Rowan, le 9 septembre 2026
Alors que je suis en train de remplir des papiers importants, pour le resto de la Grande Ourse ; je peux entendre Noah derrière moi qui chantonne un petit air de musique qui passe souvent à la radio. Les choses vont on ne peut plus mieux depuis qu’il m’a confié un secret en rapport à la cousine de sa mère. On dirait qu’il ne cesse de faire des progrès chaque jour. En ce moment, il est en train de préparer des pancakes, mais je pense qu’il a bientôt terminé. Nous n’avons pas encore pris le petit déjeuner alors il s’est proposé pour le préparer.
Je tourne la tête vers lui alors qu’il pose les derniers pancakes dans nos assiettes et je le vois fermer le poêle. Il s’approche ensuite pour poser les assiettes à nos places habituelles, avec des fourchettes. Mais celui-ci ne s’assoit pas tout de suite. Il renifle mes cheveux un peu humides qui viennent d’être lavés dans notre salle de bain. J’ai employé un shampoing à la vanille, ce qu’il aime par-dessus tout.
Derrière moi, il me dit :
— Ferme les yeux.
— Euh, pourquoi ?
— Tu me fais confiance ?
— Bah ouais ?
— Alors ferme les yeux.
Je hausse les épaules et je le sens poser ses lèvres sur ma tête, ses mains sur mes larges épaules. Il me bécote un peu et descend son visage un peu sur mon côté droit. Ensuite, il me fait un baiser sur la nuque et me chatouille l’oreille avec son nez. Je ressens un frisson me parcourir l’échine.
— Noaaah… Ça châ-â-â-touille…
— Chut… Tourne-toi un peu vers moi.
Je le vois rarement prendre l’initiative de cette façon pour me séduire, puisque je suis celui qui courtise l’autre le plus dans notre couple. Toutefois, j’adore quand il prend les commandes. Il est beaucoup plus à son aise et ça se sent au toucher. Ses doigts se baladent sur mes rondeurs, tandis que je m’installe un peu plus confortablement dans sa direction. Il pose alors ses lèvres contre les miennes et les retirent un peu pour empoigner le demi-chignon qui maintient ma longue chevelure rousse.
— Tu sens tellement bon… grogne-t-il, avant de baisser son regard contre mon torse. On dirait une friandise… prête à être croquée.
Je glousse tandis qu’il enlève l’élastique de mon demi-chignon, afin de libérer ma longue chevelure qui tombe alors doucement jusqu’au bassin. Cela me fait penser que je devrais peut-être les raccourcir un peu. Je ne les ai pas retouchés depuis cet hiver, je crois.
— Est-ce que je peux mettre mes mains sous ton tee-shirt ? me demande-t-il, tandis qu’il traverse doucement mes courbes avec ses mains. J’ai le goût de toi, mon mignon...
— B… Bien sûr, chéri…
— Très bien…
Cette fois, il passe ses doigts sous mon vêtement et je peux ressentir ses jolis doigts qui touchent ma peau. Chacun de mes poils se redresse à leur passage, comme s’ils avaient attendu ce moment avec impatience, comme s’ils étaient ravis d’être appréciés par quelqu’un d’autre. Il retire mon tee-shirt dans un geste lent, puis je l’entends retirer le sien. Nos corps se frôlent l’un à l’autre. Son torse légèrement musclé par les travaux manuels du jardinage font un joli contraste avec ma silhouette corpulente.
Il saisit mes poignées d’amour comme lui seul sait le faire et pousse un grognement d’approbation. Je ne m’habituerais à l’enthousiasme dont il fait preuve à mon égard, mais il me fait tellement me sentir bien dans ma peau. C’est probablement le seul homme avec qui je me sois senti en sécurité pour me toucher de cette façon, après mon ex. Mais lui… c’est spécial. Il adore tout de mon apparence… Ce n’est pas comme Thomas, qui m’aimait beaucoup pour ma personnalité, mais qui semblait être moins attiré à moi sexuellement que je l’étais envers lui. En fait, je ne saurais jamais ce qu’il pensait de moi. Il est mort bien trop tôt avant que nous puissions faire l’amour.
— Oulalah, Noah, tu es débauché, aujourd’hui, je formule, amusé.
— C’est le cas de le dire… soupire Noah à mon oreille.
Je le sens qui descend alors un peu en direction de mon ventre qu’il commence à bécoter, comme il l’a fait pour ma tête, ma nuque et ma bouche. Je frémis d’excitation, car j’ai une petite idée de ce qu’il compte me faire. J’esquisse un large sourire et pose l’une de mes larges mains sur lui. Je n’ai pas le droit d’ouvrir les yeux, mais j’aimerais bien le toucher.
— Oh… Noah… je formule alors que je ressens un chatouillement sous mon bedon. Oh… Hi hi… Ça chatouille…
Il a cette fois posé ses doigts sous mon ventre rebondi et continue de m’embrasser sur chaque surface de ma peau. Il soulève ce dernier et y enfonce son visage avec une telle énergie que je ne peux pas m’empêcher de couiner de plaisir. Il y met tellement d’amour que je fondrai sur place.
— Ouais, continue comme ça, mon petit loup… je formule avant de déboutonner un peu mon jean. C’est très bieeeen…
— Tu me donnes trop envie… me répond celui-ci, alors qu’il m’aide à enlever le haut de mon pantalon. Laisse-moi voir si je peux…
Je me fige sur place. J’ouvre les yeux et je réalise un truc.
— Minute. Je vais travailler dans quelques minutes ! Je n’ai pas de vêtements pour me changer… Oh merde… Vite… Il faut que je pense à d’autres trucs !
— Bouh… pas juste… me dit alors une très grande tête de pigeon qui se lève devant moi. J’avais envie de te faire un cadeau, moi !
— AAAAAAAAH ! MAIS QU’EST-CE QUE… !
Dans l’incompréhension totale, je me réveille en sursaut dans mon lit. Je cligne les yeux et ressens mon cœur battre la chamade. Je m’étais attendu à tout sauf à me faire manger par un pigeon !
Fichus cauchemars ! Cette pigeonne m’a traumatisé. Ça doit être ça. Maintenant il faut même qu’elle apparaisse dans mes rêves. J’en ai marre… Pourquoi fallait-il qu’elle vienne gâcher un si beau rêve ? J’ai trop envie de pleurer maintenant… Je déteste les pigeons…
Après avoir lâché un très long soupire, je tourne mon regard vers Noah qui dort paisiblement contre moi. Coup de chance, je ne l’ai pas réveillé. Coup de bol, je réalise que ce rêve m’a quand même… euh… donné une petite surprise sous la couette. J’ai trop envie d’aller me soulager au petit coin, mais je n’ai pas envie de déranger mon petit loup tandis qu’il dort.
Résigné, je décide de refermer les yeux en espérant que je finirais par m’endormir. Même si mon stupide corps a envie d’autre chose là, en cet instant. Je jure que si jamais je revois cette stupide pigeonne, je la tue… Ouais… elle fera une bonne brochette de pigeon… Je le jure sur la tête de mon crétin de frère.
Toutefois… une pensée malsaine me perturbe. Et si cette pigeonne, c’était en fait mon frère, revenu depuis les morts pour me hanter ?
Mais non… c’est impossible… J’ai trop d’imagination.
Quoi que… ? Eh merde…
Je pense que je vais devoir en parler à mon psy.
Fait chier…
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