SAISON 1 - Épisode 11 - YOGA FIRE

📖 FOSTER - EPISODE 1 - PHILADELPHIA LOVE ✍️ Splinter 📝 2203 mots



Philadelphie - 03 h 27.


— C'est pas normal.

Nicky releva la tête.

J regardait son téléphone.

— Quoi ?

— Ça.

Il lui montra l'écran.

La photographie du garage.

Prise depuis l'autre côté de la rue.

Le message.

JE SAIS OÚ FRAPER.

Nicky l'avait déjà regardé une trentaine de fois.

— On sait.

— Non.

J agrandit la photo.

— Regarde.

Nicky regarda.

— Je regarde quoi ?

— Les portes.

— Putain, J...

— Les deux sont ouvertes.

Vale posa sa bière.

— Et ?

— Et je les laisse jamais ouvertes toutes les deux.

Dex soupira.

— Mec, le psychopathe qui nous surveille s'est probablement pas dit : tiens, J respecte pas ses procédures de fermeture.

— C'est pas ce que je dis.

J zooma encore.

— La photo a pas été prise il y a dix minutes.

Nicky se figea.

Switch se retourna.

— Quoi ?

J lui tendit le téléphone.

— Regarde les portes.

Switch regarda.

Puis l'heure.

Puis la lumière.

Son visage changea.

Nicky :

— Switch ?

Il se leva.

Très vite.

Retourna à son ordinateur.

— La photo est plus vieille.

— Combien ?

Il tapa.

— Je sais pas.

— Combien ?

— Nicky, j'en sais rien.

Caméras.

Flux.

Historique.

Switch passa d'un écran à l'autre.

Puis s'arrêta.

— Merde.

Nicky s'approcha.

— Quoi ?

Switch ne répondit pas.

— SWITCH.

— Caméra arrière.

— Quoi la caméra arrière ?

— Elle boucle.

Silence.

J :

— Depuis quand ?

Switch tapa.

Encore.

— Vingt-six minutes.

Nicky regarda l'horloge.


03 h 28.

Vale se leva.

— Donc ils sont déjà là ?

Switch :

— Je sais pas.

Une lumière s'éteignit.

Tout le monde regarda le plafond.

Puis une deuxième.

Puis toutes.

Noir.

Une seconde.

Deux.

J murmura :

— Voilà.

BOUM.

La porte arrière explosa vers l'intérieur.

Tout arriva en même temps.

Verre.

Métal.

Un cri.

Des phares.

Un moteur.

Puis quelque chose traversa la porte latérale.

Nicky ne vit d'abord qu'une masse noire.

Un SUV.

Il percuta un établi.

Le métal vola.

— À TERRE !

Nicky attrapa Vale.

Les plaqua toutes les deux derrière le canapé.

BANG.

BANG.

Des tirs.

Pas vers eux.

Au-dessus.

Dans les murs.

Dans les vitres.

Pour empêcher les têtes de se relever.

— PUTAIN !

Marco plongea derrière l'Alfa.

Dex roula derrière un pilier.

J disparut quelque part.

Switch était au sol derrière son bureau.

Un objet entra par une fenêtre.

Rebondit.

Nicky le vit.

Bouteille.

Chiffon.

Flamme.

— NON !

WHOUF.

Le mur prit feu.

Une deuxième bouteille.

Puis une troisième.

L'autre côté du garage.

Vale :

— ILS BRÛLENT LE GARAGE !

Nicky se releva.

— NICKY !

Elle courut vers l'extincteur.

Le décrocha.

Tira.

Rien.

— Putain !

Elle regarda.

Goupille retirée.

Flexible coupé.

Son cerveau mit une demi-seconde à comprendre.

Préparé.

Ce n'était pas une attaque.

C'était une exécution.

Pas d'eux.

Du lieu.

— SWITCH !

— QUOI ?

— LES SPRINKLERS !

— JE SAIS PAS !

J apparut dans la fumée.

— VANNE PRINCIPALE !

— OÙ ?

— ARRIÈRE !

Nicky partit.

