SAISON 2 - Episode 1 -CONTINUE ? YES.
PHILADELPHIE - 08:17
Le GPS venait de lui mentir.
Nicky en était absolument certaine.
Elle avait quitté les grandes avenues depuis presque vingt minutes, traversé deux zones industrielles dont même les rats semblaient avoir abandonné le bail, longé des réservoirs, passé sous une voie ferrée condamnée et roulé sur suffisamment de nids-de-poule pour remettre en question plusieurs choix fondamentaux de sa vie.
Devant elle, il n'y avait rien.
Enfin si.
Du béton.
Beaucoup de béton.
Un immense canal de dérivation, construit à une époque où les ingénieurs semblaient considérer qu'une infrastructure réussie devait pouvoir survivre simultanément à une crue, une guerre mondiale et la disparition de l'espèce humaine.
À gauche, une grille métallique.
À droite, des herbes hautes.
Devant, un mur.
Le GPS annonça joyeusement :
Vous êtes arrivé à votre destination.
Nicky resta les deux mains sur le volant de la Supra.
— Non.
Le GPS ne se démonta pas.
Vous êtes arrivé.
— Je viens de te dire non.
Silence.
Nicky prit son téléphone.
NICKY :
Y a rien.
Trois secondes.
MANU :
Si.
Elle regarda autour d'elle.
NICKY :
Y a du béton.
MANU :
Oui.
NICKY :
Et une grille.
MANU :
Oui.
NICKY :
Elle est fermée.
La réponse mit quelques secondes.
MANU :
C'est généralement le principe.
Nicky ferma les yeux.
— Connard.
Elle appela.
Refusé.
Elle rappela.
Refusé.
Un message apparut.
MANU :
Cherche.
— Cherche quoi ?
Rien.
— Emmanuel.
Rien.
— Putain...
Elle sortit de la Supra.
La grille était vieille.
Pas abandonnée.
Vieille.
Nicky commença à comprendre la différence en s'approchant.
La végétation avait poussé autour, mais le cadenas n'était pas rouillé. Quelqu'un l'avait graissé récemment.
Elle regarda derrière elle.
Le canal.
Les piliers.
Une ancienne armoire électrique.
Des tuyaux.
Des plaques métalliques.
Elle fouilla pendant dix minutes.
Sous une pierre.
Dans l'armoire.
Derrière un panneau.
Sous une vieille boîte métallique.
Rien.
Elle revint à la Supra.
Téléphone.
NICKY :
Un indice.
MANU :
Non.
— Je te déteste.
Elle rangea le téléphone.
Puis s'arrêta.
Regarda la grille.
Le cadenas.
L'ancienne signalétique pratiquement effacée sur le pilier.
Elle s'approcha.
Une petite plaque métallique pendait de travers.
Nicky la souleva.
Une clé.
Elle resta immobile.
— Sérieusement ?
Elle regarda autour d'elle comme si Emmanuel pouvait être quelque part sur un toit.
Personne.
Elle ouvrit.
08:46
La Supra descendit lentement.
Les pneus quittèrent l'asphalte pour le béton humide.
Les murs montèrent progressivement autour d'elle.
Puis le ciel disparut.
Nicky alluma les phares.
Un tunnel.
Elle passa une première ancienne voie de maintenance, puis une seconde grille déjà ouverte.
Quelques graffitis.
Une vieille inscription.
P.R.T. - 1934
Elle ralentit.
— Mais où tu m'envoies...
La route plongeait encore.
Des rails apparurent.
Puis un quai.
Nicky arrêta la Supra.
Devant elle se dressait une énorme porte industrielle.
Elle sortit.
Même clé.
— Bien sûr.
Le mécanisme résista.
Elle força.
Un claquement métallique résonna dans tout le tunnel.
La porte s'entrouvrit.
Noir.
Nicky passa la tête.
— Bonjour ?
Sa voix revint plusieurs fois.
