Chapitre 14 : La Famille

📖 Les Esclaves ✍️ Ayzikin 📝 3051 mots

Le long des confins ouest du royaume, la Forêt n'était pas vraiment une frontière. Sur les cartes, elle formait une zone sombre, tolérée faute de mieux, hors de portée des routes et de l'autorité. On la disait « du Velmor », par commodité.

Ce que Liam avait traversé dans son coma n'en livrait aucune carte. Les terres sèches apparues au bout des arbres n'annonçaient pas ce qu'un voyageur trouverait en s'enfonçant vers l'ouest. Elles appartenaient au songe, ou à ce que la Pierre avait tiré du coma.

À une centaine de kilomètres de la lisière du Velmor, sous ce même nom commode de Forêt, deux empires se livraient une guerre assez ancienne pour user les chants et raidir les gestes des enfants avant qu'ils aient l'âge de choisir.

L'un de ces empires tenait presque tout entier dans une seule cité. Une forteresse de marbre, taillée avec une précision proche de l'arrogance. Pas de machines, pas de prodiges à la manière de la capitale : ici, tout reposait sur les blocs jointés sans faille, les escaliers usés et les dalles froides. Le marbre dominait tout. Les murs, les arches, les places, et surtout les statues. La nuit, certaines silhouettes figées semblaient retenir leur souffle.

Le peuple de la cité se disait sylvain, ou s'en réclamait du moins. Pas dans le sens naïf d'une communion douce avec les arbres. Plutôt comme un serment ancien : les racines passaient sous les dalles, la sève semblait monter dans la pierre. Ils vivaient parmi les arbres, mais leurs mains revenaient toujours au marbre.

Une reine dirigeait la cité. Sa jeunesse, ou son apparence de jeunesse, troublait même les plus blasés. Elle avait une beauté éclatante, mais sans sourire. Dans ses yeux, la guerre ne passait pas. Elle restait là, posée depuis longtemps.

Ici, l'Académie ne formait pas des artistes. Elle forgeait des combattants. On y apprenait la discipline avant le courage, la stratégie avant l'élan. La reine y avait inscrit sa fille.

Sa fille était attirée par le chant.

Un chant inutile. Incapable de gagner du terrain. Incapable de blesser.

Un jour, alors qu'elle était encore enfant, sa mère lui organisa une fête d'anniversaire. Une fête parfaite, trop parfaite : des invités bien placés, des cadeaux utiles, et même les rires semblaient mesurés. On célébrait l'enfant comme on polit une pièce de marbre, en la jaugeant autant qu'on l'admire. Alors, discrètement, elle s'éclipsa.

Elle traversa les couloirs comme une ombre claire, glissa entre deux colonnes, échappa aux mains venues la guider et se réfugia dans un petit bosquet. Un recoin de verdure presque ridicule, coincé entre deux masses de pierre, comme si la nature avait réussi à s'y faufiler par erreur.

Là, seule, hors des regards, elle chanta.

Pas pour séduire. Pas pour prouver. Pas pour honorer une tradition. Elle chanta comme on respire enfin après avoir trop longtemps retenu son souffle.

Pour l'instant, retenons seulement cette scène : une enfant chantait seule, et l'oiseau n'était pas encore arrivé.

***

Après son premier réveil, Liam dormit encore.

Pas longtemps, disaient les autres. Assez pour lui faire perdre de nouveau le compte.

Quand il ouvrait les yeux, la chambre lui paraissait chaque fois différente. Une chaise déplacée. Une lampe plus basse. Une main posée sur le drap, retirée avant qu'il puisse la reconnaître.

Sa mère lui donnait du bouillon à petites gorgées. Son père restait debout près de la porte, les bras croisés trop haut, comme s'il craignait de toucher la pièce. Ymir venait avec Tash sur l'épaule. L'oiseau dormait beaucoup, l'aile mal remise. Quand il ouvrait un œil, il fixait Kvöt avec la même rancune muette qu'autrefois.

Liam demanda d'abord Orange.