J l'attrapa par la veste.

— NON !

— LÂCHE-MOI !

— ILS SONT À L'ARRIÈRE !

Un nouveau tir traversa une vitre.

J tira Nicky au sol.

CRACK.

Le mur derrière elle éclata.

J :

— TU VOIS ?

— OUAIS !

— ALORS ARRÊTE D'ÊTRE CONNE !

Une voiture démarra dehors.

Puis une autre.

Ils ne rentraient pas.

Ils ne cherchaient personne.

Ils bloquaient les sorties.

Et brûlaient.


03 h 29.

Une minute.

Seulement une minute.

Et Seek & Destroy n'existait déjà plus comme une pièce.

Le feu courait le long du mur.

Une étagère s'effondra.

Des pneus commencèrent à brûler.

Fumée noire.

Épaisse.

Vale toussait.

— Il faut sortir !

Nicky regarda autour.

— MARCO !

— LÀ !

Il était près de l'Alfa.

— SWITCH !

— OUAIS !

— DEX !

— PUTAIN OUAIS !

— J !

— JE SUIS DEVANT TOI !

— OK !

Tout le monde.

Encore.

Nicky regarda les voitures.

La Porsche de Vale.

La GT-R de Switch.

La Viper.

L'Alfa.

La Supra.

Les projets.

Les années.

— LES CLÉS !

J la regarda.

— Quoi ?

— On sort les voitures !

— NON !

— J !

— ON SORT !

— LES CAISSES !

— NICKY !

Elle courut vers la Porsche.

Vale l'attrapa.

— Laisse !

— TA CAISSE !

— JE M'EN FOUS !

Nicky la regarda.

Vale hurla :

— JE M'EN FOUS DE LA PUTAIN DE CAISSE !

Une explosion sèche.

Une vitre arrière vola.

Tout le monde se baissa.

Dex :

— ON SE CASSE !

Nicky regarda encore les voitures.

Son cerveau refusait.

Il cherchait un plan.

Une sortie.

Quelque chose.

Toujours quelque chose.

— Alfa !

J la regarda.

— Quoi ?

— Elle roule ?

— Ouais !

Nicky se tourna vers Marco.

— PRENDS-LA !

Marco :

— Et vous ?

— PRENDS TA PUTAIN DE CAISSE ET CASSE-TOI !

Marco courut.

J lui lança les clés.

— SORTIE NORD !

— Elle est bloquée !

— PAS ENCORE !

Marco monta.

Moteur.

La 155 toussa.

J hurla :

— ALLEZ !

Marco écrasa l'accélérateur.

L'Alfa traversa la fumée.

Un homme apparut devant l'ouverture.

Marco ne freina pas.

L'homme plongea.

La 155 arracha ce qui restait de la porte.

Disparut.

Nicky regarda.

Une seconde.

L'Alfa était dehors.

Puis elle vit la Supra.

Noire.

De l'autre côté.

Près de la sortie principale.

Elle avait les clés dans sa poche.

Vale comprit.

— Non.

— Je peux la sortir.

— Nicky...

— JE PEUX LA SORTIR !

J regarda la progression du feu.

Puis la sortie.

— Vas-y !

Vale :

— J !

— ELLE EST À DIX MÈTRES !

Nicky courut.

La chaleur était déjà infernale.

Elle ouvrit la Supra.

Monta.

Clé.

Moteur.

— Allez...

Le moteur démarra.

Elle passa la marche arrière.

Un morceau de plafond tomba devant elle.

— PUTAIN !

Volant.

Elle passa autour.

Devant, le SUV qui avait défoncé l'entrée bloquait presque tout.

Presque.

Nicky regarda l'espace.

Deux mètres.

Peut-être.

Un peu moins.

Elle accéléra.

Rétroviseur gauche :

CRACK.

Arraché.

— Désolée.

La Supra passa.

Dehors.

Air froid.

Elle freina.

Regarda immédiatement derrière elle.

Vale sortait à pied.

Dex derrière.

J.

Switch.

Nicky ouvrit la portière.

