SAISON 2 - Épisode 2 - PRESS START
PHILADELPHIE - 19:07
LA GARE
— Nicky...
Elle avait déjà les clés de la Supra dans la main.
— Quoi ?
J la regardait depuis le pont élévateur qu'il venait de réussir à remettre en service.
— Repose ça.
— Pourquoi ?
— Parce que chaque fois que tu prends des clés avec cette tête-là, quelqu'un appelle son assurance.
Marco attrapa les siennes sur l'établi.
J tourna immédiatement la tête.
— Toi aussi.
Marco s'immobilisa.
— Quoi, moi aussi ?
— Repose.
Nicky enfila sa veste.
— Détends-toi. On va juste regarder.
Silence.
Vale, assise sur une caisse, leva lentement les yeux.
— C'est exactement ce qu'elle avait dit avant Bellandi.
Nicky réfléchit.
— Ouais.
Elle ouvrit la portière de la Supra.
— Bon. Cette fois on va regarder plus vite.
— NICKY !
Le moteur démarra.
Marco courut vers l'Alfa.
— Attends-moi !
— MARCO !
Deux moteurs remontèrent le tunnel.
J resta au milieu de la Gare.
Seul.
Il regarda Dex.
Puis Switch.
Puis Vale.
— Pourquoi personne les arrête ?
Dex haussa les épaules.
— Moi j'aime bien voir ce qui se passe après.
20:16
PHILADELPHIE — NORTHERN LIBERTIES
La première adresse n'était pas l'adresse.
C'était le principe.
Switch leur avait expliqué ça vingt minutes plus tôt.
Un parking.
Un type.
Un téléphone posé sur le capot d'une Mercedes.
Un QR code.
Puis une deuxième adresse.
Nicky avait regardé Marco.
— Ils ont vraiment besoin de tout ça pour faire une course ?
Marco avait haussé les épaules.
— Ça sélectionne.
— Ça sélectionne surtout les mecs qui ont pas encore envie de rentrer chez eux.
La deuxième adresse les envoya vers un ancien entrepôt.
Bracelet.
Contrôle.
Nouvelle localisation.
Nicky fixa son téléphone.
— Si la prochaine adresse est une chasse au trésor, je brûle l'organisateur.
Marco sourit.
— T'as pas changé.
Elle le regarda.
— Si.
— Quoi ?
— Maintenant je préviens.
21:02
Cette fois, ils y étaient.
Et ça valait le déplacement.
L'immense niveau supérieur d'un complexe privé avait été transformé en salon automobile clandestin.
Pas trois Civic avec des néons sous le châssis.
De l'argent.
Vraiment.
Bentley.
Ferrari.
Lamborghini.
Porsche.
Mercedes préparées.
Japonaises capables de sortir des puissances absurdes.
Remorques fermées.
Mécanos.
Bookmakers.
Montres qui valaient le prix d'une maison.
Champagne.
Billets.
Filles.
Bijoux.
Une sono balançait du hip-hop des années 2000 suffisamment fort pour faire vibrer les rétroviseurs.
La Supra entra.
Quelques têtes tournèrent.
Puis l'Alfa Romeo 155.
Beaucoup plus de têtes tournèrent.
Un type accoudé à une Mercedes éclata de rire.
— Putain. Vous acceptez les voitures de location maintenant ?
Marco ralentit.
Nicky s'arrêta à sa hauteur.
Baissa sa vitre.
Le type regarda l'Alfa.
— C'est avec ça que ton gamin court ?
Nicky regarda Marco.
Puis la Mercedes.
Puis le type.
— Non.
Elle retira ses lunettes roses.
— Avec ça, il conduit. Toi, par contre, avec ta gueule, j'imagine que même ta mère a préféré prendre le bus.
Marco baissa la tête.
Le type se redressa.
— T'as dit quoi ?
Nicky remit ses lunettes.
— Merde. En plus il entend lentement.
Elle repartit.
Marco la suivit.
— C'était nécessaire ?
— Non.
— D'accord.
— C'est pour ça que c'était agréable.
Ils se garèrent.
Nicky sortit.
Quelques personnes la reconnurent immédiatement.
Des murmures.
Foster.
Seek & Destroy.
Bellandi.
Le garage.
Elle les entendit.
Elle continua.
Un homme avec deux chaînes en or s'approcha.
— Foster.
— Ça dépend.
— De quoi ?
— Si tu me dois de l'argent.
Il sourit.
— J'avais entendu que Bellandi vous avait enterrés.
