Chapitre 16 - ALLERS-RETOURS

📖 MEHDI ✍️ JonathanJones57 📝 583 mots

The best thing about being a woman…

Paris pivote et attrape l’air, une main au plafond, l’autre sur le dossier. Hanche en avant, il lance le refrain à plein volume et pose le talon sur le tableau de bord, en léger déséquilibre. Jonathan récupère des bribes au passage et laisse filer les montées. Les claquements de mains tombent juste sur le beat pendant que la condensation s’épaissit et que la voiture joue sur ses suspensions. De l’autre côté, deux mecs ralentissent, regardent à l’intérieur et restent. Paris les voit et se retourne pour leur chanter dessus, doigt pointé :

Man! I feel like a woman!

Mimi surgit au bar du Freedj, en biais. Paris parlait, penché vers Jonathan, un rire reparti sans prévenir.

— Mes chéries !

Les bises fusent, les exclamations suivent. Vers le fond, là où le baby-foot grince sous les poignées qui partent dans tous les sens, Mimi joue, épaules hautes, menton serré, les yeux qui remontent parfois d’un coup vers quelqu’un avant de revenir au jeu. Des ricanements passent autour. Paris accompagne son histoire de grands gestes, Mimi s’invite dans une phrase sur deux.

Le prénom de Mehdi apparaît.

tfé koi

Un but arrache des cris. 

— Attendez.

Jonathan quitte son tabouret.

— J’vais y aller.

Mimi lâche la barre.

— Sérieux ? La soirée fait que commencer.

Paris ne relève pas. Jonathan tourne à l'angle du couloir.

La voiture glisse vers le nord, vers des rues plus sombres où apparaissent les blocs, les stations-service en veille, les halls ouverts sous les tubes blancs. Mehdi saute dans la 106. Le siège résiste lorsqu'il tente de l'avancer ; en se penchant, il dégage un flash de vodka vide qu'il expédie sur la banquette arrière.

Ils passent la porte de Pantin. Jonathan tient sa ligne, attentif aux voitures qui débordent des files, aux freinages qui rougissent devant lui, puis la circulation se desserre. Il manie alors le volant de la main gauche, la droite repose sur le pommeau de vitesse. Mehdi fume près de la vitre entrouverte. Jonathan lui vole parfois une seconde dans un répit de la circulation, tantôt il est ailleurs, tantôt il est là, pile dans l’axe, et Jonathan reprend la chaussée. Quelques kilomètres s’intercalent, le même hasard se renoue, avec toujours l’un des deux arrivé avant l’autre.

Le périphérique s’élargit. À droite, une bretelle se détache des voies et plonge, cousue de veilleuses arrière jusqu’en bas, Jonathan la laisse partir. Mehdi lâche le mégot dans la vitesse et ne conserve du dehors qu’une mince entaille d’air. La Défense demeure longtemps devant eux, déplacée par les courbes, repoussée jusqu’à paraître appartenir à une autre route.

Sur la gauche, entre deux immeubles, la tour Eiffel tient toute petite. Jonathan n’en prélève d’abord qu’une fraction et la retrouve plus loin. Mehdi s’est penché vers lui, l’épaule engagée entre les deux places. Le montant entame bientôt la flèche et Jonathan se décale de quelques centimètres, juste assez pour la recomposer.

Personne ne demande où ils vont. 

💬 Commentaires 2

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RaphHary07 • 1 jour, 1 heure modifié
L'action s'enchaîne plus vite que dans mon souvenir, mais c'est très efficace. J'aime particulièrement ta façon de décrire le trajet en voiture, on ressent la tension de Jonathan au travers des descriptions "acérées" du paysage qui défile, c'est très réussi !
Petit bémol sur le fait que dans les 2 premiers paragraphes, le récit tourne essentiellement autour de Paris et Mimi, mais c'est peut-être volontaire de ta part ? Une façon de montrer l'absence mentale de Jonathan ?
Et comme toujours : VITE LA SUITE !!!!!! <3
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JonathanJones57 Auteur • 16 heures, 49 minutes
Merci ! Et oui, pour le début, c’est volontaire : Paris et Mimi prennent toute la place, justement parce que Jonathan est déjà ailleurs. Tu as bien capté le truc 😉 Et la suite arrive !
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