SAISON 1 - Épisode 8 - YOU WIN !

📖 FOSTER - EPISODE 1 - PHILADELPHIA LOVE ✍️ Splinter 📝 2839 mots

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BETTER UP - NELLY


Philadelphie, 23 h 41.

On entendit Seek & Destroy avant de les voir.

Ce qui, chez eux, relevait moins de la stratégie que d’un défaut collectif d’éducation.

La Porsche 911 Turbo de Vale apparut la première au bout de l’avenue, basse, propre, presque raisonnable si on oubliait qu’elle roulait beaucoup trop vite.

La Viper de Dex suivait, grondant comme un animal qu’on aurait réveillé uniquement pour lui annoncer une mauvaise nouvelle.

Puis la GT-R de Switch.

Deux autres voitures du crew.

Et, légèrement en retrait, carrée, métallique, beaucoup moins exotique que les autres :

l’Alfa Romeo 155 Twin Spark de Marco Maldini.

Gris métallisé.

Jantes sombres.

Suspensions basses.

Deux ou trois stickers ajoutés récemment, suffisamment discrets pour ne pas transformer une italienne en sapin de Noël japonais.

Marco avait passé une partie de l’après-midi à expliquer à J qu’il ne comptait absolument rien modifier d’autre.

J lui avait répondu :

— Tant mieux.

Puis Marco avait demandé :

— Et si je change juste...

— Non.

— Mais tu sais même pas ce que j’allais...

— Non.

La conversation avait duré onze secondes.

Un record.

Ils entrèrent ensemble sur l’immense parking d’un ancien complexe de stockage au sud de Philadelphie.

Des centaines de personnes.

Musique.

Néons.

Billets.

Fumée.

Des moteurs hurlaient entre les bâtiments.

Une fille en minijupe était assise sur le capot d’une Camaro pendant que son propriétaire expliquait à trois types que son compresseur avait été importé spécialement de Californie.

Personne ne l’écoutait.

Deux filles s’embrassaient contre une Civic.

Un mec vomissait derrière une Mustang.

Une Impreza faisait des donuts au milieu d’un cercle d’imbéciles suffisamment enthousiastes pour considérer leurs tibias comme facultatifs.

Philadelphia.

Samedi soir.

Nicky Foster descendit de voiture.

Pantalon blanc.

Débardeur blanc.

Longue veste et capuche blanche.

Lunettes roses transparentes.

Vale regarda autour d’elle.

— Ça va finir avec la police.

Nicky ferma sa portière.

— Quelle négativité.

Dex descendit beaucoup plus lentement de sa Viper.

Sa blessure lui rappela immédiatement qu’elle existait.

— Putain...

Nicky le regarda.

— Ça va ?

— Très bien.

— Tu marches comme ma grand-mère.

— Ta grand-mère est morte.

— Justement.

Dex lui fit un doigt.

Nicky sourit.

Marco venait de sortir de son Alfa quand une voix s'éleva derrière eux.

— Foster !

Nicky ferma les yeux.

— Ah merde.

Un homme d'une vingtaine d'années approchait, sourire immense, casquette retournée.

Rico Alvarez.

Derrière lui, une Mazda RX-7 FD jaune suffisamment brillante pour être visible depuis la Lune.

Rico écarta les bras.

— Putain, t'es vivante.

— Ça dépend qui demande.

— J'ai entendu dire que t'avais détruit une Ferrari.

— Calomnies.

Vale passa derrière elle.

— Elle a détruit une Ferrari ?

— Merci Vale.

Rico aperçut l'Alfa.

Il s'arrêta.

Regarda la voiture.

Puis Marco.

Puis la voiture.

Puis Nicky.

— C'est quoi ça ?

— Une Alfa.

— Je vois que c'est une Alfa.

— Alors pourquoi tu demandes ?

Rico désigna Marco.

— Lui.

Marco leva légèrement la main.

— Marco.

Rico regarda Nicky.

— C'est votre petit nouveau ?

— Non.

Marco tourna la tête.

— Sympa.

Nicky haussa les épaules.

— T'es pas nouveau. T'es juste petit.

— J'ai dix-sept ans.

— Voilà.

Rico s'approcha de l'Alfa.

Il en fit lentement le tour.

