SAISON 2 - ÉPISODE 9 - LEGACY MODE

📖 FOSTER - EPISODE 1 - PHILADELPHIA LOVE ✍️ Splinter 📝 3288 mots


PHILADELPHIE — LA GARE — 09 H 14

La Challenger Hellcat occupait désormais la dernière place.

Supra.

Alfa.

R34.

LFA.

Gallardo.

Hellcat.

Six voitures.

Six membres.

Seek & Destroy était de nouveau complet.

Enfin, techniquement.

Parce que Dex était couché sous la Challenger depuis vingt minutes alors qu’il n’avait absolument aucune raison mécanique de s’y trouver.

Nicky s’arrêta devant les deux jambes qui dépassaient.

— Dex.

— Ouais ?

— Tu fais quoi ?

— Je regarde.

— Quoi ?

Petit silence.

— Ma voiture.

Nicky ferma les yeux.

— Tu peux la regarder sans être dessous.

— C’est pas pareil.

J passa derrière elle avec une caisse à outils.

— Il a raison.

Nicky se retourna.

— Toi, t’as dormi devant ta R34 avec une couverture sur son capot.

— Elle venait d’être remontée.

— Et ?

— Elle avait froid.

Nicky resta immobile.

J continua son chemin.

— Putain de Coréen.

Vale descendait l’escalier de l’ancien quai.

Marco travaillait déjà sur l’Alfa.

Switch, lui, regardait les six voitures depuis son poste.

Il souriait.

Nicky le vit.

— Quoi ?

— Rien.

— Vous commencez vraiment à me casser les couilles avec vos « rien ».

Switch désigna la Gare.

— Regarde Foster.

Nicky regarda.

Quelques semaines auparavant, il n’y avait pratiquement plus rien.

Un garage brûlé.

Des voitures détruites.

Un crew dispersé.

Et une Toyota Supra noire déposée par un homme qui avait simplement laissé les clés derrière un yucca.

Maintenant...

La Gare vivait.

Écrans.

Matériel.

Ponts.

Outils.

Pièces.

Des fringues de Vale qui traînaient dans un ancien bureau.

Des emballages de bouffe de Dex absolument partout.

Une R34 que J considérait manifestement comme un membre de sa famille.

Une LFA.

Une Gallardo.

Une Hellcat.

Et eux.

Nicky prit son café.

— Ouais.

Switch :

— C’est pas mal.

— Ça manque de bière.

— Il est neuf heures.

— Et ?

Un écran s’alluma.

JOE.

Chemise ouverte.

Lunettes noires.

Caïpirinha.

Nicky regarda l’heure.

Puis l’écran.

— Lui, par contre, personne lui dit rien.

Joe leva son verre.

— Parce que je suis un adulte responsable.

Dex sortit de dessous la Hellcat.

— TONTON JOE !

— MON GROS !

Nicky :

— Merde les mecs sérieux.

Joe regarda les voitures.

— Alors ?

Switch :

— Complet.

Joe resta silencieux une seconde.

Son sourire changea.

Presque fier.

Puis :

— Excellent. Maintenant vous allez pouvoir commencer à me rembourser.

Silence.

Nicky :

— Quoi ?

Joe éclata de rire.

— Barbie, ta tête !

— Va te faire foutre.

Une voix arriva derrière Nicky.

— Il était déjà comme ça quand je l’ai rencontré.

Joe s’arrêta.

Lisa venait d’entrer dans la Gare.

Derrière elle :

Ethan.

Seb.

Karim.

Jin.

Kara.

Nanar.

Ingrid.

Ils n’étaient pas encore repartis.

Joe retira lentement ses lunettes.

— Ah.

Lisa :

— Quoi « ah » ?

Nicky pointa immédiatement Lisa.

— AMEN !

Joe regarda les Français.

— Putain...

Nanar approcha.

— T’as vieilli quand même.

Joe :

— Toi t’as grossi.

— C’est du muscle.

— Ton sandwich aussi ?

Nanar regarda le sandwich dans sa main.

— Lui c’est du Pastrami, maturation vingt et un jours, alors un peu de respect Joe !

Dex surgit.

— Bro.

Nanar :

— Bro.

Nicky :

— Non, alors non, on arrête direct le combo.


09 H 37

Joe connaissait Ethan.

Un peu.

Lisa aussi.