— MONTEZ !

Et là :

BOUM.

Une voiture garée à l'intérieur explosa.

La façade vomit du verre.

Tout le monde plongea.

Quand Nicky releva la tête...

les hommes Bellandi bougeaient.

Deux véhicules.

L'un passa au bout de la rue.

Un autre démarra derrière.

Switch :

— Ils se barrent !

Nicky regarda.

Puis le garage.

Puis les autres.

— MONTEZ !

Vale courut vers elle.

Des tirs.

Bitume.

Vale changea de direction.

— VA !

— VALE !

— VA PUTAIN !

Nicky voulut sortir.

J frappa le toit.

— CASSE-TOI !

— MONTE !

— Y A PAS LE TEMPS !

Une voiture Bellandi revenait.

Nicky comprit.

Ils n'essayaient pas de les tuer.

Ils les empêchaient simplement de se regrouper.

— J !

— VA !

J poussa Switch vers une ruelle.

Dex partit de l'autre côté.

Vale courut derrière un bâtiment.

Et soudain...

Nicky était seule dans la Supra.

— PUTAIN !

Elle accéléra.


03 h 32.

Trois minutes.

Trois putains de minutes.

C'était tout ce qu'il avait fallu.

Nicky prit la première rue.

Puis la deuxième.

Une voiture derrière.

Elle tourna.

Encore.

Son téléphone sonna.

Marco.

— T'ES OÙ ?

— JE SAIS PAS !

— Quoi ?

— JE SAIS PAS !

— T'es sorti ?

— OUAIS !

— T'es seul ?

— OUAIS !

— Où sont les autres ?

Nicky regarda dans le rétro.

La voiture était toujours là.

— JE SAIS PAS !

Silence.

Marco comprit.

— Nicky...

— Continue de rouler.

— Mais...

— Continue de rouler !

Elle raccrocha.

Virage.

La Supra glissa.

Elle corrigea.

Un feu rouge.

Elle passa.

Klaxon.

Camion.

Elle évita de peu.

La voiture derrière continua.

Nicky regarda.

Son cerveau retrouva quelque chose qu'il connaissait.

Une poursuite.

Enfin.

Quelque chose de simple.

Elle savait faire ça.

Accélérer.

Freiner.

Observer.

Battre quelqu'un.

Elle sourit presque.

— Allez.

La voiture Bellandi se rapprocha.

Nicky prit une avenue.

Puis une rue plus étroite.

Encore une.

Elle força l'autre à la suivre.

Un parking.

Sortie opposée.

La voiture Bellandi entra.

Nicky tira le frein.

Demi-tour.

Repartit en sens inverse.

L'autre conducteur comprit trop tard.

Elle passa à côté.

Nicky le regarda.

Majeur.

— Va te faire foutre.

Puis elle disparut.

Pendant dix secondes, elle se sentit mieux.

Elle venait de gagner quelque chose.

Puis son téléphone vibra.

VALE

Elle décrocha immédiatement.

— T'ES OÙ ?

Vale toussait.

— Je sais pas.

Nicky ralentit.

Cette phrase.

Encore.

— T'es blessée ?

— Non.

— T'es sûre ?

— Ouais.

— Où sont J et Switch ?

— Je sais pas.

— Dex ?

— Je sais pas !

Nicky ferma les yeux une fraction de seconde.

— OK.

— Nicky...

— Quoi ?

Vale ne répondit pas.

Nicky entendait des sirènes au loin.

Puis Vale :

— Le garage...

Nicky raccrocha presque immédiatement.

Pas par colère.

Parce qu'elle ne pouvait pas entendre la suite.


03 h 41.

J courait.

Il n'avait pas couru comme ça depuis probablement le lycée.

Il détestait ça.

Il détestait la fumée.

Il détestait les Bellandi.

Il détestait Nicky.

Il détestait les chaussures qu'il avait choisies ce matin.

Mais surtout...

il entendit l'explosion.

Il s'arrêta.

Se retourna.

Au-dessus des bâtiments :

une colonne noire.