Marco suivit chacun de ses mouvements.

— Twin Spark ?

— Ouais.

— Préparée ?

— Un peu.

J, derrière :

— Beaucoup.

Marco :

— Un peu.

J :

— J'ai les factures.

Rico sourit.

— Elle court ?

Nicky répondit avant Marco.

— Pas ce soir.

Rico releva les yeux.

— Pourquoi ?

— Parce qu'il est venu regarder.

— Regarder ?

— C'est un concept. Tu devrais essayer.

Rico regarda Marco.

Puis de nouveau Nicky.

— Seek & Destroy amène des voitures aux courses pour regarder maintenant ?

Nicky sourit.

— Rico...

— Fais voir ce qu'il vaut.

Marco cessa de sourire.

Vale regarda Nicky.

— Non.

Dex :

— Pas prêt.

J :

— Non.

Marco :

— Merci pour la confiance collective.

J pointa l'Alfa.

— Moi, j'ai confiance en toi. C'est en elle que j'ai investi quatorze heures cette semaine.

Rico éclata de rire.

— Alors ?

Nicky allait répondre.

Puis elle regarda Marco.

Il ne s'attendait clairement pas à ça.

Il avait les mains dans les poches.

Le visage beaucoup moins détendu qu'une minute auparavant.

Pas prêt.

Elle connaissait cette sensation.

Quelqu'un, récemment, l'avait observée au volant d'une Ferrari.

Avait attendu.

L'avait laissée faire.

Puis l'avait récupérée avec une dent en moins.

Je regarde.

Elle pensa aussi à Damon.

À toutes ces fois où son frère avait ouvert la porte d'une cage, désigné quelqu'un de plus grand qu'elle et simplement dit :

Vas-y.

Jamais :

Tu es prête.

Juste :

Vas-y.

Nicky regarda Marco.

— D'accord.

Marco fronça les sourcils.

— D'accord quoi ?

— Tu cours.

— Quoi ?

Vale :

— Nicky.

— Quoi ?

— Il était venu regarder.

Nicky ne quittait pas Marco des yeux.

— Bah maintenant il va regarder de l'intérieur.

Marco eut un petit rire nerveux.

— Je suis pas préparé.

— Ta voiture l'est.

J leva un doigt.

— Merci.

Nicky continua :

— Et toi, on va savoir.

Marco la fixa.

— Maintenant ?

— Non, mardi matin.

Elle désigna la ligne de départ au loin.

— Oui, maintenant.

— Tu fais chier.

— Beaucoup.

Rico tapa deux fois sur le toit de l'Alfa.

— Bienvenue chez les grands, Maldini.

Marco regarda sa main.

— Retouche ma caisse et je te la coupe.

Rico retira sa main.

— Ah.

Il regarda Nicky.

— Je l'aime bien.

Nicky sourit.

— Moi aussi.

Puis elle regarda Marco.

— Va te placer.

Six voitures.

Six pilotes.

Et une très mauvaise idée.

Marco s'arrêta sur la ligne.

À sa gauche, Rico et sa RX-7 jaune.

À côté, une Honda S2000 rouge.

Au volant, Tasha Brooks.

Vingt-deux ans.

Tresses longues.

Petit sourire de prédatrice.

Elle baissa sa vitre.

Regarda l'Alfa.

— C'est avec ça que tu cours ?

Marco tourna la tête.

— Ouais.

Tasha se pencha pour apercevoir Nicky derrière les barrières.

— Foster !

Nicky leva les yeux.

— T'as perdu un pari ?

Des rires éclatèrent autour de la ligne.

Marco regarda Tasha.

Il ouvrit la bouche.

Puis s'arrêta.

Une voix lui revint.

Nicky.

Quelques semaines auparavant.

Au garage.

Si quelqu'un essaie de t'énerver avant même que tu conduises, laisse-le parler.

Marco lui avait demandé pourquoi.

Parce que s'il arrive à rentrer dans ta tête avant de rentrer dans sa caisse, il conduit déjà la tienne.

Marco regarda devant lui.

Tasha attendit.

— Alors ?

Il baissa sa vitre.

Elle sourit, certaine d'avoir gagné.

Marco répondit simplement :

— Non.

