, ajouta la chimère en grinçant des dents.
Devant de tels propos, je me disais qu’il faudrait peut-être éviter un conflit entre deux créatures guerrières de surcroît pour enfin en venir à mon investigation. Mais comment se défendre sans défourailler mon arme, ce que j’eusse fait aussitôt la discussion terminée en ajoutant ceci :
— Créature de Lodoss, je viens pour définir si Godefroid et le comte Réginald sont encore vivants ou si anciennement ma sœur et donc, Marzaë les auraient dévorés pour encas, ou pour éveiller la bienséance de ses convives.
Les deux créatures outrées par ma mise en garde échangèrent silencieusement entre elles et dès que je descendis de ma monture, elles avaient reculé comme si la peur les avait subitement gagnées. Mais rien à faire la peur, leur instinct premier et donc leur réflexe de guerriers semblaient optimal pour un tel conflit, car ceux-ci ne voulaient en démordre que par les lames et leur croc aiguisé comme la pointe des flèches du peuple Landorse maître dans le maniement des projectiles.
Tandis que je ne tenais fièrement ma lame prête à en découdre avec deux créatures, j’eusse entendu au loin un chant rocailleux s’installer dans la vallée ainsi que dans les bois, que cela voulait-il dire, en ce moment même, je l’ignorais, mais j’étais bel et bien loin de savoir que pour moi demain serait plus difficile à vivre qu’en en cet instant où j’avais brandi mon arme fière d’en débattre avec deux démons assez forts pour me donner du fil à retordre.
Ainsi en étaient mes lames et mon chant guerrier
Insidieusement, elles frappaient et les transperçaient
Ainsi mon apparence changeait pour en devenir
L’une et sans l’autre nous étions faites comme deux moitiés.
Ainsi en était la mort de ces créatures et face à moi un guerrier
Insidieusement, il s’était introduit dans le conflit sans égalité
Ainsi j’étais revenue et je lui avais parlé sans me retenir
L’un en était des survivants, l’autre s’annonça comme sa moitié.
Extrait du Camélia Rose livre de Poésie adipeuse, page 70, de Sélihan & Vanaliana Cinétique.
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