Personne ne répondit tout de suite. Rien n'avait changé. Aucune lettre. Aucune trace. Orange manquait toujours à la même place.

Le lendemain, ou peut-être le surlendemain, Ymir lui apprit pour Blueno.

— Il est reparti.

Liam tourna la tête vers elle.

— Où ?

— Vers Trigone. Orange avait disparu, et toi, tu ne te réveillais plus. Il avait recopié les noms des gardes et des conducteurs. Il voulait comprendre ce qui s'était passé là-bas. La Main, Thariel, la capitale… tout ça.

Elle baissa les yeux vers Tash, roulé contre son bras.

— On attend encore des nouvelles.

Liam resta longtemps sans répondre. Le nom de Blueno rejoignit ceux qu'il n'arrivait plus à ranger.

Kvöt, lui, ne parlait presque pas.

Le vieil homme restait près du lit plus souvent qu'il ne l'aurait admis. Son visage portait des jours de fatigue. Une bande propre couvrait encore sa tempe, comme si la vieille blessure s'était rouverte. Parfois, Liam le surprenait en train de regarder son amulette, puis de détourner les yeux.

On ne parla pas de la forêt sèche. Ni de l'homme mort qui avait crié. Ni de la voix qui avait ordonné à Liam de revenir. Le vieil homme avait dû s'épuiser pour le tirer du coma. Cela se lisait dans sa pâleur, dans ses mains tremblantes, dans sa manière de s'arrêter au seuil comme s'il redoutait de trop s'approcher.

Liam ne demanda rien, pas encore.

***

Quand il recommença à marcher, l'année perdue lui tomba dessus.

La première marche suffit à le lui apprendre. Ses jambes tremblèrent avant même le palier. Sa main chercha le mur, trop vite, comme celle d'un vieillard. Son corps avait maigri. Les premières sorties le laissèrent haletant avant même d'atteindre la route.

On lui parlait doucement, avec une prudence qui l'agaçait presque autant que les regards trop fixes.

À l'Académie, des élèves étaient partis. D'autres avaient pris leur place. Des rôles avaient changé de mains. Des voix avaient mué. Certains enfants qu'il dépassait autrefois arrivaient maintenant à sa hauteur. Le village, lui, gardait ses mêmes murs, mais Liam n'y retrouvait plus exactement ses chemins.

Orange manquait partout : dans la réserve aux tuniques, devant la maison de Dame Nihiline, près du petit bois, du côté du muret effondré. Parfois, Liam croyait entendre son pas ou sa façon trop directe de l'appeler. Il se retournait trop vite. Rien.

***

Les années suivantes n'effacèrent pas Orange. Son nom quitta seulement certaines conversations.

Liam se renferma de nouveau, mais pas comme avant. Enfant, il encaissait. Désormais, il choisissait parfois de ne pas céder. Il pouvait rester muet tout un repas, puis rire au mauvais moment avec une légèreté presque insolente. Il obéissait à une consigne, la tenait quelques minutes, puis en modifiait le cœur comme si l'idée venait de lui et que le reste du monde devait suivre.

Les adultes finirent par dire : instable.

Le mot tenait dans une bouche. Le reste demandait trop de phrases.

Kvöt ralentit l'entraînement. Pas par douceur. Plutôt par une prudence nouvelle. Les exercices demeuraient exigeants, mais ils ne s'abattaient plus sur Liam avec la même régularité implacable. Le vieil homme corrigeait encore ses appuis, son souffle, sa manière de tenir son bâton. Il cessait seulement d'appuyer toujours au même endroit.

Liam le remarqua.

Il lui en voulut presque.

Son groupe, lui, l'obligeait encore à sortir, à répondre, à marcher avec eux.

Ymir cherchait Liam plus souvent. Elle ne s'était pas vraiment détachée de Lamora et retournait vers lui avec une liberté qui aurait autrefois rendu Liam malade de jalousie. Désormais, il pouvait marcher longtemps avec elle sans chercher de phrase. Il gardait pourtant parfois un espace à sa gauche, par habitude, comme si Orange pouvait encore surgir pour s'y moquer de lui.