Et remonta la vitre.

Tasha resta une seconde à regarder le verre.

Nicky eut un petit sourire.

Vale le vit.

— Quoi ?

— Rien.

Les trois autres concurrents complétaient la ligne.

Mina Tran dans une Mitsubishi Eclipse GSX violette.

Calme.

Cheveux attachés.

Regard fixe.

Malik « Grind » Hayes dans une Mustang SVT Cobra noire, bras gros comme les cuisses de Marco.

Et Tyler Morgan.

Surnom : Crash.

Corvette C5 Z06 argentée.

Marco avait demandé pourquoi on l'appelait Crash.

Rico avait répondu :

— Tu verras.

Ce qui n'était pas particulièrement rassurant.

Une fille se plaça devant les voitures.

Bras levés.

Les moteurs montèrent.

Marco serra son volant.

Il regarda son compte-tours.

Respira.

Première.

La fille baissa les bras.

GO.

Mina disparut.

L'Eclipse quatre roues motrices arracha littéralement le départ.

La Mustang bondit.

Corvette.

RX-7.

S2000.

Marco lâcha trop prudemment.

L'Alfa hésita une fraction de seconde.

Puis partit.

Dernier.

Très dernier.

Dex regarda Nicky.

— Voilà.

Nicky croisa les bras.

— Ta gueule.

Premier virage.

Marco voulut récupérer immédiatement.

Mauvaise idée.

Il arriva beaucoup trop vite.

Freina.

L'arrière bougea.

— Putain !

Il corrigea.

La 155 passa à quelques centimètres d'une barrière.

Cinquiante personnes hurlèrent de joie parce que personne parmi elles n'avait payé la voiture.

Au parking, J devint blanc.

— Je vais le tuer.

Nicky ne bougea pas.

— Regarde.

— JE REGARDE MA VOITURE MOURIR.

— C'est sa voiture.

— PLUS POUR LONGTEMPS.

Marco écrasa l'accélérateur.

Devant lui, la Corvette et la S2000 se battaient déjà.

Il chercha immédiatement à revenir.

Puis :

Arrête de conduire la voiture devant toi.

Nicky encore.

Conduis la tienne.

Marco relâcha légèrement.

Respira.

Compte-tours.

Route.

Frein.

Volant.

La 155.

Pas la Corvette.

Pas Rico.

Pas Nicky.

La sienne.

Virage suivant.

Crash entra beaucoup trop fort.

D'où le surnom.

Marco attendit.

La Corvette élargit.

Il plongea à l'intérieur.

Une place.

Cinquième.

— Allez...

Tasha était devant.

Elle le vit revenir dans son rétroviseur.

Sourit.

Puis lui ferma brutalement la porte.

Marco freina.

— Connasse.

Nouvelle tentative.

Même chose.

Elle conduisait désormais contre lui.

Marco allait forcer.

Puis une autre phrase.

Quand deux cons veulent la même porte...

Marco avait ri.

...cherche la fenêtre.

Devant, Tasha et Grind se rapprochaient.

La S2000 voulait l'intérieur.

La Mustang refusait de céder.

Marco vit l'espace à gauche.

Pas assez.

Puis davantage.

Puis suffisamment.

Il ne plongea pas entre eux.

Il passa autour.

Tasha tourna la tête.

— Quoi ?!

L'Alfa ressortit devant elle.

Puis devant Grind.

Troisième.

Sur le parking, Vale commençait à sourire.

Dex aussi.

J non.

J souffrait.

Switch regardait plusieurs flux sur ses écrans.

— Il est troisième.

Nicky :

— Je vois.

— Je donne l'information.

— Donne-en une utile.

— Il est troisième et t'es désagréable.

— Voilà.

Mina menait toujours.

Rico derrière.

Marco troisième.

L'Alfa n'avait aucune raison raisonnable d'être là.

Sur les longues lignes droites, Rico lui reprenait des mètres.

Mina aussi.

Mais chaque fois que la ville se repliait sur elle-même, chaque fois que les rues se resserraient, chaque fois qu'un freinage arrivait...

Marco revenait.

Il observa Rico.

Une fois.

Deux fois.

Rico protégeait toujours l'intérieur.

Marco feinta.

Rico mordit.