Karim, de nom.

Jin à travers quelques opérations.

Ingrid davantage.

Mais les voir ensemble était différent.

Surtout lorsqu’ils commencèrent à parler.

Joe s’installa virtuellement avec eux depuis son écran pendant que Nicky ouvrait un paquet de cigarettes.

Ethan regardait la Supra.

— Il faisait déjà ça à seize ans.

Joe :

— Quoi ?

— Acheter des épaves et prétendre qu’elles étaient extraordinaires.

Nicky se retourna.

— ELLE EST PAS UNE ÉPAVE.

Ethan leva les mains.

— J’ai rien dit sur celle-là.

— T’as pensé fort.

Joe regarda Ethan.

— Attends. Quelle épave ?

Seb but son café.

— Honda.

Manu entra précisément à ce moment-là.

Capuche noire.

Café.

Cigarette.

Il entendit.

S’arrêta.

— Non.

Joe se redressa.

— Ah.

Manu :

— Joe.

— Quoi Honda ?

— Rien.

Nicky sourit immédiatement.

— OH.

Manu la regarda.

— Foster.

— Quoi ?

— Non.

— J’ai rien demandé.

— Ton visage demande.

Lisa éclata de rire.

— Il faisait déjà ça.

Nicky :

— Quoi ?

— Le « non » préventif.

Joe :

— Emmanuel.

— Quoi ?

— Quelle Honda ?

Manu prit son café.

— Une Honda.

Seb :

— Magnifique.

Ethan :

— Très précise, l’information.

Karim :

— Tu peux lui dire qu’on devait la pousser pour démarrer.

Manu :

— Pas toujours.

Joe fixa Emmanuel.

— Tu m’as fait traverser un désert dans un camion sans freins et tu m’as jamais raconté ça ?

Nicky se retourna.

— PARDON ?

Joe :

— Une autre histoire.

Nicky :

— Non, justement. C’est TOUJOURS une autre histoire !

Lisa regarda Nicky.

— Bienvenue.

Nicky la pointa.

— Voilà. Merci.

Manu continua à boire tranquillement.

Joe :

— Et La Mortola ?

Silence.

Ethan regarda Seb.

Seb regarda Manu.

Manu :

— Non plus.

Joe :

— Six mètres ?

Seb :

— Cinq et demi.

Ethan :

— Six.

— Cinq et demi.

— Six.

Manu :

— Ça fermait un peu fort quoi.

Joe :

— C’EST PAS UNE UNITÉ DE MESURE MANU.

Nicky éclata de rire.

— Putain, Tonton Joe découvre Manu !

Joe :

— Barbie, respecte mon traumatisme.

— Absolument pas.


NICE — 1995

La Méditerranée n’avait rien de méditerranéen.

Noire.

Sale.

Furieuse.

Le vent arrachait l’écume des crêtes.

Une série leva au large.

Ethan, seize ans, regarda.

Puis Manu.

Puis Seb.

— On rentre ?

Seb regarda la falaise.

Puis les vagues qui explosaient directement devant.

— Pour une fois, je soutiens Ethan.

Manu regardait la série.

Silence.

Une deuxième vague leva derrière.

Plus grosse.

Seb vit le visage de Manu.

— Non.

Manu :

— Quoi ?

— Tu viens de faire ta tête.

— Quelle tête ?

Ethan :

— La tête « intéressant ».

Manu :

— J’ai rien dit.

Seb :

— C’est pire.

Une masse d’eau explosa contre les rochers.

Ethan regarda.

— Six mètres.

Seb :

— Cinq et demi.

Manu prit sa planche.

Seb ferma les yeux.

— Putain non.


PHILADELPHIE — 2016

Joe ne parlait plus.

Nicky riait.

— Vous êtes allés ?

Seb :

— Évidemment.

— Pourquoi ?

Seb regarda Manu.

— On était jeunes.

Ethan :

— Et cons.

Manu :

— Vous pouviez rester sur la plage.

Les deux se retournèrent.

— VA TE FAIRE FOUTRE.

Joe tapa dans ses mains.

— Magnifique.

Il regarda Nicky.

— Barbie, je retire officiellement toutes les fois où j’ai pensé que c’était toi le problème.

Nicky :

— Merci Tonton Joe.

Manu :

— Vous avez fini ?

Lisa :

— Non.