Lamora avait changé plus visiblement encore.

Il travaillait avec une ferveur presque froide. L'Astre Noir n'était plus seulement son rôle ; sous ce costume, il disparaissait assez longtemps pour revenir autrement. Ses horaires d'entraînement le tenaient souvent à l'écart, mais, lorsqu'il rejoignait les autres, sa présence n'écrasait plus tout. Il gardait son humour acerbe. Simplement, il s'arrêtait avant la deuxième phrase, celle qui aurait blessé. Parfois, il posait une main sur l'épaule d'un camarade au lieu de rire. Chez lui, ce geste suffisait.

Jean resta le plus stable.

Il avait fait la paix avec Lamora, peut-être parce que leur rivalité avait fini par trouver des règles. Avec Liam, les choses demeuraient moins nettes. Jean le respectait, mais il l'observait encore comme un mécanisme inconnu : avec rigueur et une méfiance tenace.

Jean n'en parlait presque jamais. Ses yeux, parfois, descendaient vers l'amulette. Liam faisait semblant de ne pas le voir.

Au fil des répétitions, des repas et des sorties, les autres recommencèrent à se tourner vers Liam. Il ne donnait pas d'ordres. Il n'aurait pas su faire sans agacer tout le monde. Mais lorsqu'il s'arrêtait, les autres ralentissaient. Lorsqu'il proposait un détour, même Lamora prenait le temps d'écouter. Lorsqu'une décision flottait, les regards finissaient par revenir vers lui.

Il n'en tira aucune fierté. Il surveilla davantage ses gestes.

***

À la maison, les années installèrent une autre fatigue.

Le père de Liam supportait de moins en moins Kvöt. Au début : un outil posé trop fort, une phrase interrompue dès que le vieil homme entrait, un rire avalé au milieu d'un repas. Quand Liam disait « Kvöt m'a appris », son père reposait son couteau trop soigneusement.

Puis la jalousie devint plus nette. Kvöt vivait là, mangeait là, corrigeait Liam, l'emmenait s'entraîner, parlait de son avenir avec l'assurance de quelqu'un qui aurait eu droit à une place réservée.

Parfois, au repas, le père regardait la chaise de Kvöt comme si le vieux n'y avait plus sa place.

Liam avait été admis à l'Académie. La part de Kvöt était remplie depuis longtemps. Alors que faisait-il encore ici ?

Sa mère ne posait jamais la question. Elle se contentait de parler moins lorsque le nom de Kvöt revenait, ou lorsque Liam mentionnait ses visites chez Dame Nihiline. Ses mains la trahissaient alors : elle lissait trop longtemps un pli de nappe, rangeait une assiette déjà droite, évitait les yeux de son fils.

Depuis la disparition d'Orange, Dame Nihiline ne traversait plus une salle de la même façon. Ses cheveux avaient blanchi avec une soudaineté cruelle. Sa voix restait douce, mais les fins de phrase se brisaient plus vite. Elle avait quitté ses fonctions, sans quitter vraiment l'Académie. On la voyait encore dans une cour, près d'une entrée, au fond d'une salle, droite et pâle, les mains serrées devant elle.

Elle tenait à voir Liam.

Peut-être parce qu'Orange l'avait aimé. Peut-être parce qu'il restait, malgré lui, l'un des derniers êtres auprès de qui sa fille n'avait pas entièrement disparu. Liam venait parfois s'asseoir chez elle. Ils parlaient peu. La plupart du temps, cela suffisait.

***

À table, Kvöt fit claquer sa langue et ses lèvres en de grands bruits de bouche.

Depuis des semaines, on n'entendait presque plus que les couverts contre les assiettes et le pain rompu trop lentement. Le vieil homme ajouta un raclement de gorge. Le père de Liam se raidit aussitôt. Il connaissait ce prélude.

— Vous savez, je ne suis pas idiot. J'ai bien compris qu'on me considère de plus en plus comme un parasite dans cette merveilleuse demeure.