Bonjour... jour... jour...
— Super.
Elle entra.
Sa main trouva un vieux tableau.
Un interrupteur.
CLAC.
Rien.
— Évidemment.
Elle essaya celui d'à côté.
CLAC.
Quelque part, un transformateur se réveilla avec un grondement inquiétant.
Un néon clignota.
Puis un deuxième.
Un troisième.
Une ligne entière s'alluma.
Et Nicky ne bougea plus.
— Oh...
La lumière progressait dans l'obscurité.
Quai après quai.
Pilier après pilier.
Jusqu'à révéler l'immensité.
Une ancienne station ferroviaire souterraine.
Pas une station de métro.
Une vraie gare industrielle.
Deux quais.
Plusieurs voies.
Des locaux techniques.
Des escaliers.
Des passerelles.
Des ateliers creusés derrière les quais.
Et sur une voie secondaire...
un train.
Un véritable train des années trente.
Locomotive sombre, wagons poussiéreux, plaques de cuivre ternies.
Nicky avança lentement.
— Putain.
Sous une immense bâche : un pont élévateur.
Sous une autre : un tour.
Compresseurs.
Établis.
Armoires.
Postes de soudure.
Outillage.
Des caisses empilées.
Certaines anciennes.
D'autres beaucoup moins.
Elle en ouvrit une.
Radios.
Une autre.
Électronique.
Une troisième.
Elle souleva le couvercle.
S'arrêta.
Regarda le contenu.
Referma.
— Non.
Elle continua.
Au milieu de ce mausolée industriel, sur une table parfaitement propre :
un ordinateur portable avec un post-it : Ouvres-moi !
Nicky le regarda.
— Ah.
L'écran s'alluma tout seul.
INCOMING CALL
— Bien sûr.
Elle accepta.
Le contraste fut violent.
Soleil.
Piscine.
Palmiers.
Une villa.
Un type bronzé, lunettes de soleil, chemise ouverte, tranquillement installé avec une caïpirinha.
Une femme passa derrière lui.
Puis une deuxième.
L'homme regarda l'écran.
Sourit.
— Mademoiselle Foster.
Nicky croisa les bras.
— Oui.
Il leva son verre.
— Enfin, je vous rencontre.
— Vous êtes qui ?
— Joe.
— Joe qui ?
— Joe.
— Ça m'aide énormément.
— Je sais.
Nicky regarda derrière elle.
— C'est à vous ?
Joe regarda l'image de la Gare.
Il sembla réfléchir sérieusement.
— La gare ?
— Oui.
— Non.
— Le matériel ?
— Une partie.
— Quelle partie ?
— Je sais plus.
Nicky plissa les yeux.
Joe but une gorgée.
— Ça fait longtemps.
— Emmanuel m'a envoyé ici.
Joe eut immédiatement l'expression d'un homme à qui l'on venait de rappeler une dette fiscale.
— Emmanuel...
— Vous le connaissez.
— Malheureusement.
— Depuis combien de temps ?
— Malheureusement longtemps.
— Il faisait quoi avec vous ?
— Malheureusement beaucoup trop de choses.
Nicky approcha son visage de l'écran.
— Vous allez répondre normalement à une seule de mes questions ?
Joe réfléchit.
— Probablement pas.
— Parfait.
Elle désigna la Gare.
— Pourquoi je suis là ?
— Parce que t'as plus de garage.
— Ça, j'avais remarqué.
— Alors tu progresses.
Nicky souffla.
— Et je fais quoi de ça ?
Joe haussa les épaules.
— Ce que tu veux, Barbie.
Silence.
— Quoi ?
Joe sourit.
— Bon courage.
— Attendez. Pourquoi vous m'avez appelée...
CALL ENDED
Nicky fixa l'écran noir.
— ...
Elle reprit son téléphone.
NICKY :
Il vient de m'appeler Barbie.
Pas de réponse.