— Dommage.

Puis son téléphone vibra.

Il regarda.

Son expression changea.

Très peu.

Ingrid le vit.

Nicky aussi.

— Quoi ?

Manu rangea son téléphone.

— J’ai quelque chose pour vous.

Ethan :

— Ah.

Seb :

— Voilà.

Karim :

— Ça commence.

Nicky regarda les Français.

— Pourquoi vous faites tous cette tête ?

Lisa :

— Parce que chaque fois qu’il dit ça, le "intéressant" finit par prendre des proportions assez... Comment dire... Aussi merveilleuses que chaotiques.

Joe :

— Un classique Elga.

Manu :

— Joe.

— Quoi ?

— Aide pas.

Nicky sourit.

— Là, par contre, j’aime bien.


BARCELONE — 15 H 02

Nathalie Elga avait quatre dossiers ouverts.

Trois cafés.

Deux téléphones.

Et probablement une raison médicale de dormir qu’elle avait décidé d’ignorer.

Sur son écran :

des sociétés.

Des acquisitions.

Des transferts.

Des sociétés écrans.

Des noms disparus.

Puis revenus.

VANTAGE.

BELLANDI.

Et quelque chose de beaucoup plus ancien.

Elle prit son téléphone.

NATHALIE :

J’ai retrouvé le lot.

Quelques secondes.

MANU :

Où ?

NATHALIE :

Philadelphie.

Manu répondit :

Évidemment.

Nathalie sourit.

Puis :

Mais ce n’est pas ce qui m’inquiète.

Pas de réponse.

Elle continua :

Une partie de la provenance remonte à Nice.

Cette fois :

Quelle année ?

Nathalie regarda le dossier.

Long silence.

Puis :

Envoie tout.


LA GARE — 10 H 11

Une carte apparut sur l’écran de Switch.

Zone portuaire.

Entrepôt.

Départ prévu dans huit heures.

Manu resta devant.

— Ce lot va partir pour l’Europe ce soir.

Ethan :

— Quel lot ?

Manu ouvrit une photographie.

Vieilles caisses.

Matériel.

Archives.

Pièces automobiles.

Objets saisis.

Lisa s’approcha.

Son visage changea.

— Attends.

Ethan regarda.

Puis se pencha.

— Zoom.

Switch zooma.

Une caisse portait une inscription presque effacée.

Ethan ne souriait plus.

— Putain.

Seb approcha.

— C’est pas...

— Si.

Karim :

— Quoi ?

Ethan montra.

— Ça vient de Nice.

Jin regarda une autre caisse.

Puis une autre.

— Manu.

— Ouais.

— Où t’as trouvé ça ?

— Nathalie.

Lisa regarda Emmanuel.

— C’est nos affaires ?

— Une partie.

Silence.

Kara :

— Comment ça peut être ici ?

Manu :

— Saisies parl les flics, dossier Sasha Asimov, présomption d'Homicide.

Ethan et les Français regarderent Manu, complètement sous le choc.

INGRID 

— Ils nous ont tout pris ce jour là.

Manu :

— Ouais, j'ai merdé.

Nicky attendit.

Puis :

— Et donc ?

Manu la regarda.

— Donc aujourd'hui ont vas reprendre ce qui vous appartient.

Nicky :

— « Vous » ?

— Eux.

Nicky sourit.

— Ah non.

Manu :

— Quoi ?

— On vient.

— C’est pas votre problème.

Nicky regarda son crew.

Puis les Français.

Puis Manu.

— Ils viennent de nous filer une Hellcat.

Dex leva les clés.

— Bro.

Nanar :

— Bro.

Nicky :

— Et ils ont passé une journée entière à nous foutre la misère.

Seb :

— C’était agréable.

— Ta gueule.

Elle revint à Manu.

— Donc maintenant, c’est notre problème aussi, t'as compris ou je t'envoie un fax ?

Manu la regarda quelques secondes.

Puis :

— D’accord.

Nicky fronça les sourcils.

— C’est tout ?

— Quoi ?

— Tu vas pas discuter ?

— Non.

Elle le fixa.

— J’aime pas quand il fait ça ce connard, j'ai l'impression de me baiser moi-même.

Joe :

— Bravo ! Tu progresses en Elgalogie Barbie. 

12 H 26 — PRÉPARATION

Vale posa les photographies sur la table.