Nicky baissa les yeux vers elle-même.
Vérifia ses bras.
Ses jambes.
Puis releva la tête.
— Ouais, je sais. Travail de merde.
Elle regarda son entrejambe.
— Apparemment ils avaient engagé le même chirurgien qui t'as refait la bite.
Marco toussa derrière elle.
L'homme perdit son sourire.
Nicky continua.
— On s'inscrit où ?
21:24
Switch était dans la Gare.
Trois écrans devant lui.
Un casque.
Une pizza ouverte.
Dex à côté.
— Tu vois leurs voitures ?
— Oui.
— Les filles ?
— Dex.
— Je demande.
Vale passa derrière eux.
— Tu peux regarder du porno gratuitement.
Dex :
— C'est pas pareil quand y a des voitures.
Switch leva la main.
— Fermez vos gueules.
Il parlait à Nicky.
— T'as plusieurs catégories. Cash run, bracket, pink slips...
Nicky marchait entre les voitures.
— Pink slips ?
— Ouais. Mais pas tout de suite. Faut du buy-in ou monter par les runs.
— On a combien ?
Switch consulta.
Silence.
— Switch.
— Tu veux avec les dettes ?
— Non.
— Alors ça va être rapide.
— Combien ?
Il donna le chiffre.
Nicky s'arrêta.
— Ah.
Marco :
— Quoi ?
— On est pauvres.
Switch :
— Techniquement, vous étiez déjà pauvres hier.
— Merci, Warren Buffett.
Puis elle la vit.
Elle ne parla plus.
Au milieu des voitures, sous une lumière blanche :
Nissan Skyline GT-R R34 V-Spec II.
Bayside Blue.
Propre.
Basse.
Large juste ce qu'il fallait.
Pas massacrée visuellement.
Pas besoin.
Marco suivit son regard.
— Oh.
Nicky tourna autour.
— J va faire une crise cardiaque.
— C'est peut-être moins cher qu'un garage.
— Pas sûr.
Switch parla dans son oreillette.
— Je vérifie.
Quelques secondes.
— Propriétaire : Kenji Sato. Trente-deux ans. New Jersey. Il court depuis longtemps. Et Nicky...
— Quoi ?
— C'est pas un touriste.
Kenji était appuyé contre une barrière.
Calme.
Pas de chaînes en or.
Pas de mannequin accroché au bras.
Il regardait les voitures partir.
Nicky :
— Tant mieux.
Marco :
— On peut pas se la payer.
Nicky :
— Pas encore.
— Et tu vas faire comment ?
Nicky regarda les tableaux de mises.
Petits runs.
Gains.
Réengagement.
Catégorie supérieure.
Gains.
Encore.
Elle sourit.
— On va arrêter d'être pauvres.
21:51 — RUN #1
Le pilote de la BMW noire avait beaucoup trop parlé.
Nicky n'avait donc retenu ni son prénom ni le nom de son préparateur.
Il se pencha vers elle sur la grille.
— C'est vrai que Damon Foster est ton frère ?
— Ouais.
— Il t'a appris à te battre ?
— Ouais.
Il sourit.
— Et à conduire ?
Nicky le regarda.
— Non. Ça, j'ai appris pour éviter les hommes qui posent des questions de merde.
Le starter leva les bras.
Moteurs.
La BMW hurla.
La Supra vibra.
Bras abaissé.
GO.
La BMW partit fort.
Nicky resta une fraction derrière.
Deuxième.
Troisième.
Le premier virage arriva.
Le pilote freina tard.
Nicky encore plus.
La Supra plongea.
Arrière léger.
Correction.
Elle passa à l'intérieur.
La BMW revint.
Tentative de fermer.
Nicky ne bougea pas.
Quelques centimètres.
Le type céda.
Sortie.
Gaz.
La Supra bondit.
Deux rues.
Un tunnel.
Une intersection.
Nicky anticipa le feu.
La BMW resta derrière.
Dernière ligne.
Elle passa avec plusieurs longueurs.
Pas de tête-à-queue.
Pas de provocation.
Pas de vengeance.
Pas de détour pour lui apprendre la vie.
Elle franchit.
Puis ralentit.
Simplement.
Le pilote la rejoignit.
Nicky ouvrit sa vitre.
Il la regarda.
Elle sourit.
— Bonne soirée.
Et repartit.
22:19
Marco regardait les billets.
— C'est tout ?
— Première marche.
— Et après ?
Nicky lui tendit l'argent.
— Après, tu cours.