Marco resta dehors.

Freina plus tard.

La 155 se plaça.

Rico comprit trop tard.

— Petit fils de...

Marco passa.

Deuxième.

Nicky décroisa les bras.

Mina était devant.

Plus que quelques kilomètres.

Marco n'essaya même plus de la rattraper immédiatement.

Il la regarda.

Pas elle.

Ce qu'elle faisait.

Mina était excellente.

Propre.

Rapide.

Très peu d'erreurs.

Alors Marco arrêta d'attendre une erreur.

Il chercha autre chose.

Dernière succession de rues avant l'avenue menant à l'arrivée.

Mina prit la trajectoire parfaite.

Marco prit la mauvaise.

Volontairement.

Plus large.

Plus longue.

Mais qui lui permettait de ressortir plus vite.

Mina regarda son rétro.

L'Alfa n'était plus là.

Puis elle apparut à sa droite.

— Merde.

Ils sortirent côte à côte.

Mina avait la motricité.

Marco avait déjà lancé la voiture.

Cent mètres.

Cinquante.

Vingt.

Marco passa.

Premier.

Il eut un rire seul dans l'habitacle.

— Putain...

Au parking, Seek & Destroy explosa.

Vale hurla.

Dex leva les bras malgré sa douleur.

J cria :

— OUI !

Puis se reprit immédiatement :

— MAIS PAS TROP VITE !

Nicky, elle, ne cria pas.

Elle regardait.

Petit sourire.

Rico avait eu raison.

Le gamin savait conduire.

Deux phares apparurent derrière Marco.

Très vite.

Il regarda le rétro.

Une Dodge Charger noire.

Puis une deuxième sortit brutalement d'une rue latérale.

Marco fronça les sourcils.

— C'est quoi ça ?

La première Charger arriva sur lui.

Très près.

Trop près.

BOUM.

Elle frappa l'arrière gauche de l'Alfa.

Marco récupéra.

— PUTAIN !

Il regarda.

Aucun sticker.

Aucun numéro.

Vitres teintées.

Rien à foutre là.

La deuxième Charger vint se placer à sa droite.

Marco serra le volant.

— Allez vous faire foutre.

Il freina brutalement.

La Charger dépassa.

Marco plongea derrière elle.

Rico arrivait quelques centaines de mètres plus loin.

Il vit la scène.

Et ralentit.

Ça n'était pas une course.

Marco, lui, continua.

L'arrivée était devant.

La première Charger revint.

Elle tenta de le pousser contre une rangée de voitures garées.

Marco tint.

Tôle contre tôle.

Étincelles.

— Allez... allez...

Il donna un bref coup de volant.

La Charger corrigea.

Marco récupéra l'espace.

La ligne.

Il passa.

Premier.

La foule hurla.

Quelques secondes plus tard, Mina franchit la ligne.

Puis Rico.

Nicky sourit.

— Bon.

Vale :

— Bon quoi ?

— Il sait conduire.

Rico arriva beaucoup trop vite.

Freina.

Sortit presque avant que sa RX-7 soit arrêtée.

— NICKY !

Elle se retourna.

Rico pointa l'avenue.

— Les Charger !

Nicky regarda.

— Quoi ?

— Elles ont pas arrêté !

Au loin :

PAN.

Puis deux autres.

PAN. PAN.

Le sourire disparut.

Switch releva la tête.

— Ça, c'était pas un échappement.

Rico :

— Elles sont sur Marco.

Nicky était déjà en mouvement.

— Vale.

Vale partit.

— Dex.

— Je peux pas me battre.

— J'ai pas demandé.

Dex partit.

— J.

J regarda dans la direction où venait de disparaître son Alfa.

— Je viens.

Nicky se tourna vers Switch.

— Trouve-le.

— Donne-moi trente secondes.

— T'en as dix.

— Pourquoi tu me demandes des délais si tu t'en fous de la réponse ?

Mais Nicky était déjà partie.

La vitre arrière de l'Alfa explosa.

Marco baissa la tête.

— PUTAIN !

Un autre impact dans le coffre.

Puis l'aile.

Ils tiraient.

Pas sur lui.

Sur la voiture.

Il le comprit.

Et ça ne le rassura absolument pas.