Elle tapa :
Vous êtes vraiment tous des connards.
Elle attendit.
Rien.
Puis :
MANU :
Probablement.
Nicky leva lentement son majeur vers le plafond.
10:23
Le bruit de l'Alfa arriva avant l'Alfa.
Nicky l'entendit descendre le tunnel.
Elle attendait sur le quai, assise sur le capot de la Supra.
La 155 apparut enfin.
Marco conduisait.
J à côté.
Vale, Switch et Dex s'étaient tassés derrière avec une dignité toute relative.
La voiture s'arrêta.
Les portes s'ouvrirent.
Dex sortit le premier.
— Plus jamais.
Marco :
— Quoi ?
— Trois derrière dans une Alfa, c'est interdit par la Convention de Genève.
J avait déjà oublié tout le monde.
Il regardait autour de lui.
Une fois.
Deux fois.
Puis il marcha vers l'atelier.
Nicky sourit.
— Bonjour à toi aussi.
Aucune réponse.
Vale leva les yeux vers les plafonds.
— C'est quoi cet endroit ?
— Apparemment notre nouveau garage.
Switch se retourna.
— Apparemment ?
— J'ai arrêté de poser des questions.
— À qui ?
— Joe.
— Qui est Joe ?
Nicky désigna le laptop.
— Vous allez l'adorer.
Depuis l'atelier :
— NICKY !
Elle ferma les yeux.
— Voilà.
Ils rejoignirent J.
Il se tenait devant un énorme équipement couvert à moitié par une bâche.
— Tu sais ce que c'est ?
— Non.
— Tu sais combien ça coûte ?
— Non.
— Tu sais ce que ça fait ici ?
— Non.
J la regarda.
— Donc tu sais quoi ?
— Que tu vas me casser les couilles pendant approximativement les trois prochaines heures.
J tira complètement la bâche.
— Probablement plus.
Le laptop sonna derrière eux.
Nicky :
— Oh non.
Dex :
— C'est lui ?
— Oui.
Nicky posa l'ordinateur sur un vieux chariot et accepta.
Joe apparut.
Toujours au même endroit.
Toujours avec son verre.
Il regarda les six visages.
Son sourire s'élargit.
— Ah ! Bonjour les enfants ! Comment vous allez les petits ? Vous avez fait vos devoirs ?
Silence général.
Dex se pencha vers Nicky.
— C'est qui ce mec ?
Joe l'entendit.
— Et toi, t'es lequel ?
— Dex.
Joe l'observa.
— Ah.
— Quoi, ah ?
— Toi, je t'aime déjà.
Dex sourit.
— Moi aussi.
Nicky regarda sa montre.
— Treize secondes.
— Record personnel, dit Vale.
J attrapa le laptop.
— C'est à vous, ça ?
Joe regarda la machine derrière lui.
— Ah.
J attendit.
— Ah quoi ?
— Elle est toujours là.
— Oui, elle est toujours là. C'est quoi ?
Joe fronça les sourcils.
— Attends, retourne-toi.
J se retourna.
— Non, l'autre côté.
Il pivota.
— Non. Ton autre gauche.
J regarda l'écran.
— J'en ai qu'une.
— Ah oui.
J resta silencieux.
Joe sourit.
— Mon petit Coréen préféré.
— On se connaît ?
— Maintenant oui.
— Je vais couper.
— Attends, petit Coréen. Regarde derrière le compresseur.
J hésita.
Puis alla voir.
Il trouva une armoire.
L'ouvrit.
Son expression changea immédiatement.
Pièces.
Outillage spécialisé.
Matériel de précision.
J en prit une.
L'examina.
Puis regarda Joe.
— Vous avez monté ça ici ?
— Une partie.
— Vous ?
Joe haussa les épaules.
— Avec des copains.
J regarda de nouveau l'atelier.
Son ton avait changé.
— Pourquoi cette alimentation est séparée du réseau principal ?