Marco leva les yeux.
— Moi ?
— Non, l'Alfa. Toi tu restes ici et tu pries.
— Sérieux ?
— Marco, je viens de te confier quasiment tout notre fric.
Elle lui tapa sur l'épaule.
— Si c'était une blague, elle serait franchement mal écrite.
22:43 — RUN #2
Trois voitures.
L'Alfa.
Une Mustang.
Une Nissan 350Z.
Le type de la Mustang regarda Marco.
— Le gamin.
Marco ne répondit pas.
— Ta blonde te laisse sortir tout seul maintenant ?
Toujours rien.
Nicky observait depuis la ligne.
Le pilote insista.
— Hé, Maldini.
Marco ajusta son rétroviseur.
Si le mec conduit ta voiture avant le départ, t'as déjà perdu.
Il remonta sa vitre.
Le starter donna le départ.
La Mustang prit immédiatement la tête.
350Z deuxième.
Alfa troisième.
Nicky ne bougea pas.
Marco força une première ouverture.
Mauvaise.
Il recula.
Attente.
La Mustang et la Nissan commencèrent à se battre.
Même trajectoire.
Même porte.
Marco vit l'espace extérieur.
Quand deux cons veulent passer par la même porte...
Il plongea ailleurs.
Alfa à l'extérieur.
Freinage.
La Nissan bloqua.
Mustang trop longue.
Marco ressortit devant les deux.
Nicky sourit.
— Voilà.
Dernière section.
La Mustang revint à la puissance.
Marco protégea.
Pas brutalement.
Propre.
L'Alfa franchit la première.
Marco frappa son volant.
— PUTAIN !
Nicky arriva.
— Ça va ?
— J'ai gagné !
— Je sais. J'étais là.
— T'as vu le passage ?
— Non, j'étais venue pour les hot-dogs.
Marco sourit.
Nicky lui reprit les billets.
— Bien conduit.
Deux mots.
Ça lui suffit.
23:27
Ils avaient désormais suffisamment pour entrer dans le gros run.
Et Kenji l'avait compris.
Il s'approcha de Nicky.
— Tu regardes beaucoup ma voiture.
Nicky regarda la R34.
— Ouais.
— Elle te plaît ?
— Pas particulièrement.
Il sourit.
— Pourtant tu la regardes.
— Je connais quelqu'un qui saura quoi en faire.
Le sourire disparut légèrement.
— Elle est déjà très bien.
Nicky regarda la Skyline.
Puis lui.
— Tous les hommes disent ça avant qu'un professionnel ouvre leur capot.
Marco tourna la tête pour cacher son rire.
Kenji, lui, rit franchement.
— Tu la veux ?
— Ouais.
— Alors monte jusqu'à ma mise.
— J'y travaille.
Il désigna la Supra.
— Tu pourrais mettre celle-là.
Nicky regarda sa Toyota.
Une seconde.
— Non.
— Pourquoi ?
Elle remit ses lunettes.
— Parce que celle-là n'est pas à vendre.
Et elle partit.
00:11
Le problème arriva sous la forme d'une main sur l'épaule de Marco.
Le pilote de la Mustang.
— Mon argent.
Marco se retourna.
— Quoi ?
— Vous avez triché.
Nicky, quelques mètres plus loin, l'entendit.
— Comment ?
— Foster avait quelqu'un sur les communications.
Nicky s'approcha.
— Tout le monde a quelqu'un sur les communications.
— Pas comme vous.
— Ah.
Elle réfléchit.
— Donc ton explication pour avoir perdu, c'est qu'on avait un téléphone.
Le type poussa Marco.
Une fois.
Nicky regarda sa main.
Puis son visage.
— Retouche-le.
— Quoi ?
— Vas-y.
Elle désigna Marco.
— Retouche-le. J'aimerais vraiment savoir si t'es aussi con quand on te donne une deuxième chance.
Le type s'approcha d'elle.
— Tu me menaces ?
— Non.
Nicky sourit.
— Une menace, c'est quand il reste une incertitude.
Il la poussa.
Nicky baissa les yeux vers sa poitrine.
Puis releva lentement la tête.
— Oh.
Le type :
— Quoi ?
— T'as choisi la version avec les dents.
Il lança le premier coup.
Erreur.
Nicky esquiva.
Direct au nez.
Low kick.
Il vacilla.
Deuxième type.
Elle entra au clinch.
Genou.
Projection contre le capot d'une Mercedes.
BANG.
— MA CAISSE !
Nicky :
— Mets-la sur la facture !