Orange dessous.

Son garage.

Ses ponts.

Ses outils.

Ses moteurs.

Ses pièces.

Ses années.

Il resta immobile.

Switch apparut derrière lui.

— J !

J ne répondit pas.

— J !

Switch le rejoignit.

— Faut bouger.

J regardait toujours la fumée.

Switch posa une main sur son épaule.

J la repoussa.

Pas violemment.

Simplement.

— Faut bouger.

J ne disait rien.

C'était probablement la première fois que Switch le voyait ne rien avoir à dire devant une voiture en train de mourir.

Ils repartirent.


03 h 48.

Dex était assis derrière une benne.

Sa blessure s'était rouverte.

— Putain...

Téléphone.

Écran fissuré.

Pas de réseau.

— Allez...

Rien.

Il regarda son pantalon.

Sang.

— Génial.

Sirènes.

Il entendit une voiture.

Se plaqua contre le mur.

Pas Bellandi.

Police.

Il attendit.

Puis partit dans l'autre direction.


03 h 53.

Marco gara l'Alfa sous un pont.

Coupa le moteur.

Silence.

Ses mains tremblaient.

Il les regarda.

— Arrête.

Elles continuaient.

— Arrête.

Rien.

Il frappa le volant.

— PUTAIN !

Puis regarda la voiture.

Un impact ancien dans le coffre.

Carrosserie abîmée.

Mais entière.

Vivante.

Son téléphone.

Nicky.

Pas de réponse.

Vale.

Pas de réponse.

Switch.

Pas de réponse.

Dex.

Pas de réponse.

J.

Pas de réponse.

Marco regarda la liste.

Puis appela encore Nicky.


04 h 02.

Nicky avait garé la Supra derrière un supermarché fermé.

Elle ne savait pas pourquoi.

Probablement parce qu'il n'y avait personne.

Elle appelait.

Encore.

VALE - OK.

Elle avait envoyé une localisation approximative.

Vivante.

MARCO - OK.

Avec l'Alfa.

Vivants tous les deux.

Nicky tapa :

Switch ?

Pas de réponse.

Appel.

Messagerie.

— Allez...

Encore.

Messagerie.

— Switch...

Encore.

Rien.

Elle appela J.

Rien.

Dex.

Rien.

— Putain.

Elle frappa le volant.

— PUTAIN !

Téléphone.

Appel entrant.

SWITCH

Elle décrocha avant la première sonnerie.

— OÙ T'ES ?

— Bonsoir à toi aussi.

Nicky ferma les yeux.

— T'es vivant.

— Apparemment.

— J ?

Silence.

— SWITCH, J ?

Une voix plus loin :

— DIS-LUI DE FERMER SA GUEULE.

Nicky expira.

Presque un rire.

Presque.

— Il est vivant.

— Malheureusement.

— Où vous êtes ?

— À pied. Kensington.

— Je viens.

— Non.

— Quoi ?

— Y a des flics partout. Et probablement Bellandi aussi.

— Je viens vous chercher.

— Nicky.

— SWITCH...

— On se débrouille.

Cette phrase lui fit mal.

Elle ne savait pas pourquoi.

— OK.

— Dex ?

— Pas encore.

— Marco ?

— Vivant.

— Vale ?

— Vivante.

Silence.

Switch :

— Et toi ?

Nicky regarda la Supra.

— Ouais.

— Alors quatre sur six.

Nicky :

— Cinq.

— Quoi ?

— Toi, J, Marco, Vale, moi.

— Ah.

Nicky ferma les yeux.

— Trouve Dex.

— Je cherche.

Il raccrocha.


04 h 17.

Quarante-cinq minutes.

Toujours rien.

Nicky avait appelé Dex vingt-trois fois.

Elle connaissait maintenant le nombre.

Parce qu'elle le regardait augmenter.

Messagerie.

— Putain...

Rien.

Nicky ouvrit la portière.

Sortit.

Fit trois pas.

Revint.

Elle allait où ?

Aucune idée.

Elle consulta les hôpitaux.