Une Charger le dépassa.

Marco vira dans une rue secondaire.

La Charger rata l'entrée.

La deuxième suivit.

Il passa entre deux camions.

Freina.

Tourna.

Accéléra.

Le moteur gueulait.

Une balle traversa le feu arrière.

— J va me tuer...

Une autre frappe la carrosserie.

Marco regarda le trou.

— Vous d'abord.

Switch avait trois écrans devant lui.

Puis quatre.

Caméra municipale.

Rien.

Parking.

Rien.

Flux trafic.

Une Charger.

— Je les ai.

Téléphone à l'oreille.

Nicky roulait vite.

Très vite.

— Où ?

— South Columbus.

— Direction ?

— Attends.

— SWITCH.

— Si tu veux inventer la réponse, fais-le toi-même.

Un flux disparut.

Un autre apparut.

Téléphone portable.

Une fille filmait la rue depuis une station-service.

Une Alfa grise traversa l'image comme un projectile.

Deux Charger derrière.

Switch sourit.

— Retrouvé.

— Où ?

Il lui donna la rue.

Nicky bifurqua.

Vale derrière.

Dex.

J.

Quatre voitures.

Une seule direction.

Marco vit les entrepôts.

Zone industrielle.

Moins de circulation.

Rues plus étroites.

Parfait.

Les Charger étaient trop lourdes.

Il pourrait les perdre.

Il tourna.

Puis encore.

Une Charger frotta un mur.

Marco sourit.

— Voilà.

Une autre balle.

Il baissa la tête.

Tourna encore.

Entrepôt.

Grillage.

Containers.

Il connaissait vaguement le secteur.

Vaguement était le problème.

Il prit à droite.

Accéléra.

Puis vit le mur.

— Oh non.

Impasse.

Il freina.

Marche arrière.

Trop tard.

Une Charger bloquait déjà la sortie.

La seconde arriva.

Portières.

Hommes.

Marco inspira.

— Bon.

Il ouvrit sa portière.

Lorsque Nicky arriva, il n'y avait plus de bruit.

Seulement les moteurs des Charger.

Et l'Alfa.

Elle la vit immédiatement.

Portière ouverte.

Vitre arrière inexistante.

Impacts partout.

J arriva derrière elle.

Freina.

Regarda sa voiture.

— Oh...

Nicky sortit.

— Pas maintenant.

Huit hommes.

Marco était au sol.

Deux le relevaient.

Inconscient.

L'un passa son bras sous ses épaules.

Ils l'emmenaient vers une Charger.

— Hé.

Les huit se retournèrent.

Nicky avançait.

Seule.

Vale sortit derrière elle.

Dex également, une main contre ses côtes.

J resta près des voitures.

Un homme sortit un pistolet.

— Dégage.

Nicky s'arrêta.

Regarda l'arme.

Puis les huit hommes.

Puis Marco.

Puis de nouveau l'arme.

Elle éclata de rire.

Le type fronça les sourcils.

— Qu'est-ce qui te fait rire ?

— Vous.

Elle désigna Marco.

— Vous êtes huit.

Personne ne répondit.

— Huit mecs pour embarquer un gamin de dix-sept ans.

Elle regarda le flingue.

— Et maintenant vous sortez ça contre moi ?

— Dégage.

— Sérieusement ?

Nicky ouvrit légèrement les bras.

— Vous vous prenez pour des cow-boys ?

Un autre homme s'avança.

— Dernière fois.

Nicky sourit.

— Rangez vos flingues.

Silence.

Le premier eut presque un rire.

— Quoi ?

— Range-les.

Elle fit encore quelques pas.

— Vous avez pas peur d'une fille, j'espère ?

Vale murmura :

— Nicky...

Nicky ne la regarda pas.

Le premier homme rangea finalement son arme.

— Tu veux vraiment ça ?

Nicky retira ses lunettes.

Les tendit derrière elle.

J les prit.

Puis elle enleva sa veste.

J prit également la veste.

— Quoi ?

J regarda les huit.

— Rien.

Dex sourit.

Vale le regarda.

— Quoi ?

Dex connaissait Damon Foster.

Il connaissait les salles.

Il connaissait surtout Nicky.

— Ils auraient dû garder les flingues.