Troisième.
Il la toucha à la bouche.
Sa tête partit.
Elle revint.
Passa sa langue sur sa lèvre.
Sang.
Elle regarda son doigt.
— Ah, putain.
Le mec sourit.
— Ça fait moins la maligne.
Nicky releva les yeux.
— Non, je calculais juste combien de tes dents je dois vendre pour payer mon dentiste.
Elle entra.
Crochet corps.
Coude court.
Clinch.
Deux genoux.
Il s'effondra.
Derrière elle, Marco prit un coup.
Nicky tourna la tête.
Il était contre une voiture.
Un type avançait.
Elle fit un pas.
Puis s'arrêta.
Marco leva sa garde.
Nicky resta là.
Regarda.
Le type attaqua.
Marco bloqua mal.
En prit une.
Revint.
Jab.
Direct.
Tentative de saisie.
Marco pivota.
Genou.
Le type recula.
Marco l'envoya contre une barrière.
Nicky sourit.
Un quatrième homme profita qu'elle regardait.
Il la saisit par derrière.
— Ah, toi...
Elle recula violemment.
Son dos écrasa le type contre une portière.
Une fois.
Deux fois.
Prise cassée.
Elle se retourna.
Coup de tête.
— Putain !
Elle porta la main à son propre front.
— Mauvaise idée. J'ai oublié que j'avais un cerveau.
Puis elle le termina d'un crochet.
La sécurité arriva enfin.
Kenji avec eux.
— STOP !
Les derniers s'écartèrent.
Nicky respirait fort.
Lèvre ouverte.
Cheveux en vrac.
Lunettes de travers.
Elle les remit correctement.
Le pilote de la Mustang était au sol.
— Cette pute est folle.
Nicky se retourna.
— Non. Une folle l'aurait fait gratuitement. Moi, je garde ton fric.
Kenji la regarda.
Puis Marco.
Puis les quatre hommes par terre.
— Tu veux toujours courir ?
Nicky essuya le sang au coin de sa bouche.
— Pourquoi, t'as prévu un concours de poésie ?
Kenji désigna sa R34.
— Tu veux ma voiture, gagne-la sur la route.
Nicky sourit.
— Enfin un putain d'adulte.
01:03 - FINAL RUN
La R34 se plaça à côté de la Supra.
Cette fois, personne ne plaisantait.
Marco regardait.
Switch aussi, depuis la Gare.
Dex avait cessé de manger.
Vale était debout derrière lui.
J arriva.
— Qu'est-ce qui se passe ?
Personne ne répondit.
Il vit l'écran.
La R34.
— Oh...
Vale :
— Quoi ?
J s'approcha.
— Rien.
Switch sourit.
— Menteur.
Sur la ligne, Kenji baissa sa vitre.
— Dernière chance.
Nicky fit pareil.
— De quoi ?
— De rentrer avec ta mise.
Nicky regarda devant elle.
— J'ai déjà un endroit où rentrer. Il me manque juste ta caisse.
Le starter leva les bras.
Régimes.
La R34 hurla.
Supra.
Silence d'une fraction.
GO.
La Skyline partit devant.
Nicky immédiatement derrière.
Première courbe.
Kenji était propre.
Très propre.
Pas d'erreur.
Nicky chercha l'intérieur.
Fermé.
Extérieur.
Fermé.
Ligne droite.
La R34 prit quelques mètres.
— Putain...
Switch dans l'oreillette :
— Il est rapide.
— Merci, j'avais cru qu'il cherchait une place de parking.
Freinage.
Nicky revint.
La Supra bougea.
Elle corrigea.
Kenji protégea.
Encore.
Toujours le même mouvement.
Nicky remarqua.
Sortie suivante.
Il recommença.
Pas maintenant.
Elle resta derrière.
Marco fixait l'écran.
— Pourquoi elle passe pas ?
J, arrivé derrière :
— Parce qu'elle peut pas.
Vale :
— Elle pourrait forcer.
J regarda.
— Ouais.
Nicky vit l'ouverture.
Petite.
Sale.
L'ancienne Nicky y serait allée.
Elle resta.
Kenji jeta un regard au rétro.
Surpris.
Quelques kilomètres.
Nouvelle section.
Nouvelle sortie.
Même défense.
Cette fois Nicky savait.
Elle feinta l'intérieur.
Kenji ferma.
Exactement comme avant.
Nicky avait déjà changé.
Extérieur.
La Supra plongea.
Les deux voitures côte à côte.
Mur à droite.