Puis la police.

Puis s'arrêta.

Si Dex était arrêté ?

S'il était blessé ?

S'il était encore au garage ?

Cette dernière idée entra dans sa tête.

Et refusa d'en sortir.

Elle démarra.


04 h 26.

La police avait bouclé deux rues autour du garage.

Pompiers.

Gyrophares.

Fumée.

Nicky s'arrêta trois pâtés de maisons plus loin.

Elle descendit.

Marcha.

Une couverture de fumée flottait au-dessus du quartier.

Plus elle approchait...

plus elle ralentissait.

Puis elle vit.

Le garage.

Enfin...

l'endroit.

Le toit s'était partiellement effondré.

La façade n'existait presque plus.

De l'eau coulait dans la rue.

Noire.

Huile.

Cendres.

Mousse.

Les pompiers continuaient d'arroser.

Une carcasse était visible à l'intérieur.

Puis une autre.

Nicky reconnut la Porsche de Vale.

Ou ce qu'il en restait.

Elle ne sut même pas identifier la suivante.

GT-R ?

Viper ?

Peut-être.

Elle s'approcha.

Un policier leva la main.

— Miss, vous pouvez pas—

— C'est mon garage.

— Vous pouvez pas passer.

— C'est mon garage.

— Je comprends, mais...

— C'EST MON GARAGE !

Le policier avança.

— Madame...

Elle voulut passer.

Il la retint.

— LÂCHEZ-MOI !

— Reculez !

— Y A PEUT-ÊTRE QUELQU'UN DEDANS !

— Les pompiers vérifient !

— DEX !

Le policier :

— Madame !

— DEX !

Rien.

Nicky regardait les flammes résiduelles.

— DEX !

Elle essaya encore.

Le policier la retint.

Cette fois elle ne se débattit plus.

Elle resta simplement là.

À regarder.


04 h 39.

Téléphone.

Nicky le sentit vibrer.

Elle ne réagit pas.

Encore.

Elle regarda finalement.

Numéro inconnu.

Elle décrocha.

— Oui ?

— Putain, t'en as mis du temps.

Nicky ne respira plus.

— Dex ?

— Ouais.

Elle ferma les yeux.

Ses jambes faillirent lâcher.

— T'es où ?

— J'en sais rien.

Nicky rit.

Un rire complètement cassé.

— Putain...

Dex :

— Pourquoi tu rigoles ?

— Tout le monde sait pas où il est ce soir.

— Ah.

Silence.

— T'es blessé ?

— Un peu.

— « Un peu » comment ?

— Ça saigne.

Nicky se redressa.

— Où ?

— Ancienne blessure.

— Hôpital.

— Non.

— DEX.

— Nicky—

— TU VAS À L'HÔPITAL.

— OK, maman.

Elle essuya quelque chose sur sa joue.

Elle ne savait même pas quand elle avait commencé à pleurer.

— Envoie-moi où t'es.

— J'ai plus mon téléphone.

— Tu m'appelles avec quoi ?

— J'ai emprunté.

Une voix derrière Dex :

— VOLÉ !

Dex :

— Emprunté.

Nicky rit encore.

Cette fois vraiment.

Deux secondes.

Puis regarda le garage.

Le rire mourut.

— Dex.

— Ouais ?

— Tout est parti.

Silence.

Dex ne demanda pas quoi.

Il savait.

— OK.

Nicky attendit autre chose.

Quelque chose.

On reconstruira.

Ça va aller.

On va les niquer.

N'importe quoi.

Dex dit seulement :

— Je vais à l'hôpital.

— Ouais.

— Appelle-moi quand tu sais où aller.

Nicky regarda les ruines.

— Ouais.

Elle raccrocha.

Puis resta immobile.

Parce qu'elle ne savait précisément pas où aller.


05 h 11.

Le jour commençait à décolorer le ciel.

Pas encore le matin.

Plus vraiment la nuit.

Nicky était revenue à la Supra.

Elle avait fait la liste.

Vale : vivante.

Switch : vivant.