Joe répondit immédiatement.
— Parce que le pic de charge te ferait sauter toute la section nord.
J resta silencieux.
Pour la première fois, il regardait Joe autrement.
Joe leva son verre.
— Voilà. Maintenant tu peux recommencer à m'insulter.
J reposa la pièce.
— Plus tard.
— Je savais qu'on allait s'entendre.
Switch avait disparu.
— Euh...
Tout le monde se retourna.
Il était devant une caisse ouverte.
— Joe ?
— Oui ?
— Vous pouvez regarder ça ?
Nicky :
— Qu'est-ce que t'as trouvé ?
Switch sortit lentement un module électronique.
Joe approcha son visage de la caméra.
— Oh putain.
Switch se figea.
— Quoi, oh putain ?
— Je pensais pas que c'était encore là.
— Qu'est-ce que c'est ?
Joe prit une gorgée.
— Tu veux la réponse légale ou technique ?
Switch répondit immédiatement :
— Technique.
Nicky :
— Légale.
— Technique.
— LÉGALE.
Joe regarda Switch.
— J'aime bien ce petit aussi.
— JOE.
— Range-le pour l'instant, Harry Potter.
Switch regarda l'appareil.
— Pourquoi Harry Potter ?
— T'as une tête à faire des trucs que personne comprend avec tes doigts.
Dex :
— C'est assez précis.
Switch :
— Va te faire foutre.
Vale ouvrait une armoire métallique.
Joe l'aperçut.
— Et toi ?
Elle se retourna.
— Vale.
— Mexicana ?
— Mexican-American.
— Mexicana.
— Non.
— D'accord, La Jefa.
Vale le fixa.
— M'appelle pas comme ça.
— D'accord, La Jefa.
— Je suis sérieuse.
— Moi aussi.
Elle sortit une petite caméra de l'armoire.
Puis une autre.
Un émetteur.
Un lot de micros.
Elle leva les yeux.
— C'était à vous aussi ?
— Peut-être.
— Vous faisiez quoi exactement ?
Joe but.
— Construction.
Vale regarda les micros.
Puis Joe.
Puis les micros.
— Vous construisiez quoi ?
— Des trucs.
— Quels trucs ?
— Des trucs qui avaient besoin de micros.
Vale posa lentement le matériel.
— Je sens que je vais détester cet endroit.
Joe :
— Tu vas l'adorer, La Jefa.
Elle lui fit un doigt.
Joe leva son verre.
— Elle m'aime bien.
Dex avait trouvé une caisse noire.
DO NOT OPEN.
Il posa la main dessus.
Nicky, sans même se retourner :
— Non.
Dex retira la main.
— J'ai rien fait.
— Tu pensais à faire quelque chose.
— Ça compte pas.
Joe :
— Ouvre.
Nicky se retourna.
— Non.
Dex :
— Joe a dit oui.
— Je m'en fous.
— Techniquement, c'est chez lui.
Joe :
— Techniquement, non.
Dex :
— Ça devient compliqué.
Nicky :
— PERSONNE N'OUVRE LA CAISSE.
Dex regarda Joe.
Joe regarda Dex.
Très lentement, Joe leva son pouce.
Dex sourit.
— Tonton Joe.
Nicky :
— Oh putain, non.
Joe posa une main sur son cœur.
— Mon neveu.
— VOUS VOUS CONNAISSEZ DEPUIS TROIS MINUTES !
Marco, lui, n'écoutait plus.
Il était sur le quai.
Devant le train.
Il passa la main sur la carrosserie sombre de la locomotive.
Joe le remarqua.
— Petit Maldini.
Marco se retourna.
Le sourire disparut.
— Comment vous connaissez mon nom ?
Joe se tut.
Nicky aussi.
Marco revint vers l'écran.
— Je vous ai jamais rencontré.
— Non.
— Alors comment vous savez qui je suis ?