— Entrée principale ici.

Lisa se plaça à côté.

Kara ouvrit le dossier du personnel.

Ingrid observa.

Nicky arriva.

— Alors ?

Vale montra.

— On ne rentre pas par effraction.

— Pourquoi ?

— Parce qu’ils attendent probablement une effraction.

— Donc ?

Vale posa trois badges sur la table.

— On travaille là-bas.

Nicky regarda.

— Depuis quand ?

— Depuis vingt minutes.

Kara sourit.

— Elle est bonne.

Vale :

— Je sais.

Ingrid prit un badge.

— Celui-là ne passera pas.

Vale :

— Pourquoi ?

— Responsable logistique. Cinquante-six ans. Il connaît personnellement les équipes du soir.

Vale regarda.

— Merde.

Ingrid :

— En revanche...

Elle prit un autre profil.

— Prestataire extérieur. Nouvelle société depuis trois semaines. Rotation permanente.

Vale observa.

Puis sourit.

— Toi aussi t’es bonne.

Ingrid :

— Je sais, j'ai eut un bon prof.

Nicky regarda les deux.

— Vous allez vous lécher le clito encore longtemps ?

Vale :

— Nicky merde !

Elle expliqua le plan.

Nicky écouta.

Pas d'interruption.

Pas de décision immédiate.

Quand Vale eut terminé :

— OK.

Vale attendit.

— Quoi ?

— On fait comme toi.

— C’est tout ?

Nicky fronça les sourcils.

— Tu veux que je te fasse chier pour le principe ?

Vale réfléchit.

— Un peu.

Nicky :

— Pousses pas trop.

Vale sourit.

— Merci.

Ingrid regarda Nicky.

Puis Manu, plus loin.

Elle ne dit rien.


13 H 08 — LE MATÉRIEL DE JOE

Switch avait ouvert trois caisses.

Jin une quatrième.

Kara une cinquième.

Diana apparut sur l’écran.

Pyjama.

Cheveux attachés n’importe comment.

Un énorme bol de popcorn, jet set radio sur sa Dreamcast.

Joe apparut juste après.

— Bonjour mes enfants.

Kara :

— Pourquoi ils t’appellent Tonton Joe ?

Joe :

— Parce qu’ils m’aiment.

Nicky :

— FAUX.

Dex :

— Tonton Joe !

— MON GROS !

Nanar regarda Dex.

Puis Joe.

— C’est vraiment devenu un truc ?

Joe :

— Absolument.

Nanar :

— Tonton Joe, ouais pas mal.

Joe resta silencieux.

— Non.

Dex éclata de rire.

Nicky :

— Ah !

Joe :

— Lui, il a mon âge mental, donc pas Tonton pour lui.

Nanar :

— Merci.

Switch travaillait sur un module.

Jin regardait.

— Tu routes ça comme ça ?

Switch :

— Ouais.

— Pourquoi ?

— Parce que ça marche.

Jin :

— C’est pas une réponse.

Diana :

— Si.

Kara regarda l’écran.

— Nobel, ne l’encourage pas sans arguments.

Diana mangea un popcorn.

— Son système est mauvais mais fonctionnel.

Switch :

— Merci.

— Ce n’était pas un compliment.

Jin sourit.

Puis Diana ouvrit une porte virtuelle.

Elle échoua.

Elle recommença.

Échec.

Diana fronça les sourcils.

Kara :

— Tu cherches quoi ?

— Une autre entrée.

— Pourquoi ?

Diana la regarda.

— Parce que celle-ci est fermée.

Kara :

— Et ?

Diana attendit.

Kara se leva.

Alla derrière un rack.

Débrancha physiquement un relais.

La sécurité disparut.

Diana fixa l’écran.

— Tu as déconnecté le contrôle.

— Oui.

— C’est grossier.

— Oui.

— Inefficient.

— Oui.

Diana réfléchit.

— J’aime bien.

Kara sourit.

— Voilà.

Switch :

— Vous venez vraiment d’apprendre à Diana Zrupkó à arracher une prise ?

Jin :

— Parfois la meilleure attaque informatique est un tournevis.

Diana nota quelque chose.

Kara :

— Tu prends des notes ?

— Oui.

- Toi tu cherches à ouvrir une porte, nous ons a appris à savoir si le mur est en placo d'abord.