R34 à gauche.
Quelques centimètres.
Kenji tenta de revenir.
Nicky tint.
Sortie.
Supra devant.
— Allez...
La R34 revint.
Dernière ligne.
Kenji poussa.
Nicky ne regarda plus.
La ligne arriva.
SUPRA.
Puis R34.
Silence.
Nicky relâcha.
Longue expiration.
— Putain il était chaud lui...
Switch hurla dans l'oreillette.
Dex hurla derrière lui.
Marco leva les bras.
Même Vale cria.
J ne dit rien.
Il regardait uniquement la R34.
01:31
Kenji descendit.
Personne ne parlait.
Il regarda la Skyline.
Longtemps.
Puis Nicky.
Il lui tendit les clés.
Elle les prit.
— Merci.
— Tu conduis bien.
— Ouais.
Elle regarda la Supra intacte.
— Des fois je finis même avec le même nombre de voitures qu'au départ.
Marco :
— Des fois.
Nicky leva son majeur sans même le regarder.
Kenji sourit.
— Prends-en soin.
Nicky regarda la R34.
Puis son téléphone.
— Moi ?
Elle sourit.
— Certainement pas.
01:42
Marco regardait les trois voitures.
Alfa.
Supra.
R34.
Puis Nicky.
— On a un problème.
— Quoi ?
— On est deux.
Nicky regarda les trois voitures.
— Ah.
Marco :
— Voilà.
— C'est chiant, les mathématiques.
Elle sortit son téléphone.
Appela.
LA GARE
Vale décrocha.
— Quoi ?
— Tu peux venir ?
— Où ?
Localisation.
— Pourquoi ?
Nicky regarda la R34.
Puis sourit.
— J'ai un truc pour toi.
Silence.
— Une voiture ?
Nicky :
— Peut-être.
Vale était déjà debout.
02:19
Un taxi s'arrêta.
Vale sortit.
Vit la R34.
S'immobilisa.
— Oh putain...
Nicky lui lança les clés.
Vale les attrapa.
— Sérieusement ?
Elle fit le tour.
Main sur le toit.
— Nicky...
— Quoi ?
— Je retire quarante pour cent des saloperies que j'ai dites sur toi cette semaine.
— Seulement quarante ?
— Je garde une marge.
Elle ouvrit la portière.
Nicky :
— Doucement. Si tu mouilles le siège avant même de démarrer, J va nous faire payer le nettoyage.
Vale lui fit un doigt.
Marco, appuyé contre son Alfa, observa Vale.
Puis la Skyline.
— Non.
Vale se retourna.
— Quoi, non ?
— Ça te va pas.
— Va te faire foutre.
— Non, vraiment.
Marco réfléchit.
— Toi, je te verrais bien dans une Italienne.
Vale haussa un sourcil.
— Une Italienne ?
— Ouais.
Nicky regarda Marco.
Puis Vale.
Une idée passa.
Vale serra les clés.
— Attends... elle est pas pour moi ?
Nicky :
— Non.
— Connasse.
Nicky sourit.
— Pour toi, j'ai une meilleure idée.
— Alors pourquoi tu m'as fait traverser la ville ?
Nicky désigna la Skyline.
— Parce que contrairement aux hommes, les voitures sont pas encore assez connes pour rentrer toutes seules.
Vale regarda les clés.
— Elle est pour qui ?
Nicky ne répondit pas.
Marco sourit.
Vale comprit.
Elle regarda la R34.
— J ?
Nicky :
— J.
Vale eut un petit sourire.
— Il va chialer.
Nicky ouvrit sa Supra.
— Non. Il va ouvrir le capot, trouver une merde et nous ruiner la soirée.
03:04
LA GARE
L'Alfa descendit la première.
J travaillait sur un tableau électrique.
Il leva à peine les yeux.
La Supra entra.
— Vous avez mis quatre heures pour...
Un troisième moteur résonna.
J s'arrêta.
La Skyline apparut dans le tunnel.
Bayside Blue sous les vieux néons.
Elle entra lentement dans la Gare.
Vale au volant.
J ne bougea plus.
La R34 s'arrêta devant lui.
Vale descendit.
Sans un mot, elle lança les clés.
J les attrapa.
Regarda les clés.
La voiture.
Nicky descendit de la Supra.
— Ton nouveau problème.
J s'approcha.
V-Spec II.
Sa main passa sur l'aile.
Le toit.
Il ouvrit la portière.
Regarda l'intérieur.
Puis le capot.