Joe prit tranquillement sa caïpirinha.
Nicky s'approcha.
— Ouais.
Elle posa les mains sur le chariot.
— Ça m'intéresse aussi.
Joe regarda Marco.
Puis Nicky.
Puis son verre.
— C'est écrit sur ton dossier.
Silence.
Marco :
— Quel dossier ?
Joe :
— Ah.
Nicky :
— Quel dossier ?
Joe regarda hors champ.
— Oh, merde.
— Quoi ?
— La batterie.
Nicky regarda le petit symbole sur l'écran.
— Vous êtes à quatre-vingt-douze pour cent.
Joe :
— Batterie brésilienne.
— JOE.
— Très instable.
— JOE !
— À bientôt, les enfants.
CALL ENDED
Nicky resta devant l'écran.
Vale :
— Je l'aime bien.
Nicky tourna la tête.
— Ferme ta gueule.
Dex :
— Moi aussi.
— TOI SURTOUT.
13:41
Ils explorèrent.
Pendant des heures.
Et l'enthousiasme diminua progressivement.
Parce que la Gare était extraordinaire.
Mais la Gare était également une gigantesque merde.
Une partie du réseau électrique était morte.
Deux salles avaient pris l'eau.
Une canalisation fuyait.
Une porte refusait de s'ouvrir.
Un des quatre ponts fonctionnait.
Le deuxième montait de vingt centimètres puis faisait un bruit qui donnait envie de rédiger son testament.
Le troisième n'était même pas branché.
Le quatrième...
J avait simplement dit :
— Personne touche.
Ce qui, dans le langage de J, signifiait probablement explosion.
Switch trouva une ancienne salle technique suffisamment grande pour devenir son espace.
Vale trouva deux accès secondaires vers l'extérieur.
Dex trouva des toilettes.
Il revint cinq minutes plus tard.
— Les toilettes marchent.
Tout le monde s'arrêta.
J :
— Sérieux ?
— Ouais.
Nicky :
— Putain, enfin une victoire.
Marco :
— Y a du papier ?
Dex :
— Faut pas déconner non plus.
Ils réussirent finalement à remettre une deuxième ligne électrique.
J était au tableau.
Switch au fond du tunnel.
Nicky tenait une lampe.
— Maintenant.
Switch cria :
— MAINTENANT QUOI ?
— LE DISJONCTEUR !
— LEQUEL ?
J ferma les yeux.
— Celui que je t'ai montré !
— Y EN A TRENTE-SEPT !
— CELUI AVEC LE SCOTCH !
— ILS ONT TOUS DU SCOTCH !
J regarda Nicky.
— Je vais le tuer.
Nicky :
— Attends qu'on ait récupéré ses données.
CLAC.
Tout s'éteignit.
Noir complet.
Silence.
Dex :
— Bravo.
Switch, quelque part :
— Va te faire foutre.
Puis :
CLONG.
Très loin.
Tout le monde se tut.
Marco :
— C'était quoi ?
Nicky alluma la lampe.
— J ?
— Pas moi.
Dex :
— Switch ?
— Je suis à cinquante mètres de vous, comment ça pourrait être moi ?
Vale :
— Ça venait du tunnel.
Ils regardèrent tous dans la même direction.
Nicky prit la lampe.
— Génial.
Ils suivirent une galerie de maintenance.
Eau jusqu'aux chevilles.
Vieilles conduites.
Une passerelle métallique.
Dex passa.
Elle gémit.
— Les gars...
J :
— Continue.
— Elle bouge.
— Toi aussi.
— J, je fais cent dix kilos.
— Ça, c'est ton problème.
La passerelle craqua.
Dex bondit de l'autre côté.
Une partie céda derrière lui.
— PUTAIN !
Marco éclata de rire.
Dex :
— C'est marrant ?
— Un peu.
— Viens ici.
Marco recula immédiatement.
— Ça va.
Au bout du tunnel, ils trouvèrent l'origine du bruit.