Kara regarda Manu.

— T’es vraiment malade, neuf ans...

Manu :

— Elle est à la fac.

Kara :

— BASTA RAGAZZO !


PORT DE PHILADELPHIE — 18 H 42

Le soleil descendait.

Deux camionnettes entrèrent.

Badges.

Uniformes.

Documents.

Vale au volant de la première.

Lisa passagère.

Nicky derrière.

Ingrid dans la seconde avec Karim et Seb.

Les autres attendaient plus loin.

Switch :

— Badge Vale.

Bip.

Vert.

— Lisa.

Vert.

— Nicky.

Nicky passa.

Rouge.

Silence.

Nicky regarda le lecteur.

— Je vais le frapper.

Vale :

— Non.

Diana :

— Attends.

Nicky :

— Nobel.

— Trois secondes.

Une seconde.

Deux.

Vert.

Nicky sourit.

— Je t’aime.

Diana :

— Je sais.

Switch :

— Elle me l’avait dit aussi.

Nicky :

— Sois pas jaloux.

Ils entrèrent.


19 H 03 — ENTREPÔT 14

Les caisses étaient là.

Mais elles n’étaient pas seules.

Quatre hommes.

Puis six.

Puis huit.

Vale s’arrêta.

— C’était pas prévu.

Switch :

— Non.

Kara :

— Caméras secondaires coupées.

Jin :

— Quelqu’un savait.

Nicky :

— Bellandi ?

Manu, depuis une voiture garée plus loin :

— Peut-être.

Nicky :

— J’adore tes réponses.

Un homme s’approcha.

— Vous êtes qui ?

Vale sourit.

— Transport interne.

— J’ai rien demandé.

Vale :

— Alors quelqu’un travaille mieux que vous.

L’homme regarda son badge.

Puis Nicky.

Trop longtemps.

Nicky :

— Quoi ?

Vale, très bas :

— Nicky.

— Je sais.

L’homme tendit la main vers sa radio.

Vale :

— Maintenant.

Nicky :

— Enfin.

Le premier coup partit.

Pas de Nicky.

Lisa.

Direct dans la gorge.

L’homme plia.

Nicky regarda.

— Oh.

Lisa :

— Quoi ?

— Rien.

Puis le bordel commença.

Nicky prit le premier.

Esquive.

Coude.

Low kick.

Il tomba.

Karim entra dans le deuxième.

Seb évita un coup.

Regarda le type.

— C’était mauvais.

Le type recommença.

Seb se décala.

Karim l’envoya dans une caisse.

— Celui-là aussi ?

Seb :

— Pire.

Lisa attrapa une barre métallique.

Nicky :

— Tu vas faire quoi avec ça ?

Lisa :

— Improviser.

— Ah.

Ingrid :

— Manu déteint vraiment sur tout le monde.

Deux hommes arrivèrent derrière.

Vale les vit.

— NICKY !

Nicky se retourna.

Trop tard.

Coup dans le ventre.

Elle plia.

Second coup.

Elle recula.

Respira.

Regarda.

Avant, elle aurait foncé.

Cette fois elle attendit.

Premier homme.

Poids jambe avant.

Deuxième.

Épaule gauche.

Elle vit.

Le premier attaqua.

Elle pivota.

Le second frappa son propre partenaire.

Nicky :

— Merci.

Genou.

Coude.

Sol.

Vale regarda.

— Putain...

Nicky :

— Quoi ?

— Rien.

— TOI AUSSI ?

Au même moment, une porte métallique s’ouvrit.

Dex et Nanar entrèrent.

Ils regardèrent la scène.

Puis les hommes.

Puis une énorme caisse bloquant le passage.

Switch :

— Il faut un transpalette.

Dex regarda Nanar.

Nanar regarda Dex.

— Non.

Ils saisirent chacun un côté.

Soulevèrent.

Switch :

— Mais...

Joe :

— Laisse.

Ils déplacèrent la caisse.

Dex :

— Bro.

Nanar :

— Bro.

Nicky :

— JE VAIS INTERDIRE CE MOT.


19 H 21 — LES CAISSES

Ethan ouvrit la première.

Il resta immobile.

Une vieille boîte à outils.

Rouillée.

Un autocollant presque effacé.

Il passa son pouce dessus.

— Putain...

J regarda.