Le père posa lentement son poing sur la table. Les couverts tremblèrent. La mère de Liam prit une expression douce, presque offusquée, assez polie pour se désolidariser de la pique sans avoir à le dire.

— Mais ne vous en faites pas ! reprit Kvöt. Vous n'ignorez pas que, si Liam est sélectionné pour le festival de la capitale, un avenir radieux s'ouvrira à lui. Et s'il en sort triomphant… pour le bien de son entraînement, je serai sans doute amené à l'accompagner. À y résider.

Le père se leva d'un bloc.

— Si mon fils devient riche, c'est nous qui déménagerons ! Et vous aurez de la chance si le prix demandé pour cette magnifique demeure ne vous donne pas une crise cardiaque !

Kvöt pencha légèrement la tête.

— Malgré mon âge, j'estime la crise cardiaque plus probable chez vous… sans vous vexer.

Liam ne sut pas si son père entendit vraiment la réplique. Il le vit seulement s'avancer, assez près pour en venir aux mains. Kvöt ne bougea pas. L'humiliation passa sur le visage du père. Le prochain geste serait plus lourd.

— Arrêtez ! cria Liam en se levant à son tour.

Ses deux mains vinrent se planter sur la table.

— En attendant les épreuves du festival, Kvöt restera avec nous. J'ai encore besoin de lui pour mon entraînement. Pour l'instant, la question ne se pose pas.

Le père eut un souffle court, mais ce ne fut pas lui qui répondit.

— Mon enfant… dit Kvöt d'un ton presque doux. Si tu veux vraiment arranger les choses, tu devrais sérieusement revoir ta discipline. Avec ton attitude récente, je ne donne pas cher de ta peau à cette sélection.

Le visage du mentor se redessina en un sourire mince. Celui qu'il réservait aux vérités jugées utiles.

— Toi… !? lâcha Liam.

Il s'interrompit. Les trois autres le regardaient à présent. Il rumina encore, mâchoire serrée, puis releva la tête.

— De toute façon, si je rate la sélection, ce sera le dernier de mes problèmes. Ma vraie vie commencera enfin. Je vous dirai adieu et je retrouverai Blueno. Je consacrerai tout ce qui me reste à la chute de Thariel. Alors Kvöt pourra bien prendre ma place, une fois qu'elle sera libre. Ce n'est pas comme si tu avais prévu de faire de vieux os, hein ?

Il eut du mal à terminer. Sur la fin, il parvint à esquisser un sourire. Une provocation maigre, presque enfantine.

Plus personne ne toucha aux assiettes.

— Jamais je ne te laisserai m'abandonner.

Kvöt avait prononcé ces mots sans hausser la voix.

Jamais, de mémoire, il n'avait pris une telle allure. L'ironie et la fatigue qui le définissaient d'ordinaire avaient disparu. Il ne restait sur son visage qu'une émotion nette, sans masque. Même le père de Liam recula d'un demi-pas.

Personne ne prolongea la dispute.

La graisse figea sur les bords.

***

Les semaines passèrent.

Une cérémonie fut organisée à l'Académie, presque à l'improviste. Elle devait célébrer le départ imminent de plusieurs étudiants pour les sélections du festival. Le groupe de Liam en faisait partie. Au début, personne ne sut très bien si l'on devait parler d'une fête ou d'un adieu déguisé en dernier entraînement.

La soirée dura plus longtemps que prévu.

Des tables furent poussées contre les murs. On alluma un feu dans la cour. Les maîtres renoncèrent peu à peu à maintenir un ordre strict. Les élèves circulaient par groupes, buvaient trop vite, se promettaient des victoires qu'ils ne contrôlaient pas encore.

Liam garda de cette nuit l'un de ses souvenirs les plus doux de l'Académie.

Pour la première fois, l'Académie ne lui parut pas seulement capable de juger, d'exclure, puis de reprendre. Ce soir-là, elle s'était rassemblée autour de ceux qui partaient.