Une ancienne vanne de sécurité s'était libérée lorsque Switch avait remis le circuit sous tension.
L'eau montait lentement dans une conduite secondaire.
J examina le système.
— Faut la fermer.
Dex :
— Avec quoi ?
J regarda l'énorme volant rouillé.
Puis Dex.
Dex :
— Ah.
Vale :
— Enfin ta spécialité.
— Pourquoi tout le monde pense que ma spécialité c'est pousser des trucs ?
Nicky :
— Pousse.
Dex attrapa le volant.
— Je vous déteste.
À quatre, ils réussirent à le tourner.
L'eau s'arrêta.
Petit silence.
Puis Marco :
— On vient de sauver notre garage ?
Nicky regarda autour d'elle.
— Apparemment.
Dex :
— Première journée et il essaye déjà de nous tuer.
Vale :
— Ça ressemble effectivement à un truc d'Emmanuel.
18:52
Ils étaient sales.
Trempés.
Crevés.
Mais une partie de la Gare était éclairée.
J actionna un interrupteur.
Un moteur électrique se mit à tourner.
Le premier pont descendit.
Puis remonta.
Correctement.
Tout le monde regarda.
J sourit.
— Celui-là marche.
Dex applaudit.
Switch aussi.
J :
— Arrêtez.
Ils applaudirent plus fort.
— Bande de cons.
Nicky regarda autour d'elle.
Les néons.
L'atelier.
Le train.
Les caisses.
Le matériel.
Les espaces immenses.
Pendant quelques secondes, ça ressemblait presque à une victoire.
Puis son regard tomba sur le parking improvisé.
La Supra noire.
L'Alfa grise.
Rien d'autre.
Vale le vit aussi.
Son sourire disparut.
La Porsche n'était plus là.
Switch regarda l'espace où aurait pu se trouver sa GT-R.
Dex ne dit rien.
Sa Viper était devenue un tas de métal brûlé.
J contempla son atelier gigantesque.
Puis la petite boîte à outils noircie qu'il avait sauvée de l'ancien garage.
Marco s'assit sur le capot de l'Alfa.
Le silence dura.
Dex finit par compter sur ses doigts.
— Donc...
Vale :
— Ne dis rien.
— On est six.
— Dex.
— Et on a deux voitures.
J :
— Merci, Stephen Hawking.
— Je faisais juste le bilan.
Switch s'installa devant un ordinateur qu'il venait de brancher.
Nicky le regarda.
— Tu fais quoi ?
— Rien.
— Switch.
— Je regarde.
Nicky s'arrêta.
Le mot resta une seconde.
Elle ne dit rien.
Switch tapait.
Forums.
Messages.
Réseaux clandestins.
Calendriers.
Photos.
Courses.
Mises.
Voitures.
Marco vint derrière lui.
— Ça court quand ?
Switch continua.
— Tous les soirs si tu sais où regarder.
Vale s'approcha.
— Et les mises ?
— Argent.
Nouvelle fenêtre.
— Pièces.
Une autre.
— Caisses.
J leva immédiatement la tête.
— Non.
Nicky n'avait encore rien dit.
— Quoi, non ?
J pointa un doigt vers elle.
— Cette tête.
— Quelle tête ?
— Celle-là.
— Je fais rien.
— Tu vas faire une connerie.
Nicky regarda l'écran.
Une photographie venait de s'afficher.
Des voitures alignées sous les lumières d'un parking clandestin.
Marco sourit.
— Il nous en manque quatre.
J :
— Toi aussi, ferme ta gueule.
Dex regarda Nicky.
— On fait quoi ?
Nicky resta quelques secondes devant l'écran.
Puis regarda la Supra.
L'Alfa.
Les quatre espaces vides.
Et enfin son crew.
Un sourire apparut lentement.
J secoua déjà la tête.
— Nicky...
Elle attrapa ses clés.
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