— À toi ?

— Ouais.

— Depuis quand ?

Ethan sourit.

— Avant que toi tu saches marcher.

J :

— Elle est en mauvais état.

Ethan :

— Je sais.

J :

— On peut la restaurer.

Ethan regarda J.

Petit sourire.

— Ouais.

Deuxième caisse.

Jin trouva du vieux matériel électronique.

Cartes.

Radios.

Composants.

Kara plongea la main.

— OH PUTAIN.

Elle sortit une vieille cassette.

Lisa se retourna.

Son visage tomba.

— Non.

Kara lut.

— LES...

Lisa :

— NON.

Nanar :

— Fais écouter.

Lisa :

— JE TE TUE.

Nicky attrapa la cassette.

— C’est quoi ?

Lisa essaya de la récupérer.

— Donne.

Nicky recula.

— C’est ton groupe ?

— Donne-moi ça.

— TON PREMIER GROUPE ?

— FOSTER.

Nicky courut.

— SWITCH, ON A DE QUOI LIRE ÇA ?

Lisa :

— NICKY !

Joe hurlait de rire.

Manu, lui, ouvrit une autre caisse.

Photographies.

Des dizaines.

Nice.


Visages.

Plage.

Skates.

Motos.

Une photographie tomba.

Ingrid la ramassa.

Elle s’arrêta.

Puis sourit.

Manu la vit.

— Non.

Ingrid :

— Oh si.

Nicky apparut.

— Quoi ?

Manu :

— Rien.

Nicky :

— DONNE.

Ingrid lui tendit la photo.

Manu :

— Ingrid.

Trop tard.

Nicky regarda.

Se figea.

Puis ouvrit grand la bouche.

— OOOOOOOH PUTAIN.

Manu :

— Foster.

Nicky leva la photo.

— LES MECS !

— Foster.

— J’AI MANU AVANT D'AVOIR BAISÉ OFFICIELLEMENT !

— J’avais seize ans.

Nicky partit en courant.

— REGARDEZ SES CHEVEUX !

Manu :

— Nicky.

— PUTAIN IL AVAIT DES CHEVEUX !

Joe :

— ENVOIE !

Manu :

— Joe, non.

— Pour les archives Manu.

Nicky regarda Emmanuel qui avançait vers elle.

— Tu peux pas me rattraper, t’es vieux !

Elle partit.

Manu la regarda courir.

Ingrid riait tellement qu’elle devait s’appuyer contre une caisse.

Lisa :

— Ça te rappelle quelqu’un ?

Ingrid regarda Nicky.

Puis Manu.

— Beaucoup trop... Ouais.


20 H 04

Les alarmes finirent par partir.

Switch :

— Maintenant, ça serait bien de dégager.

Nicky :

— Pourquoi ?

— Parce que j’ai environ quarante véhicules de sécurité qui convergent.

— Ah.

Diana :

— Quarante-deux.

Switch :

— MERCI.

Ethan :

— Les caisses ?

Dex et Nanar :

— On a pensés à un truc...

Et oui, ils avaient, pensés.

Personne ne comprit comment.

Les camionnettes sortirent.

La Supra ouvrit.

Ford GT derrière.

R34.

Gallardo.

Hellcat.

Pendant quelques kilomètres, anciens et nouveaux roulèrent ensemble.

Pas de course.

Pas besoin.

Deux générations du même bordel.

Joe regardait les balises.

Puis Manu.

— Tu sais ce qui est chiant ?

— Quoi ?

— Je croyais qu’on avait inventé certaines de nos conneries.

Manu sourit.

— Non.

— Le camion sans freins ?

— Original.

Joe sembla rassuré.

— Merci.

Petit silence.

— L’hélico ?

Manu :

— Inspiration partielle je dirais.

Joe :

— PUTAIN.


22 H 18 — LA GARE

Les caisses étaient ouvertes partout.

La vieille cassette de Lisa tournait.

Mal.

Très mal.

Une guitare saturée.

Une batterie qui semblait enregistrée dans une salle de bain.

Une voix adolescente.

Lisa avait les mains sur le visage.

Nicky était couchée sur le canapé, morte de rire.

— C’EST MAGNIFIQUE.

Lisa :

— Ta gueule Foster.

— Tu chantais comme si quelqu’un étranglait un chat !

— J’AVAIS SEIZE ANS !

