Jamais seule
Son visage éteint
m’annonce le départ
des vacanciers.
Ma fille ne dit rien.
Je connais pourtant
l’histoire de son cœur,
achevée sans préavis.
Il rejoint sa femme,
ses enfants, son chien,
après un voyage
pour un travail lointain.
Sa femme le reçoit,
réjouie et aimante,
après le départ
de son amant,
la nuit d’avant.
Elle s’assoit près de moi,
prend ma main.
— Fin des vacances, mère.
Le calme revient.
Tu profiteras davantage de ta journée.
— Le calme m’habite,
égrène mes heures.
Je ne verrai plus les enfants
se chamailler pour un ballon,
ni les amoureux,
jeunes et heureux.
Depuis ma fenêtre,
je cours avec eux,
veille sur leurs enfants,
devine les regards,
les joies, les chagrins.
Dans mon esprit,
ces vies prennent forme.
Alors j’écris leurs histoires,
pour tromper
les mois prochains.
Il me reste la mer,
me saluant de loin,
bénissant
mon esprit fécond.
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