Dex : vivant.

J : vivant.

Marco : vivant.

Personne ensemble.

Vale était chez quelqu'un qu'elle connaissait.

Switch et J avaient trouvé un taxi.

Dex partait aux urgences.

Marco était toujours avec l'Alfa sous son pont.

Nicky...

Nicky était assise dans la Supra.

Elle ouvrit la conversation du groupe.

SEEK & DESTROY

Des centaines de messages.

Photos.

Vidéos.

Insultes.

Rendez-vous.

Pièces.

Courses.

J qui menaçait de tuer Nicky.

Vale qui se foutait de Dex.

Marco demandant quelque chose à trois heures du matin.

Switch répondant à quatre.

Une famille entière enfermée dans quelques pouces de verre.

Elle tapa :

Tout le monde est vivant.

Elle regarda.

Puis envoya.

Les réponses arrivèrent.

Vale envoya un coeur.

Switch :

Malheureusement J aussi.

Quelques secondes.

J :

Va te faire foutre.

Marco :

Alfa aussi.

J :

ÉVIDEMMENT

Dex :

Ils veulent me garder

Vale :

reste

Dex :

merci maman 2

Nicky sourit.

Une seconde.

Puis plus rien.

Elle posa le téléphone.

Regarda devant elle.

Le volant de la Supra.

Ses mains.

La ville.

Elle avait voulu protéger Marco.

Elle avait gagné.

Elle avait voulu comprendre Bellandi.

Elle avait compris.

Elle avait voulu leur prendre leur cargaison.

Elle l'avait prise.

Elle avait voulu négocier.

Elle avait négocié.

Elle avait voulu gagner.

Elle avait gagné.

À chaque fois.

Et maintenant...

elle n'avait plus de garage.

Vale n'avait plus sa Porsche.

Switch n'avait plus sa GT-R.

Dex n'avait plus sa Viper.

J n'avait plus son atelier.

Des années de pièces, d'outils, de travail avaient disparu.

Le crew était dispersé aux quatre coins de Philadelphie.

Et tout ça avait commencé parce qu'elle avait décidé de jouer.

Nicky prit son téléphone.

Contacts.

PAPA

Son doigt resta au-dessus.

Un appel.

Un chèque.

Un bâtiment.

Des voitures.

Peut-être même avant lundi.

Elle éteignit l'écran.

Quelques secondes.

Le ralluma.

DAMON

Elle regarda son nom.

Longtemps.

Son frère saurait quoi faire.

Il connaissait des gens.

Il connaissait ce monde mieux qu'elle.

Il connaissait même Emmanuel.

Nicky éteignit encore l'écran.

Elle posa le téléphone sur le siège passager.

Regarda devant elle.

Puis démarra la Supra.

Le moteur tourna.

Elle resta là.

Une minute.

Deux.

Le moteur continuait.

Nicky posa les mains sur le volant.

Elle pouvait aller chez son père.

Chez Damon.

Chez Vale.

À l'hôpital voir Dex.

Chercher Marco.

Retrouver Switch et J.

Retourner au garage.

Trouver Tony.

Elle avait six directions.

Et, pour la première fois de sa vie...

aucune idée de laquelle prendre.

Elle coupa le moteur.

Silence.

Nicky Foster resta assise.

Seule.

Dans la seule voiture qu'il lui restait.

Sans garage.

Sans plan.

Sans crew autour d'elle.

Sans personne à frapper.

Sans course à gagner.

Et sans Emmanuel Elga pour lui expliquer ce qu'elle avait raté.

Le soleil commença à se lever sur Philadelphie.

Nicky regarda ses mains.

Puis murmura :

— Et maintenant ?

Personne ne répondit.


💬 Commentaires 2

Connectez-vous pour commenter ce chapitre.
Lana • 2 semaines, 4 jours
Ça bouge comme pas possible. Bravo pour les explosions, la fuite, le suspense. 🤩
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Splinter Auteur • 2 semaines, 4 jours
Merci, m'a pris un peu de temps celui-là à bien gérer le rythme.
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