Nicky :
— T'as pas envie de dire merci avant de...
Capot ouvert.
J se pencha.
Silence.
Marco regarda Vale.
— Trois...
J se redressa.
— Mais quel fils de pute a fait ça ?
Marco :
— Deux...
J replongea.
— C'EST QUOI CE MONTAGE DE MERDE ?
Marco :
— J'avais surestimé.
Nicky éclata de rire.
— Elle roule très bien.
J sortit immédiatement la tête.
— J'AI PAS DEMANDÉ SI ELLE ROULE ! UNE BROUETTE ROULE ! JE DEMANDE QUEL AVORTEMENT MÉCANIQUE A FAIT ÇA !
Vale croisa les bras.
— Voilà. Elle est officiellement à lui.
J inspecta encore.
— Ces durites...
— J.
— Ce faisceau...
— J.
— Mais regarde-moi cette merde !
— J !
Il se retourna enfin.
Nicky désigna la voiture.
— Elle est à toi.
Silence.
J regarda les clés dans sa main.
Puis Nicky.
— Sérieux ?
— Non. On trouvait que la Gare manquait de bleu.
Vale :
— Elle m'a fait traverser Philadelphia en me faisant croire qu'elle était pour moi.
Nicky :
— J'ai jamais dit ça.
— T'as dit “j'ai un truc pour toi”.
— Oui. Un volant.
J sourit.
À peine.
Puis regarda sa Skyline.
— Merci.
Nicky haussa les épaules.
— Me remercie pas. Fais-en une putain de caisse.
Le laptop sonna.
Tout le monde se retourna.
Nicky :
— Oh non.
Dex accepta avant elle.
Joe apparut.
Brésil.
Piscine.
Caïpirinha.
— Bonjour les enfants ! Comment vous allez les petits ? Vous avez fait vos...
Il aperçut la R34.
S'arrêta.
Retira lentement ses lunettes de soleil.
— Oh.
Nicky croisa les bras, fière.
— Ouais.
Joe :
— Pour qui ?
J leva les clés.
— Moi.
Joe regarda J.
Puis la Skyline.
Puis J.
— Mon petit Coréen préféré...
J plissa les yeux.
— Quoi ?
Joe posa sa caïpirinha.
— On va devoir parler.
— Pourquoi ?
Joe se rapprocha de la caméra.
— Ouvre le capot.
J sourit immédiatement.
— JE LE SAVAIS.
Nicky leva les yeux au ciel.
Joe regarda le moteur à travers la caméra.
Long silence.
— Putain.
J :
— Voilà !
— Qui a fait ça ?
— JE SAIS PAS !
Joe secoua la tête avec gravité.
— Retrouve-le.
J :
— Pourquoi ?
Joe remit ses lunettes.
— Pour qu'on l'empêche de recommencer.
J éclata de rire.
Nicky regarda la Skyline.
Puis les trois emplacements encore vides.
Un de moins.
03:41 - BUDAPEST
Un téléphone vibra dans l’obscurité.
KENJI SATO :
T’es derrière ça ?
Quelques secondes.
MANU :
Derrière quoi ?
KENJI SATO :
Foster.
Silence.
Puis :
KENJI SATO :
C’est toi qui l’as formée ?
MANU :
Non.
Trois petits points.
MANU :
Pas encore.
Kenji resta un instant devant l’écran.
KENJI SATO :
Pourquoi ?
MANU :
Pourquoi quoi ?
KENJI SATO :
Cette meuf.
Elle a quelque chose dans le regard.
Pause.
KENJI SATO :
Comme toi.
Aucune réponse.
Kenji attendit.
Puis tapa :
KENJI SATO :
C’est un démon.
Quelques secondes.
KENJI SATO :
Tu le sais, je suppose.
Cette fois, Emmanuel répondit.
MANU :
Je regarde. C’est tout.
Kenji sourit légèrement.
KENJI SATO :
Depuis quand ?
Long silence.
Puis :
MANU :
Une vieille histoire de Barbie avec un bras en moins.
Kenji fronça les sourcils.
KENJI SATO :
Quoi ?
MANU :
Rien.
Puis presque immédiatement :
MANU :
Bonne soirée Kenji.
Ta caisse est entre de bonnes mains.
Kenji regarda une dernière fois la place vide où se trouvait encore sa R34 quelques heures auparavant.
KENJI SATO :
Merci.
Quelques secondes.
MANU :
De rien, samouraï 🤙
Kenji fixa le message.
Un sourire.
Il rangea son téléphone.
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