Rowan, le 27 juillet 2026 (4)

📖 La Grande Ourse ✍️ TeddieSage 📝 1351 mots

Nous l’avons fait. Enfin… maladroitement, mais on l’a fait.

C’est la première fois que nous avons fait l’amour et j’ai beaucoup apprécié l’expérience. Je crois qu’il a aimé que je prenne les commandes… Du moins, je l’espère, car c’était ce qu’il souhaitait depuis notre rencontre, que je sois celui qui lui qui le domine. Il m’a exprimer avoir aimé que je joue le rôle du grand ours imposant, mais affectueux... J’ai pris mon pied, malgré le fait que nous nous soyons cognés à quelques reprises, tellement nous étions excités et un peu chatouilleux de mon côté. Puis, tout ce que nous avons appris sur le sexe, au fil des derniers mois, nous l’avons appliqué en dialoguant. Je ne saurais dire si ce que nous avions vécu était magique, mais je me suis senti comme uni à celui-ci pendant l’espace d’un moment. Comme si nous nous complétions, ne formant plus qu’un.

Il dort contre moi, blotti contre mon torse mou, alors que je regarde le plafond de ma chambre. Nous sommes de retour à mon appartement après avoir passé la journée à suivre le reste de ma famille pour les funérailles de mon imbécile de frère. 

Ma mère avait été déçue que Noah et moi partions et ne restions pas chez elle pour ce soir, car elle nous avait préparé une chambre d’amis. Seulement, je dois retourner travailler demain matin et j’ai préféré être plus proche de mon lieu de travail, comme c’est à une minute de mon bloc appartement. Je lui ai fait la bise sur la joue, puis je l’ai salué, en plus de mon père qui se trouvait avec d’autres invités dans leur salon.

Même si la chambre de mon enfance était spacieuse et mon ancien lit, assez grand pour Noah et moi ; j’aime mieux mon appartement, où je me sens beaucoup plus à ma place.

Seamus, tu dois te dire que je n’ai aucun respect pour ta mort. Tu as raison. Je suis heureux de m’être débarrassé de toi. Tu aurais dit la même chose, toi qui a toujours été jaloux que je sois celui qui héritera en grande partie de l’héritage de nos parents, et pas toi. Comme tu as pu le constater depuis l’Enfer, je n’ai pas versé une seule larme pour toi. 

Et il est possible que je me moque de ta mort pour le reste de mon existence. Seulement, tu devais t’y attendre : toi qui m’a toujours harcelé et frappé simplement parce que j’ai toujours été un gros homosexuel mieux dressé que toi. Je ne ressens aucun plaisir pour la détresse que tu as causé à notre mère durant les derniers jours.

Et la colère que ressent Papa, je la partage. Tu avais tout pour réussir. Tu avais toutes les ressources possibles pour t’en sortir, mais tu as tout rejeté encore et encore. Tu croyais que le monde devait t’être servi sur un plateau d’argent, sous prétexte que nous sommes des descendants de personnes très riches d’une époque révolue. À ta grande surprise, tu t’es rendu compte que trop tard que tu te berçais d’illusions. Tu n’aurais jamais été capable de gérer cette fortune seule. Ça ne t’a jamais empêché de nous traiter comme tes ennemis, notre sœur et moi.

Notre famille n’a plus besoin d’autant d’argent et tu le sais. Des gens comme Noah méritent d’en profiter. La richesse n’est pas quelque chose qui devrait exister, mais nous vivons dans un monde capitaliste avec des gouvernements corrompus. Le système devrait changer, mais personne n’a envie de faire cet effort pour démarrer la révolution… Peu importe, comme je ne serais jamais politicien, les œuvres de charité devraient suffire pour le moment.

Noah bouge un peu durant son sommeil, ce qui me sort de mon monologue intérieur. Je tourne mon regard vers mon partenaire et remarque qu’il enfouit son visage contre mon sein droit. Il est trop mignon, même quand il dort.

Je suis soulagé que tu n’es plus là, mon frère. Au moins, tu n’auras plus la moindre occasion de venir nous gêner, Noah et moi, lorsque nous rendrons visite à nos parents. Aussi, Noah n’aura plus à me voir si coléreux parce que tu auras continué à m’énerver. Je continuerai à essayer de mieux gérer ma colère, pour lui… et j’espère qu’un jour, j’aurais réussi à passer par-dessus tous les commentaires blessants que tu m’as faits. Ainsi que les nombreux coups que nous nous sommes échangés toi et moi.

Ça te fait quoi de savoir que ton gros lard de frère a perdu sa virginité avant toi ? Ha ! Pas mal, pour un homme qui passe la majorité de son temps à son resto. J’ai enfin trouvé l’âme sœur et pas toi. 

Enfin… Même quand Tommy était là, tu te comportais déjà comme une ordure homophobe. Tu n’as jamais été capable de respecter le fait que j’étais attiré par les hommes. Tant pis pour toi. J’ai des gens qui m’aiment comme je suis. Nos parents y compris.

Je n’ai pas besoin de t’écrire de lettre sur du papier, ni sur un ordinateur. De toute façon, tu es très bien capable de m’entendre. Et j’espère de tout cœur que ma voix te hantera pour l’éternité que tu passeras auprès des démons — ce que tu as toujours été, de toute façon. Le mal incarné.

Oh… Noah a encore bougé. Mmm ?

— Rowan… ? murmure Noah, qui est réveillé. Tu dors ?

— Non, je formule tout bas.

— C’est tout noir… dit-il, avec un ton plus normal. Il est quelle heure ?

— Presque vingt-trois heures, je réplique.

— Tu n’arrives pas à dormir ?

— Non. J’ai Seamus qui me trotte dans la tête. Même mort, il trouve encore le moyen de me vexer. J’ai juste hâte de pouvoir l’oublier, d’ici à quelques jours.

— As-tu pensé lui écrire une lettre… ou un truc ?

— Pas besoin. Tu devrais te rendormir. Tu as un article à remettre à ton patron demain matin et il faut que tu te lèves de bonne heure.

— Mouais… mais j’ai pas sommeil… Je vais aller prendre une douche, je crois.

Je pose mes lèvres sur sa tête et lui fait une bise, alors qu’il se retire doucement de la couverture qui nous recouvre depuis plus de deux heures et demie. J’ai eu le temps de voir la noirceur pénétrer dans ma chambre, alors que j’ai regardé quelques trucs sur l’écran de mon smartphone… Et j’en ai profité aussi pour réfléchir.

C’est con à dire, Seamus, mais Noah m’a changé les idées. Comme quoi, sa présence m’est beaucoup plus importante que la tienne. Ça ne vaut même pas la peine qu’on pense à toi. Mais je crois que j’ai craché assez de mon venin pour ce soir. J’ai plutôt envie d’aller rejoindre Noah dans la douche, rien que pour passer un moment de plus avec lui…

Sur ces pensées, je décide de me lever aussi et j’ôte la couverture qui me couvre pour descendre de mon lit. Ensuite, je m’approche de la porte de ma chambre qui est liée à ma salle de bain personnelle, d’où je peux déjà entendre couler l’eau chaude. Noah s’est mis à siffler un air plutôt joyeux. Lorsqu’il me voit approcher, il m’invite à venir le rejoindre sous la douche.

Pour ce soir, je n’ai besoin de rien d’autre que de passer ce moment avec lui. Mon merveilleux petit Noah, mon petit loup bien aimé…

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