Chapitre II L’univers Selven
Une petite radio grise, rouillée de part et d’autre, aux allures anciennes, grésillait. Zaren cherchait une station parmi les milliers de fréquences disponibles. Puis il tomba sur l’une où ça disait à peu près ceci :
Des disparitions étranges ont été signalées dans la ville de Bordeaux, on dit même que ce serait l’affaire la plus obscure du siècle…
Mais l’annonce fut coupée par Mille, la femme de Zaren. C’était un humanoïde de deux mètres quarante-sept. Vêtu de bottes noires et d’un jean de même couleur, il était torse nu, en sueur, laissait apparaître des muscles saillants et bien formés. Il portait fièrement une cape vert empire qui pendait jusqu’au sol. Zaren était militaire de profession ainsi que sa femme. Elle était un peu plus petite que lui de dix centimètres et portait un tailleur bien taillé, munie d’une cape pourpre qui lui pendait jusqu’aux fesses. Mille avait des cheveux blonds, coiffée d’un chignon impeccable.
Ils parlaient un français remarquable comme partout dans l’univers Selven. Bon si on sortait de notre appartement pour rejoindre les autres, en cuisine, avait-il proposé à sa femme qui en ai marre d’entendre ces conneries interstellaires ! A ce propos, c’est où Bordeaux ? Mille haussa les épaules et répondit : Je ne connais pas… Allez, il faut partir, car le capitaine nous appelle, mon cœur. Elle m’à envoyé un message sur le tiper.
Cette station était émise en direction de la Terre, mais le couple s’en fichait pas mal, car la Terre était perdue aux confins de l’univers et nos deux militaires étaient à des années lumières d’avoir compris le sens profond de ce message, mais aussi de ce que cela pouvait dire pour la suite des événements.
Ils voyageaient dans un vaisseau impérial, mais depuis plus de deux semaines, la clim était en panne et il faisait plus de quarante degrés celsius, dans tout le bâtiment et même si les cent-quarante septs passagers avaient l’habitude de la chaleur, tous étaient à bout de nerfs, à cause de cette anomalie.
Le vaisseau remontait un axe stellaire fréquenté par des milliers de vaisseaux. Leur destination, le système Karhana où une colonie Sidèn avait fait appel, à la Rosace des Vents Céleste, la flotte de l’armée du Roi, Louis Demiane, pour gérer une émeute qui avait éclaté au sein de quelques cités, basées sur la planète. Ils devaient rétablir l’ordre dans le chaos. Le capitaine Mirian était expérimenté pour ce genre de mission et était accompagné par une dizaine de cargos militaires qui se composaient au total de cent quatre-vingt mille hommes.
Quand Zaren et Mille se retrouvèrent dans la salle des commandes. Le capitaine, Mirian, les attendait de pieds fermes avec une bonne nouvelle à la clé. La clim sera opérationnelle dans moins de dix minutes ! Dieu merci, juste le temps de préparer le passage en orbite. Peu de temps après, de l’air frais avait envahi tous les compartiments du bâtiment et des râles de soulagement se firent entendre dans tout le vaisseau.
Cette chaleur, m’a fait mal à la tête, avait soufflé le capitaine à ses subordonnés. Mirian était une femelle Arka, un mélange entre un canidé et un félin. Son pelage, aux poils courts, était noir corbeau et elle avait des yeux vert émeraude luisants et de son museau, légèrement avancé, sortait six moustaches d’une dizaine de centimètres qui frétillaient à cause de la fraîcheur ambiante.
Mirian arborait fièrement son costume de capitaine, aux finitions impeccables. De plus, une longue queue d’au moins un mètre lui sortait du poste-arrière. Du haut de son deux mètres vingt, elle regardait sur son écran et la mise en orbite des dizaines de vaisseaux qui l’accompagnait. Tout est en place, vous pouvez atterrir, avait prononcé l’agent de la tour de commandes de la planète Sidèn. Parfait, parfait, c’est comme si c’était fait, avait-elle répondu d’une voix douce et suave.
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