Dame Ua parla plus que d'ordinaire. Certains la virent sourire avec une beauté presque déconcertante. Dame Nihiline vint elle aussi, malgré la fatigue et son retrait. Quand elle entra, les voix baissèrent d'un ton.

Selon un rituel simple, chaque étudiant concerné par les sélections fut appelé à son tour. Quelques mots, parfois un objet remis par l'une des deux femmes, ou par les deux. Même le prévôt fit une brève apparition. Il prétendit passer par hasard, puis resta assez longtemps pour trahir son mensonge.

Jean fut le seul du groupe à fondre en larmes.

Personne ne se moqua. Son amour pour l'Académie n'avait rien de théâtral. Il vivait dans sa discipline, dans ses saluts, dans le respect constant qu'il témoignait à Morhen et aux salles d'entraînement. Quand il affirma que, s'il était retenu, il ferait tout pour continuer à vivre à La Lisière, son mentor posa une main sur sa nuque et détourna les yeux.

Le père de Jean était mort depuis plusieurs années. Morhen garda la main sur sa nuque un instant de trop.

Liam les regarda, puis chercha Kvöt près du feu.

Le vieil homme riait avec deux adultes, une coupe à la main. À distance, il aurait presque pu passer pour un invité ordinaire. L'idée était si absurde que Liam faillit sourire.

Entre Jean et lui, rien n'était tout à fait réglé. Le festival les obligerait à rejouer, dans un cadre plus vaste et plus dangereux, une scène autrefois devenue un drame. Sur scène, leur rivalité devait appartenir aux personnages. Mais le jury pouvait retenir l'un sans l'autre.

Jean jouait droit. Il respectait la scène comme on respecte une règle morale.

Liam, lui, avait appris à faire de ses écarts une méthode.

Lors des dernières répétitions, aucune prestation ne ressemblait tout à fait à la précédente. Ses coups et son style de combat suivaient une théorie précise, renforcée par sa Pierre. Pour le reste, il cherchait à déplacer le centre. Surprendre. Refuser la routine.

Jean le soupçonna plus d'une fois, peut-être à raison, de vouloir prendre l'ascendant à tout prix. Il semblait croire, au contraire, que deux rivaux pouvaient briller ensemble, même au cœur d'un duel.

La cérémonie touchait à sa fin. La nuit s'épaississait autour du grand feu. Liam dansait avec Ymir parmi les autres. Elle riait moins fort qu'autrefois, mais son visage avait retrouvé une lumière que les derniers mois avaient souvent ternie.

Lamora, en parfait gentleman, dansa avec Dame Ua sans manquer un appui. La Dame Noire suivait son disciple avec des gestes nets, la tête haute. Puis, comme elle semblait avoir encore de l'énergie à revendre, elle invita Dame Nihiline.

Plusieurs étudiants cessèrent de parler.

Les deux femmes dansèrent sans discours. Un pas prudent d'abord, puis un autre. Dame Nihiline paraissait fragile, mais Dame Ua ne la traita jamais comme une malade. Elle l'accompagna seulement. À la fin, sans prévenir, sans justification, elles improvisèrent un baiser.

Un geste bref.

Autour d'elles, les voix tombèrent. Le feu lui-même sembla faire moins de bruit.

Liam sentit Ymir serrer sa main. Plus loin, Lamora avait baissé les yeux, un sourire étrange sur le visage. Jean essuyait encore ses joues, comme si la soirée entière avait décidé de l'atteindre.

La route suivante attendait déjà. Bientôt, une escorte venue de la capitale viendrait chercher les candidats. Le séjour de compétition serait tendu, éprouvant, exposé aux regards. Pour la plupart, la découverte de la capitale suffirait au moins à compenser le vertige.

Liam, à l'aube de ses dix-sept ans, partirait lui aussi.

Il ne savait pas encore si le festival lui ouvrirait une route.

Il savait seulement qu'en cas d'échec, une autre l'attendait déjà.


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scifan • 15 heures, 44 minutes
Après un bref aperçu d'une autre nation, les effets du temps qui passe à la frontière. Changement de rythme dû au temps qui passe.
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