Le premier homme arriva.

Nicky ne recula pas.

Jab.

Il leva les mains.

Exactement ce qu'elle voulait.

Droite au corps.

Low kick extérieur.

Sa jambe plia.

Clinch.

Genou.

Le bruit fut sec.

Il tomba.

Le deuxième était déjà là.

Crochet.

Nicky passa dessous.

Bras autour des hanches.

Elle entra.

Le type décolla.

Bitume.

Elle descendit avec lui.

Une frappe.

Deux.

Elle se releva avant que le troisième ne puisse lui tomber dessus.

Il la toucha quand même.

Une droite.

Pleine bouche.

Nicky recula de deux pas.

Du sang apparut sur sa lèvre.

Elle passa sa langue dessus.

Regarda le type.

— Ah.

Il hésita.

Nicky sourit.

— Toi, t'étais presque intéressant.

Elle entra.

Jab.

Cross.

Crochet au foie.

Le type se replia.

Genou.

Il s'écroula.

Le quatrième l'attrapa derrière.

Nicky baissa immédiatement son centre de gravité.

Chercha ses mains.

Cassa la prise.

Hanche.

Projection.

Il heurta le sol.

Le cinquième arriva pendant qu'elle se relevait.

Cette fois elle prit le coup.

Dans les côtes.

Fort.

L'air disparut.

Nicky recula contre un grillage.

Il fonça.

Elle resta là.

Dernière seconde.

Décalage.

Il frappa le grillage.

Nicky passa derrière.

Bras autour du cou.

Elle verrouilla.

Il se débattit.

Quelques secondes.

Ses jambes cédèrent.

Elle le lâcha.

Vale ne disait plus rien.

J non plus.

Dex regardait.

Nicky respirait maintenant plus fort.

Cinq.

Trois encore.

Les trois comprirent enfin qu'ils avaient fait une erreur.

Ils avancèrent ensemble.

Cette fois, aucune attente.

Le premier la frappa.

Elle bloqua mal.

Deuxième coup.

Arcade.

Elle répondit immédiatement.

Coude court.

Le type recula.

Un autre lui prit les jambes.

Nicky tomba.

Le troisième voulut la frapper au sol.

Elle roula.

Le coup manqua son visage.

Nicky attrapa une jambe.

Tira.

Il tomba.

Elle se releva avec lui.

Genou dans le ventre.

Le dernier l'attrapa.

Ils heurtèrent le grillage.

Nicky travailla dans le clinch.

Pas d'espace.

Pas besoin.

Épaule.

Genou.

Coude.

Le type tenta de sortir.

Elle le ramena.

Encore un genou.

Il s'affaissa.

Derrière elle, un des premiers hommes bougea.

Sa main descendit vers son arme.

Nicky le vit.

Elle marcha sur son poignet.

Il cria.

Elle regarda sa main.

Puis lui.

— On avait dit sans les jouets.

Genou.

Terminé.

Silence.

Huit hommes.

Au sol.

Nicky resta immobile quelques secondes.

Respiration lourde.

Lèvre ouverte.

Arcade fendue.

Côtes douloureuses.

Ses mains tremblaient légèrement.

Adrénaline.

Vale la regardait.

— Putain...

Dex hocha la tête.

— Ouais.

Vale se tourna vers lui.

— Arrête avec « ouais » !

Dex désigna Nicky.

— Me rappelle vaguement une baston contre l'équipe de football us du Lycée ça.

Ça suffisait.

Nicky, elle, n'écoutait déjà plus.

Elle alla vers Marco.

Tomba à genoux.

— Marco.

Rien.

Elle lui toucha la joue.

— Hé.

Rien.

Son visage changea.

— Marco.

Il bougea.

À peine.

Nicky expira.

— Allez, petit con.

Un œil s'ouvrit.

Marco grimaça.

— Nicky ?

— Non. Madonna.

Il essaya de se redresser.

— Bouge pas.

Marco regarda autour de lui.

Les hommes au sol.

Puis Nicky.

Puis encore les hommes.

— C'est toi ?

— Non. Ils sont tombés.

Il ferma les yeux.

Quelques secondes.

Puis :

— J'ai gagné ?

Nicky resta interdite.