Joe :

— Monte le son !

Lisa :

— JOE !

Diana :

— J’aime bien.

Silence.

Lisa regarda l’écran.

— Vraiment ?

Diana :

— Non.

Tout le monde explosa.

Même Lisa.

À quelques mètres, Vale parlait avec Ingrid.

— Tu savais qu’il faisait tout ça ?

Vale regarda Manu.

— Non.

Ingrid :

— Personne sait tout.

— Même vous ?

Ingrid sourit.

— Surtout nous.

Vale regarda Nicky.

— Elle essaye de comprendre.

— Je sais.

— Elle y arrivera ?

Ingrid observa Emmanuel.

Puis Foster.

— J’espère pas.

Vale fronça les sourcils.

Ingrid expliqua :

— Le jour où tu crois avoir complètement compris quelqu’un, tu arrêtes de le regarder.

Vale resta silencieuse.

Puis sourit.

— J’aime bien.


BUDAPEST — 04 H 37

Diana n’était plus avec les autres.

Son écran principal affichait un message d’Emmanuel.

Une pièce jointe.

Puis une seconde.

Un nom.

Des sociétés.

Des dates.

MANU :

Cherche ça.

Diana ouvrit.

Analysa.

Puis tapa :

Nicky sait ?

Réponse :

Non.

Diana resta immobile.

Pourquoi ?

Quelques secondes.

Parce qu’elle doit finir ce qu’elle fait avant de commencer autre chose.

Diana regarda une caméra de la Gare.

Nicky riait encore avec Lisa.

Dex et Nanar mangeaient.

J et Ethan avaient déjà démonté quelque chose.

Switch discutait avec Jin.

Vale avec Ingrid.

Deux mondes qui, quelques heures auparavant, s’affrontaient.

Maintenant mélangés.

Diana répondit :

D’accord.

Puis commença à chercher.


LE LENDEMAIN — 11 H 46

Les transporteurs attendaient.

Cette fois, les Niçois partaient vraiment.

Les caisses étaient chargées.

Pas seulement des objets.

Des morceaux d’eux-mêmes.

J serra la main d’Ethan.

— Tu m’envoies les plans ?

— Non.

J le regarda.

Ethan sourit.

— Je t’envoie mieux. Les erreurs.

J réfléchit.

Puis :

— Merci.

Switch regarda Jin.

Kara à côté.

— La prochaine fois...

Kara :

— Il n’y aura pas de prochaine fois.

Diana apparut sur le téléphone de Switch.

— Menteuse.

Kara :

— Toi, je vais te retrouver.

Diana :

— Tu peux essayer.

Jin éclata de rire.

— Elle vous adore.

Diana :

— Non.

Nicky :

— Elle boude.

Diana :

— Je ne boude pas.

Manu, au fond :

— Si.

Diana :

— Emmanuel.

Nicky éclata de rire.

Dex et Nanar se retrouvèrent devant la Hellcat.

Nanar posa une main sur le toit.

— Prends soin d’elle.

Dex :

— Promis.

— Et si tu la casses...

— Tu me casses.

— Voilà, et achète ta charcuterie fraîche, pas sous-vide.

Ils se regardèrent.

— Bro.

— Bro.

Nicky passa derrière.

— Pathétique.

Lisa prit Nicky dans ses bras sans prévenir.

Nicky se raidit.

— Euh...

Lisa la relâcha.

— Fais pas trop chier Manu.

Nicky :

— Pourquoi ?

— Parce qu’il adore ça.

Nicky sourit.

— Compte sur moi.

Ingrid resta près d’Emmanuel.

Les autres montaient.

Elle regarda Nicky.

— Elle va te rendre complètement fou.

Manu :

— C’est déjà fait.

Ingrid sourit.

— Elle sait ?

— Non.

— Évidemment.

Elle l’embrassa sur la joue.

Puis partit.

Manu la regarda monter.

Pas de nostalgie lourde.

Juste le temps.

Les moteurs démarrèrent.

Les Français quittèrent la Gare.


12 H 07 — DEVANT LA GARE

Nicky rejoignit Emmanuel.

Il fumait.

Elle avait quelque chose derrière le dos.

— Tiens.

Elle lui tendit la vieille photographie.

Manu la récupéra.

— Merci.

Nicky :

— T’étais moche.

