Chapitre 24
Écrit en écoutant notamment : Alestorm — The Storm
Après avoir joué trop longtemps avec l’élastique du boxer d’Alban, Jakub tira successivement les côtés gauche et droit.
— J’adore ! s’extasia-t-il en le découvrant enfin nu.
Son sexe était de la même largeur que le sien, mais peu importe ce qu’en disait Alban, ce dernier exhibait bel et bien trois ou quatre centimètres de plus que ses quinze à lui.
Une vague de chaleur le traversa quand il enroula sa main autour de la base. Alban devrait y aller en douceur, lui laisser le temps d’apprécier les sensations, mais une fois qu’il serait détendu, ce sexe lui promettait l’extase. Il le redressa à angle droit au-dessus du bassin d’Alban et appliqua des caresses lentes de haut en bas.
À ses yeux, ce jeune homme était parfait. Allongé ainsi, il dégageait une aura sensuelle maximale. Le pire — et le meilleur — était qu’il ne s’en rendait même pas compte. De loin, certains le penseraient chétif. La réalité était tout autre : sa peau lisse et tendue signalait une santé vaillante ; les veines bleutées qui émergeaient sous son nombril irriguaient une vigueur prête à servir ; les poils noirs de son pubis étaient ceux d’une masculinité affirmée. Jakub était absolument prêt à se soumettre, à lui laisser les commandes de son plaisir. Il faudrait qu’il s’étende sur le ventre, qu’il laisse Alban approcher derrière lui. Alors il se laisserait prendre, en rêvant du film de ce garçon dont les muscles fessiers se tendent à chaque poussée en lui.
Pour l’instant, il s’abreuvait surtout du plaisir d’être observé. Les doigts d’Alban striaient ses cheveux courts comme pour l’encourager. Il se sentit récompensé par son souffle haché, aussi par le mouvement de ses orteils, qui se repliaient lorsqu’il intensifiait ses caresses.
— Jakub ? demanda soudain Alban.
Il se retourna vers lui.
— Ce serait le bon moment pour toi ? Tu as envie que…
— Que ? répéta Jakub en souriant.
C’était comme si Alban ne se sentait pas à la hauteur de son sex-appeal, comme si les mots lui brûlaient les lèvres. Jakub avait terriblement envie qu’avec lui, que grâce à son corps, Alban prenne de l’assurance, et que l’instant de l’amour, il le maltraite en dictant le rythme de son propre plaisir. Cette asymétrie volontaire — même recherchée — lui suffirait.
— Enfin, j’ai envie de... te prendre. Tu voulais ça, hein ? enchaîna-t-il tout de suite.
— J’aime que tu proposes toi-même. Et, oui, avec grand plaisir !
Jakub attrapa le petit sachet bleu en tendant le bras et le déchira d’un coup sec.
— Je te le mets ?
Alban hocha sagement la tête. Pour lui, le geste paraîtrait anodin... Mais de cette manière, il gardait le contrôle jusqu’au bout : il n’abdiquerait et ne lui déléguerait le pouvoir qu’au dernier moment. Il n’y a rien de plus grisant que de préparer soi-même son naufrage vers des abîmes de plaisir.
Alban décida de l’embrasser à nouveau lorsqu’il eut fini de dérouler la capote. Jakub y apporta une intensité différente, plus lascive et désordonnée. Il paraissait prêt à s’abandonner.
— J’aime bien cette position, dit-il en s’allongeant sur ses coudes, face au lit, les cuisses à peine ouvertes.
C’était donc le moment. Il était sur le point de pénétrer le plus beau mec qu’il n’ait jamais connu. Il se rappela tout de même que des préliminaires étaient fortement conseillés.
Dans les faits, son éphèbe délicatement musclé se dit vite prêt. En fait, son baiser cachait une impatience féroce. Alban écarta un peu plus les jambes de Jakub et positionna son bassin au niveau de ses fesses. Il guida son sexe de la main et appuya doucement.
— Tu peux y aller !
Alban se rendit compte que son érection était moins franche qu’une minute auparavant. Malgré ses efforts, il était difficile de franchir la barrière de l’intimité de Jakub. Il hésita à interrompre sa tentative et à se prodiguer quelques caresses pour retrouver la fermeté perdue… C’était sûr que ça m’arriverait ! paniqua-t-il. Je le savais ! Pourquoi est-ce que je me laisse impressionner par la situation ?
— Alban ? Il y a un souci ?
— Heu… Je n’y arrive pas trop…
Jakub se retourna.
Ah non ! La honte s’il me voit en train de débander !
Alban plaça instinctivement ses mains devant sa bouche. Maintenant, le rouge de son visage était celui de l’embarras.
— Hé, y a rien de grave, dit Jakub.
— Je ne veux pas que tu me penses incapable de… de te pénétrer, quoi.
— Mais non ! Moi-même, je n’étais pas assez détendu… J’étais trop impatient, ça ne t’a pas aidé.
Jakub lui attrapa la main en lui souriant. Même dans ces moments, il était parfait.
— T’es vraiment trop cool… J’avoue que je t’aime un peu pour ça.
— Ah ! Merci ! J’ai surtout une idée de secours… L’avantage des doigts, c'est qu’ils ne risquent pas de ramollir.
Il lécha l’index et le majeur d’Alban, puis se mit sur le dos et cala le coussin en dessous de sa tête.
— Finalement, je veux te voir faire, ça ira ?
— Bien sûr ! répliqua Alban sans réfléchir.
Au gré de sa progression, il observa le souffle de Jakub s’accélérer, ses joues s’empourprer, ses lèvres s’entrouvrir, et même se bloquer dans une position d’extase au moment où son majeur fut entièrement entré. Son regard requérait de poursuivre des massages continus. Il replaça le coussin et sa nuque bascula plus en arrière, faisant saillir ses clavicules et sa pomme d’Adam.
Il avait fermé les yeux.
Désormais, Alban était seul maître des opérations. Dans un réflexe, il pressa sa main sur le sternum de Jakub, puis remonta vers le cou. Ce dernier gémit et entama des allers-retours vigoureux sur son sexe. Conquis par cette vision enchanteresse, Alban l’imita et se laissa emporter par le rythme de la respiration de son amoureux. Il avait l’impression de grimper à ses côtés vers les plus hauts sommets de félicité. Ensuite, ce serait le grand saut ; il avait hâte de ressentir la jouissance de Jakub, puis d’envelopper son corps encore brûlant de l’orgasme.
En quelques minutes, la situation devint intenable, la falaise plongeait à pic en face de lui. Jakub sourit pour faire comprendre qu’il en était au même point.
Alban accéléra ses mouvements et laissa les lames de plaisir le faucher. C’était bon et incroyablement puissant. Et son amoureux ressentait la même chose que lui, en ce même instant.
Au plus profond de sa conscience, les nuages s’étaient dissipés ; toute une compagnie d’oiseaux colorés chantaient un bonheur léger et insouciant, leur plumage brillait au soleil. Il était comme ivre, avec pour seul amarrage au réel la peau ardente du garçon qui partageait son lit.
— Alban... C’était incroyable, murmura-t-il.
L’avenir ne pouvait être certain, mais les prochaines minutes ne lui échapperaient pas. Il entendit le souffle de Jakub ralentir en même temps qu’il sombra vers le sommeil.
💬 Commentaires 7
Quant à la musique, tu changes de style, dis donc ! Je crois que je préfère la techno, ici le chanteur devrait prendre des pastilles ou faire des gargarismes pour s'éclaircir la voix.