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📖 L'artiste Peintre ✍️ NM.L 📝 1014 mots

Dans le bureau de la directrice, je me dirigeai au fond de la pièce afin de prendre du recul sur toutes les toiles qu’elle avait accroché à ses murs. C’était si différent d’avant.

On toqua à la porte.

Entrée, commanda la femme aux cheveux court et blond, assise dans son fauteuil.

La livreuse apparue avec le tableau. Elle salua la directrice et en me voyant, eut un mouvement à peine perceptif de la tête. Je la suivis du regard, perplexe. Elle présenta le paquet à la femme qui le déchira presque immédiatement. Mme.Herol avait les yeux brillants des enfants et la même existassions lors des grandes fêtes de fin d’année. Elle retira le papier et découvrit la toile. Elle la positionna contre le bureau, inclina la tête d’un côté et de l’autre avant de la contempler sagement. Ce même bureau qui des années plutôt avait vu bien des horreurs. Si la directrice était une femme humble et agréable, il est vrai aussi que son prédécesseur était un homme vicieux, désagréable et avec une attirance toutes particulière pour les jeunes garçons. J’avais assisté à plusieurs supplices devant ce bureau. Dans les cris étouffés, j’avais essayé de sauver le plus jeunes du directeur. Un jour, j’avais réussi à posséder Dimétrie. Il subissait le directeur depuis des années. Il en était arrivé à ne plus résister.

Dimétrie était devenu un soulier de chair, et lorsque le directeur enfilait ce soulier, je redevenais le cordonnier. Aussi, un soir, je parvins à posséder le jeune adolescent et à défenestrer le directeur. J’avais sauvé ce danseur. Quarante-cinq secondes, étaient le temps qu’il m’avait fallu pour sauver Dimétrie. Quarante-cinq secondes pour qu’il me cède un instant la totalité de son corps.

Après ça, je n’avais plus jamais revue Dimétrie. Il aurait pu être mon sauveur, j’ai été le sien.

C’est magnifique, s’extasia la femme en détaillant la peinture.

Et ça l’était. Les peinture de Séverin était toujours emprunte d’un aspect horrifique derrière la beauté de ses visages et de ses paysages. La directrice en était friande. Il y a longtemps, j’adorai admirer les toiles avec ces immenses fleurs. Les toiles d’un homme que j’avais cherché à détruire dans des rêves macabres où les fleurs étaient poisons.

Mon maître vous fait savoir que les prochaines commandes seront bientôt terminées.

La directrice hocha la tête d’un air satisfait et joyeux.

A-t-il changé d’avis concernant la peinture du jeune danseur ?

Malheureusement, il ne la vendra pas. Il m’a dit, que jamais vous n’auriez dû la voir. Il y est très attaché.

Et je comprends son attachement, c’est une petite peinture avec énormément d’émotions. Merci, jeune fille. Voici une lettre pour ton Maître, une nouvelle commande personnelle. Et ça, c’est pour toi.

La femme sortie un sachet où je savais que des friandises étaient regroupé. Elle lui tendit avec une pièce et un sourire affectueux.

La jeune fille la remercia platement, avant de se tourner vers moi. Elle posa son regard dans le mien. Je souris à nouveau. J’avais vraiment l’impression qu’elle me fixait.

Ses grands yeux bruns me parurent bien sombre, avant de reprendre une teinte plus lumineuse. Il n’y eut qu’un instant d’une croyance folle.

Est-ce possible ?  

Elle se détourna de moi. Je contemplais sa démarche hésitante et la maigreur de son corps. La chemise qu’elle portait était bien trop large et son pantalon, trop court. Je lui voyais les os des chevilles et une pilosité aussi fournie que la tignasse de boucle qu’elle avait pour cheveux. Ils étaient tout aussi bruns que ses yeux et lui courraient sur les hanches. Sa pâleur rendait ses sourcils sombre et épais plus prononcé. Elle n’était pas jolie, mais elle avait un truc qui retenait le regard. Un charme qu’elle ne distinguait pas encore, et que les années embelliront.

En sortant du bureau, elle me jeta un dernier regard. À moi ou bien à la fenêtre qui donnait sur une horlogerie ? Avait-elle regardé l’heure ?

Je ne savais pas.

Mais ces yeux.

Avais-je rêvé ?

Est-ce que mon enfermement me faisait à nouveau délirer, ou bien cette grande asperge décharnée m’avait vu ? Était-ce seulement possible ? Une sorcière ? étrange. Je ne l’ai pas ressenti. Pourquoi ? Est-ce dû au prolongement de mon état de Flottant ?

Je dépassai la toile où un paysage de nuages embrassé un autre univers et glissai ma masse vaporeuse derrière la porte en bois. Accoudé à la rambarde de l’étage, je posais un regard perplexe sur la livreuse qui descendait l’escalier.

Elle descendait les marches deux parts deux avec empressement.  

Je me contenterai de Richa. On dirait que tu es juste obsédée par l’heure, dis-je plus à moi-même qu’à qui que ce soit d’autres. À force d’expérience, je finirais bien par sortir. Je suis là depuis si longtemps.

Cette jeune fille semblait avoir du tempérament et  une force de l’esprit bien ancrée. Elle ne serait pas une bonne hôte.

J’imagine que si Richa me laissait le posséder plus de deux minutes, peut-être pourrai-je partir. Mais avec Richa, la possession n’était jamais au bon moment. Quand il n’avait pas de balais en mains et l’esprit loin dans ses pensées, toutes tentatives échouaient. Ma magie était-elle encore trop branlante ? Avec toutes ses années de pratiques et d’exercices n’aurais-je pas déjà du disparaitre dans les rues de Fragrance avec un nouveau corps ?  Et si je me sabordais depuis le début.

Ieugres.

Et si je l’attendais comme l’idiot que je suis.


 

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