— Merci.

— Les cheveux surtout.

— Foster.

Elle sourit.

Puis regarda les transporteurs disparaître.

— Pourquoi tu les as fait venir ?

Manu ne répondit pas immédiatement.

Nicky soupira.

— Je sais. Tu regardes. Tu fais tes trucs. Phase deux. Échecs. Grand maître Jedi de mes couilles...

Manu :

— Ils me manquaient.

Nicky s’arrêta.

Elle le regarda.

Aucune pirouette.

Aucun mystère.

Juste ça.

Ils me manquaient.

Nicky regarda la route.

— Ah.

Manu tourna la tête.

— Quoi « ah » ?

Elle le regarda.

Puis éclata de rire.

— Rien.

Manu sourit.

— Jedi de mes couilles Foster.

Nicky ouvrit grand les yeux.

— OH !

Il partit.

— T’AS DIT QUOI ?

Manu leva simplement la main.

🤙

— REVIENS ICI, VIEUX CON !


BUDAPEST — 17 H 52

Diana ne riait plus.

Les écrans défilaient.

Vantage.

Bellandi.

Sociétés.

Comptes.

Transferts.

Elle avait suivi une société.

Puis une autre.

Puis une troisième.

Chaque fois, Vantage disparaissait.

Puis revenait.

Elle avait donc cessé de chercher Vantage.

Elle avait cherché ce qui restait lorsque Vantage disparaissait.

Et elle avait trouvé.

Diana prit son téléphone.

Appela.

Emmanuel répondit.

— Ouais.

— J’ai trouvé pourquoi Nathalie ne trouvait pas Vantage.

Silence.

— Pourquoi ?

Diana regarda l’architecture devant elle.

— Parce que Vantage n’est pas l’organisation.

Emmanuel ne bougea plus.

— C’est quoi ?

Diana agrandit un schéma.

Des dizaines de connexions.

— Une interface.

Silence.

— Emmanuel ?

— Ouais.

— Il y a autre chose.

— Quoi ?

Diana regarda.

— Je ne sais pas encore.

Manu :

— Alors cherche.

Diana hocha la tête.

— D’accord.

Connexion coupée.


AÉROPORT INTERNATIONAL DE PHILADELPHIE — 23 H 54

Emmanuel avançait seul dans le terminal.

Petit sac.

Jean noir.

Capuche.

Téléphone.

Aucune indication visible sur sa destination.

Il passa devant un panneau.

Son téléphone vibra.

Il regarda.

Un nom.

CASSANDRA VIMIR

Emmanuel s’arrêta.

Une Suzuki GSX-R 750 rose fluo.

Nice.

Une femme de vingt-huit ans qui avait un jour regardé un gamin de seize ans conduire et décidé qu’il existait peut-être quelque chose à sauver dans sa manière complètement débile d’aller vite.

La première personne à lui avoir appris que piloter n’était pas simplement attaquer.

La seule à lui avoir réellement appris.

Le message s’ouvrit.

CASSANDRA :

Alors, comment tu t’en sors avec la blonde énervée ?

Emmanuel regarda.

Pas de réponse.

Il recommença à marcher.

Le téléphone vibra.

CASSANDRA :

Toujours aussi bavard, toi.

Petit sourire.

Manu leva les yeux vers les portes d’embarquement.

Puis écrivit.

MANU :

On croit qu’on quitte certaines routes.

En fait, elles restent en nous.

Message envoyé.

Rien.

Cassandra ne répondit pas.

Emmanuel continua.

Une annonce résonna.

Des voyageurs passèrent devant lui.

Une famille.

Un homme d’affaires.

Deux gamins courant avec leurs sacs.

Manu regarda son téléphone.

Puis écrivit encore.

MANU :

Alors... t’es prête ?

Cette fois, la réponse arriva presque immédiatement.

CASSANDRA :

Pour toi ?

Toujours.

Emmanuel regarda le message.

Petit sourire.

Puis rangea le téléphone.

La porte d’embarquement s’ouvrit.

Il avança.

Toujours aucune destination.

Au moment de disparaître dans la passerelle, il tourna légèrement la tête.

Comme s’il regardait quelque chose derrière lui.

Ou vingt ans en arrière.

Puis continua.

Parce que certaines routes ne finissaient jamais.

Elles changeaient simplement de paysage.


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