Vale éclata de rire derrière elle.

Même Dex.

Nicky secoua la tête.

— Ouais.

Marco sourit faiblement.

— J'avais dit que j'étais prêt.

Nicky le regarda.

— Non.

Il rouvrit un œil.

— Quoi ?

— T'étais pas prêt.

Elle passa un bras derrière sa nuque.

— Mais t'as gagné.

Marco réfléchit.

Manifestement trop douloureux.

— C'est débile comme phrase.

— Je sais.

— Ça vient de toi ?

Nicky eut un léger sourire.

— Malheureusement.

Dex fouillait déjà une des Charger.

Vale surveillait les hommes.

J, lui, s'était approché de l'Alfa.

Il ne disait rien.

Ce qui était beaucoup plus inquiétant.

Nicky le remarqua.

— J ?

Aucune réponse.

Marco tourna difficilement la tête.

— Elle va bien ?

J ferma les yeux.

— Ne me parle pas.

— J...

— Non.

— Mais...

— Non.

Marco se tut.

Dex ouvrit la boîte à gants de la Charger.

Rien.

Puis regarda entre les sièges.

Un téléphone.

Deux plaques temporaires.

Des serre-câbles.

Une seringue emballée.

Du ruban.

Pas une exécution.

Un enlèvement.

Il regarda Nicky.

— Foster.

Elle releva les yeux.

Dex lui montra le matériel.

Le sourire disparut.

Nicky regarda Marco.

Puis les huit hommes.

L'un d'eux était conscient.

À peine.

Elle se releva.

Marcha jusqu'à lui.

S'accroupit.

— Qui vous envoie ?

Il cracha du sang sur le côté.

Nicky attendit.

— Je vais pas répéter.

Le type la regarda.

Puis Marco.

— Vous savez pas dans quoi vous venez de foutre les pieds.

Nicky sourit.

— Ça tombe bien.

Elle désigna ses sept collègues au sol.

— Vous non plus.

Le type ne répondit pas.

Dex sortit alors quelque chose de la poche intérieure d'une veste trouvée dans la Charger.

Une carte.

Pas de logo spectaculaire.

Pas de société secrète.

Un nom.

BELLANDI LOGISTICS.

Nicky la prit.

Marco vit le nom.

Et cette fois son visage changea.

Nicky le remarqua immédiatement.

— Tu connais ?

Marco ne répondit pas.

— Marco.

Il regarda la carte.

— Ouais.

— Qui ?

Long silence.

— Bellandi.

Nicky attendit la suite.

Marco avala difficilement.

— Mon père va être ravi.


Vingt minutes plus tard.

Sirènes au loin.

Pas encore proches.

Ils devaient partir.

Marco réussit à tenir debout avec Vale.

Nicky récupéra ses lunettes auprès de J.

Puis sa veste.

Elle regarda l'Alfa.

Criblée d'impacts.

Vitre arrière explosée.

Aile froissée.

Pare-chocs pendant.

Marco observa J.

— J...

J leva immédiatement un doigt.

— Non.

— Je voulais juste...

— Non.

— Elle roule encore.

J tourna lentement la tête vers lui.

— C'est censé me rassurer ?

Marco regarda Nicky.

Appel au secours.

Mauvais choix.

Nicky contempla la 155.

— Franchement, ça se répare.

J se retourna vers elle.

— TOI AUSSI FERME TA GUEULE.

Vale éclata de rire.

Dex également.

Même Marco.

Nicky leva les mains.

— Je disais ça pour aider.

— AIDE PLUS.

Switch crépita dans le téléphone de Nicky.

— Vous avez Marco ?

Nicky regarda le gamin.

En sang.

Debout.

À côté de son Alfa massacrée.

Une carte Bellandi dans sa main.

— Ouais.

— Et ?

Nicky regarda les huit hommes au sol.

Puis ses propres jointures.

— Il a gagné.

Marco sourit.

Nicky ouvrit la portière de sa voiture.

— Maintenant, faut comprendre ce qu'il a gagné.

Elle monta.

Au loin, les sirènes se rapprochaient.


💬 Commentaires 1

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Lana • 2 semaines, 6 jours
Ça c'est du fight, Nicky. Une vraie machine de guerre.
Bravo.
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